C’est toujours un bonheur de retrouver la plume de Susie Morgenstern. Ses romans sont pétillants tout comme elle.
Dans ce roman jeunesse, un garçon de 9 ans, appelé Confiance, est obligé de passer ses vacances d’été avec sa grand-mère chez son petit ami en Italie, pendant que sa mère part en voyage à Londres avec son nouvel amoureux. Il faut préciser que Confiance déteste son prénom, n’aime pas aller chez sa grand-mère, c’est un éternel insatisfait, tout le temps en train de ronchonner. D’ailleurs sa grand-mère n’est pas spécialement ravie de le voir. Il pose beaucoup de questions, tout le temps, trop. Confiance va surnommer sa grand-mère Gnocchi. Et elle, elle l’appellera Spaghetti. Il redoute de voir sa grand-mère roucouler avec son amoureux, beurk !
Eustachio, surnommé Pistacchio, lui apprend à cuisiner des pâtes. Et surtout il lui présente sa petite fille, Kitti, qui saura l’amadouer. La fugue de Confiance et Kitti est d’ailleurs très drôle.
Chaque chapitre comporte les vignettes des personnages qui conversent. Cela évite tous les verbes de parole. Il y a donc de nombreux dialogues qui rendent le texte très vivant. Comme toujours chez Susie Morgenstern, il y a beaucoup d’humour et de malice. J’ai passé un excellent moment de lecture
⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 5 sur 5.
– Maman, je te le dis cash : je n’y vais pas.
– Et je te le répète tout aussi clairement : tu y vas, un point c’est tout. Je n’ai pas d’autre solution.
– Et les colonies de vacances ?!
– Je pensais que tu détestais ça.
– Oui, c’est vrai, mais je déteste encore plus Mamie.
– Voyons, on ne déteste JAMAIS sa grand-mère !
– Il n’y a pas de loi qui dise que je dois l’aimer.
Un petit roman, 57 pages, pour tenter d’entrer dans la tête d’un homme ayant un subit un traumatisme psychologique. Un tour de force, un pari, que l’auteur a très bien réussi, avec poésie. Certes le lecteur ne comprend pas tout de suite l’univers dans lequel il est entré mais au fur et à mesure Pierre Barré nous donne quelques clés et indices.
La mise en page est soignée comme pour le précédent roman paru aux éditions de l’Atteinte, toujours par l’Atelier AAAAA. Un bel objet comprenant une gravure d’un paysage et d’un crocodile sur la couverture et reprise dans les pages du livre.
Êtes-vous prêt à tenter cette expérience de lecture ?
Moi je ne le regrette pas et j’attends avec impatience la prochaine publication, prévue en avril, de cette jeune maison d’édition indépendante basée à Metz.
« Je ne parle plus la langue des hommes. Des bouches voraces s’ouvrent et mordent dans les corps des choses. Claquements de dents et autres pantomimes inaugurent et closent le festin. Pour finir la chose gît dans le lit d’une carie, remâchée, exsangue. »
« Et j’entends à présent mille voix familières conter la fiction de mon existence. Et j’en entends mille autres les prier de se taire. »
Efi, 14 ans, rentre au village pour les vacances. Elle est scolarisée au collège situé en ville, fait rare pour une fille dans son pays. Mais très vite, elle se rend compte qu’on la regarde et qu’on la considère différemment. Elle est effectivement nubile, donc en âge d’être mariée. Son innocence et sa naïveté voilent encore sa face. Elle ne s’attend pas à cette déflagration qui va bouleverser sa vie. Elle se sent trahie par sa famille. Tout le temps surveillée par son frère, ses cousins et son oncle, elle sera prisonnière de son destin. La colère sera son moteur pour sortir de cette situation.
Ce roman est le témoignage d’Efi, une adolescente rebelle, qui a choisi de vivre sa vie comme elle le veut et non selon la décision de sa famille. Il est question des traditions qui imposent le mariage aux jeunes filles.
Ce livre me fait beaucoup penser au roman de Djaïli Amadou Amal, « Les impatientes ». La colère et la douleur montent au fur et à mesure et vous prennent à la gorge. On ne peut qu’être touché par cette histoire qui est malheureusement celle de millions de jeunes filles dans le monde. Un roman fort et bouleversant.
Prix Babelio Jeunesse 2021
⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 5 sur 5.
Je suis enceinte, ma fille, et ton père a des dettes ! J’ai fait ce que j’ai pu, mais maintenant il te faut être sage, une gentille fille, et l’accepter. La famille de Soan t’a choisie, c’est un honneur pour nous.
La fête est déclarée. Tout est organisé. Dans trois semaines, je serai mariée. Dans trois semaines, je serai morte. Une bombe a éclaté et mon avenir est en ruine. Un drame a eu lieu et personne ne s’en soucie. Ce que j’éprouve n’a aucune importance. Pour eux, je ne suis qu’un corps. « Un cadeau du ciel », comme le dit Grandmama. Un diamant étincelant qu’on enferme dans un écrin de pacotille et qu’on garde jalousement en attendant la vente, la transaction, l’échange ; ce que les miens nomment le mariage.
Dans l’obscurité de la maison où je demeure choquée-inanimée-pétrifiée depuis trois jours, peu à peu j’y vois clair et la colère remplace la tristesse. On m’a trompée. On m’a menti et j’en veux terriblement à ma mère de m’avoir laissée croire que mon avenir dépendait de moi, de mon travail, de mes compétences. En réalité, le clan de la famille, il n’y a que cela qui compte chez nous. Un clan qui maîtrise tout et surtout le corps des filles, la parole des filles et toutes leurs libertés. Ils sont là, tapis derrière la porte à me surveiller. Les cousins, les oncles, les femmes aussi. « Une affaire de respect et de dignité », disent-ils. Chez nous, il faut montrer aux voisins comment on sait tenir les filles, les éduquer dans la crainte des hommes, contrôler leur intimité et les préparer dès la naissance à la soumission aux pères, aux frères et aux maris. Et tout cela bien sûr comme si nous, les filles, étions d’accord, partantes et heureuses de cette monstrueuse destinée.
A peine la rentrée littéraire de septembre 2021 est passée qu’arrive la rentrée littéraire d’hiver. Bien sûr, je n’ai pas encore lu tous les livres que j’avais repérés. Quelle frustration de devoir enchaîner aussi rapidement sans pouvoir savourer tous ces romans. Je crains toujours de louper une pépite. Mais déjà je me réjouis quand je vois apparaître certains noms dans les prochaines parutions. Vous vous en doutez il y a des chouchous dans l’air ! 545 romans paraissent en ce début d’année, voici ma sélection. Vous trouverez également des recueils de poésie.
Presque étranger pourtant / Thilo Krause (littérature allemande, Zoé, 06/01/22) Extrait à lire ou écouter sur le site de la maison d’édition (cliquez sur le titre !)
Un regard bleu / Lenka Hornakova-Civade (Alma éditeur, 06/01/22)
Voici un magnifique roman pour commencer cette année 2022 !
Le narrateur raconte à un juge l’histoire d’amour entre ses deux amis, Vasco et Tina. On comprend dès le début que quelque chose de grave est arrivé, un crime peut-être, mais l’auteur ne nous le révèlera qu’à la toute fin. Tout le long de son récit, le narrateur ajoute avec humour des commentaires à l’attention du lecteur.
François-Henri Désérable sait mener le lecteur par le bout du nez. Il ménage le suspense, va de rebondissement en rebondissement. Je me suis totalement laissée embarquer dans son histoire, imprévisible et prenante, très bien écrite.
Tina est comédienne, passionnée par Verlaine et Rimbaud. Vasco est bibliothécaire à la BnF (Bibliothèque nationale de France) et tombe sous le charme de Tina lors d’un dîner chez leur ami commun. Mais Tina est sur le point de se marier à Edgar. Elle aime son futur mari, il lui apporte une stabilité émotionnelle. Ils ont deux enfants, des jumeaux.
C’est donc l’histoire d’une passion amoureuse, du désir de Tina, l’auteur décrit leurs ébats, mais aussi des remords de la jeune femme car elle trompe Edgar.
Vasco consigne leur histoire dans un cahier sous forme de poèmes. C’est ce cahier que le juge a entre les mains et tente de comprendre la signification des vers avec l’aide du narrateur.
L’exergue nous renseigne sur l’origine du titre : « Est-il sensible ou moqueur, Ton cœur ? Je n’en sais rien, mais je rends grâce à la nature D’avoir fait de ton cœur mon maître et mon vainqueur. » Paul Verlaine
J’ai beaucoup aimé le rapport à la littérature et l’écriture, notamment les insertions de poèmes. Cela me donne envie de lire et relire les poèmes de Verlaine et Rimbaud. François-Henri Désérable nous offre aussi une visite de la BnF, ce qui ne peut que me plaire en tant que bibliothécaire ! Bref un très bon moment de lecture. Je découvre cet auteur que je n’avais pas encore lu et dont je lirai très certainement d’autres de ses romans. Lequel me conseillez- vous ?
Grand Prix du roman de l’Académie française 2021
⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 5 sur 5.
« Le cahier, c’est la première chose que m’avait montrée le juge, quand tout à l’heure j’étais entré dans son bureau. Un Clairefontaine à grands carreaux, format 21 x 29,7. Quatre-vingt-seize pages dont il ne restait qu’un peu plus de la moitié – le reste avait fini dans ma corbeille. Sous la couverture souple et transparente, on pouvait lire au feutre noir :
MON MAÎTRE ET MON VAINQUEUR
Sur les pages suivantes, il y avait des poèmes. Voilà ce qu’on avait trouvé sur Vasco : le revolver, un cahier noirci d’une vingtaine de poèmes et, plus tard, après expertise balistique, des résidus de poudre sur ses mains. Voilà ce qu’il en restait, j’ai pensé, de son histoire d’amour. »
« Soixante-dix-neuf, a dit Vasco en montrant les tours de la BnF : elles font soixante-dix-neuf mètres de hauteur. Et comme Tina se taisait, Vasco a continué à l’abreuver de chiffres : la BnF accueillait chaque année plus d’un million de visiteurs, elle comptait quatre mille places de lecture, quatre-vingt-un ascenseurs dont quatre en panne depuis trois jours, seize escalators et six cent cinquante W.-C. Il y avait aussi huit kilomètres de rail qui permettaient l’acheminement de milliers de documents des magasins jusqu’aux salles de lecture. Mais ça n’était pas tout : cent trente et une centrales de traitement d’air, mille trois cents ventilo-convecteurs et six cent cinquante-huit ventilateurs de soufflage et d’extraction renouvelaient l’air en continu, et c’est filtré qu’il arrivait dans les magasins, les bureaux et les salles de lecture : l’air qu’on respirait à la BnF était meilleur que celui des alpages de montagne. En cas d’épidémie, c’est ici qu’il fallait se réfugier. »
« J’ose croire en tout cas que mon témoignage atténuera la peine, car en vérité il est déjà condamné à vivre sans elle et cela jusqu’à la fin de ses jours, jour après jour jusqu’au dernier dans le souvenir de Tina – son souvenir est un soleil qui flambe en loi et ne veut pas s’éteindre, voilà, ai-je conclu, les mots qu’a eus Verlaine en apprenant la mort de Rimbaud, et j’entends encore le juge me dire eh bien vous savez quoi, si j’étais vous, cette histoire j’en ferais un roman, et je me revois sortant du palais de Justice, je me revois descendant les marches du palais dans la douceur du soir en me disant il a raison, le juge, je me disais cette histoire, petit père, tu devrais en faire un roman. »
Ninon Moinot est concierge d’un immeuble vide. L’heure de retraite approche et elle devra quitter son logement de fonction. Où ira-t-elle ? Elle ne sait pas. Alors quand son patron lui propose en viager sa pension de retraite contre un conteneur sur un cargo avec les repas compris, elle se dit que c’est une bonne solution.
Mais au bout d’un an de tour du monde dans son conteneur, elle n’en peut plus. Elle essaye de joindre la compagnie en vain. Elle est bloquée jusqu’à sa mort sur ce bateau. Elle se renseigne auprès d’une avocate et ainsi commence une correspondance décalée.
Le roman est constitué uniquement de lettres. C’est drôle et c’est une sacrée satire de notre société que Magali Desclozeaux nous propose.
Ce livre figure parmi la sélection du prix Hors Concours. Il était d’ailleurs parmi mes 5 finalistes. Voilà un livre idéal pour se détendre pendant les fêtes de fin d’année !
J’en profite pour vous souhaiter de belles fêtes à tous et toutes.
Voici un roman bouleversant d’un auteur que j’aime beaucoup. Une quête de vérité, où Sorj Chalandon enquête sur le passé trouble de son père. A-t-il été du côté des Allemands pendant la seconde guerre mondiale ? A-t-il été un SS ? De nombreuses questions l’assaillent depuis que son grand-mère paternel lui a lâché cette phrase : « Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud. »
En parallèle, son métier de journaliste l’amène à couvrir le procès historique et très médiatisé de Klaus Barbie à Lyon. Il se trouvent donc dans la ville de ses parents. L’occasion de les voir et surtout de poser des questions à son père, pour tenter de démêler le vrai du faux. Car son père est une vraie anguille, un manipulateur. C’est un homme violent qui l’a battu enfant. Il arrive toujours à retourner la situation à son avantage. Ce qu’il sait c’est qu’il a été emprisonné un an pour « actes nuisibles à la défense nationale ».
Le procès donne à entendre de nombreuses voix émouvantes, notamment des témoignages de Juifs rescapés qui ont subis des tortures infligées ou ordonnées par Klaus Barbie.
Dans le roman, Sorj Chalandon alterne entre le tutoiement en s’adressant à son père, et le récit à la troisième personne pour parler de lui. Un livre passionnant qui me donne envie de lire ses précédents romans sur son père : « Profession du père » et « La légende de nos pères », que je n’ai pas encore lus et qui offrent certainement d’autres clés de compréhension. Bref je vous recommande la lecture de ce livre, certes pas très gaie en cette période de fêtes, mais essentielle.
⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 5 sur 5.
« Parce que tu as des convictions et que tu te bats pour elles. Extrême droite ou extrême gauche, c’est pareil. Ce sont des gars qui mettent leur peau au bout de leurs idées. »
« Souviens-toi toujours que la guerre en France, c’était 1% de collabos, 1% de Résistants et 98% de pêcheurs à la ligne. Toi, je t’aime bien parce que tu n’es pas un pêcheur à la ligne.
Le pire des compliments. »
« En quelques heures et quelques bières, il avait réussi un autre de ses tours. Faire passer un salaud pour un héros. »
« Tu m’as menti, une fois de plus. Pendant que tes camarades mouraient sur les plaines de Russie et d’Ukraine, tu étais emprisonné dans le Nord de ton propre pays. Comme des centaines de malfrats français. Je ne tenais plus sur la chaise. Je me suis allongé sur le parquet, bras en paravent sur les yeux. J’étais épuisé. Je me suis demandé s’il était possible de dormir tout un an, de me réveiller seulement lorsque mon corps et ma tête auraient encaissé ces nouveaux coups. J’étais à la fois soulagé et effondré.
Soulagé parce que jamais tu n’avais porté les runes de la SS sur ton col. Effondré parce que même sur ton lit de mort, tu m’avais encore trahi.
Jamais tu n’avais ouvert le ventre d’un partisan russe avec une baïonnette. Jamais non plus tu n’avais été décoré par personne. »
« Ton dossier pénal était entre les mains des Archives départementales. Mais une loi de 1979 avait fixé à cent ans, à partir de la date des documents, le délai pour qu’il puisse être ouvert à tous. […]
Mon père était un renégat mais je ne savais rien de sa trahison. Cent ans ? J’avais 34 ans. Et il me faudrait attendre l’âge de 92 ans pour savoir qu’elle avait vraiment été ta guerre. J’ai été terrassé par la nouvelle. »
« Lorsqu’elle m’a aperçu, ma mère s’est levée.
– Mon fils ! Ah ça, pour une surprise !
Je ne l’avais pas vu sourire depuis longtemps. La joie n’était pas une obligation familiale. »
« Comme les policiers, les gendarmes, comme ton juge, j’ai du mal à te suivre. Je vois leurs interrogations portées au crayon dans les marges de ton dossier. Tu as traversé la guerre sous des drapeaux différents, sans blessure ni dégâts. Chaque soir, tu t’es endormi un pistolet sur la tempe. Chaque matin, tu t’es réveillé dans la peau d’un survivant. C’est insensé. Certains naissent juste pour qu’on les enterre, d’autres, comme toi, se croient immortels. »
« Le père du salaud venait de dire à son petit-fils que désormais la charge lui revenait. »
« Alors, où est-ce que j’en suis moi ? Comment te suivre ? Soldat, légionnaire, nazi… Ah voilà. Et Résistant ! ça manquait. »
« Ta guerre avait fasciné mon ami historien. Un jour que nous dinions ensemble, il m’a demandé si je n’aurais pas préféré avoir un père « seulement » collabo. Quelque chose de simple, une saloperie sur quoi pleurer, cogner, qu’il me faudrait pouvoir admettre ou condamner, mais voilà que j’avais hérité du pire. Je me débattais dans l’épais brouillard qui entourait ton lac allemand. Tu restais une question et ta guerre était une folie. Elle ne me permettait ni de te comprendre ni de te pardonner.
Une fois encore, je t’en ai voulu. J’étais blessé. Ta vérité n’avait pas plus de sens que tes mensonges. »
« Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue. Sans traces, sans repères, sans lumière, sans la moindre vérité. »
« Le salaud, c’est le père qui m’a trahi. Tu as essayé de m’éblouir alors que tu m’aveuglais. »
« Pendant tout le procès Barbie, j’ai rêvé de suivre ton procès. Pas pour te juger, pour t’écouter mieux et t’entendre davantage. Pour que tu m’apprennes et que je comprenne. »
Norah Baume est une jeune prof de lettres en lycée dans une banlieue parisienne. Elle vit en couple avec un homme qu’elle a rencontré pendant ses études. Ils ont le même groupe d’amis.
Son monde est ébranlé le jour où elle est déstabilisée par l’un de ses élèves, Sofiane, 17 ans. C’est un délinquant, insolent, très sûr de lui. Elle va être obsédée par ce jeune homme et son désir va la pousser à commettre des erreurs. Elle se noie dans sa vie, se met en maladie. Finalement elle décide de partir sur un coup de tête, loin de Paris, et prends un billet de train pour Marseille.
Elle a besoin de se retrouver seule pour faire le point, pour comprendre où va sa vie. Heureusement au début elle rencontre une jeune femme qui l’héberge avec qui elle aura une brève aventure. Elle vit une vie de bohème, retrouve un ancien camarade de classe, trafiquant de drogues. Là encore le désir l’emporte sur la raison et elle s’attache à lui comme si c’était le grand amour de sa vie.
Norah se cherche, se perd. Est-ce qu’elle se trouvera ? Pour le savoir, il n’y a qu’une chose à faire, lire le premier roman de cette toute jeune autrice.
Je ressors assez mitigée de cette lecture. J’ai bien aimé l’écriture mais je n’ai pas trop accroché à l’histoire. J’ai eu du mal à suivre Norah. J’aurais aimé connaître le point de vue de Sofiane. Mais je suivrai assurément cette jeune plume et lirai avec plaisir son prochain roman.
⭐⭐⭐
Note : 3 sur 5.
« C’est un très jeune homme, c’est un adolescent. Ila les yeux rougis par les joints, le sourcil fier, la mine esclave de ses atours, par petites grappes ses cheveux bouclés frôlent sa nuque et l’ombragent. La première fois que Sofiane est entré dans ma salle de classe, j’ai tout de suite compris qu’il était maître en son royaume. »
Une BD tendre, drôle, sans texte, qui se dévore en un rien de temps ! Suivez les aventures de ce couple breton avec un soupçon d’écologie. Lui part sur son bateau de pêche, se fait prendre dans les filets d’un gros navire de pêche. Elle cherche à le retrouver. Une voyante, à l’aide d’une crêpe, lui indique que son mari est du côté de Cuba. Elle n’hésite pas à faire sa valise et dépenser toutes ses économies pour partir en croisière direction Cuba. Elle ne passera pas inaperçue lors de cette croisière. De rebondissements en rebondissements, tout finira pour le mieux et c’est bien l’amour qui triomphera, sans oublier les crêpes et les sardines ! Retrouvez tous les ingrédients de cette excellente BD sur la quatrième de couverture.
Timothée de Fombelle est l’un de mes auteurs jeunesse préférés. Dès que je vois passer un de ses livres, je ne peux m’empêcher de le lire et de le faire lire à ma fille selon le public ciblé.
Celui-ci est un conte de noël, magnifiquement illustré par Thomas Campi, tout en douceur. Il s’agit plutôt d’un petit album d’une cinquantaine de pages, alternant texte et illustrations pleine page.
Le livre commence par raconter l’histoire d’une hirondelle, Gloria. Le lecteur se retrouve alors avec les yeux de cet oiseau, se battant pour survivre au froid et survolant un camion jaune. Ce camion, est le véhicule d’un vieil homme, Freddy d’Angelo. Il est sur les routes pour effectuer sa livraison de glaces, la veille de noël, alors qu’une tempête de neige est annoncée. Il est parti de l’Italie vers la France pour rejoindre l’Angleterre via Calais. Freddy n’a parlé à une personne depuis presque cent jours, la solitude est son quotidien. Il se parle à lui-même dans son camion.
Ensuite vient la rencontre avec un troisième personnage, que je vous laisse découvrir…
Ce texte est très touchant et sera l’occasion d’un magnifique moment de lecture et de partage pendant les fêtes de fin d’année !