En Provence, au bord des étangs, une femme cherche le butor étoilé. Elle cherche aussi Dedou, une jeune fille qui a disparu. Tout le village recherche Dedou. Toutes les hypothèses sont envisagées. Peut-être a-t-elle été mangée par le loup ?
On se promène dans la nature avec elle, à la rencontre des différentes espèces animales qui y vivent. Elle entame une correspondance avec un ancien amoureux, Marc. Mais celui-ci a déménagé et ses lettres arrivent à Damien. Il les lit et tombe amoureux d’elle. Il espère ses lettres.
Les chapitres alternent entre deux points de vue, la femme et Damien. Le mystère plane sur ces pages. Est-ce que Dedou sera retrouvée ? Est-ce que Damien et la femme se rencontreront et s’aimeront ?
Il est question de désir, de solitude, de regrets, de liberté. Les odeurs sont très présentes. Un roman très onirique, doux et lent qui donne envie de s’asseoir entre les roseaux et d’observer la nature tout en espérant voir un butor étoilé. Admirez la très jolie couverture illustrée par Pierre Belon, un naturaliste du XVIe siècle.
Livre lu dans le cadre du Bookclub VLEEL de janvier dédié à la maison d’édition Le Tripode.
⭐⭐⭐⭐
Note : 4 sur 5.
Incipit : « Rien ne presse. »
« J’attendais sur la souche détrempée d’un banc de sable. On m’avait posée là, à l’écart des mares et des cyprès chauves. Devant moi, les roseaux se balançaient sous la brise. Je les connais bien, les joncs, ils sont taiseux. Sauf deux-trois qui sifflaient, mais peut-être était-ce un bruant qui criait. »
« Ce n’est pas très grave, si plus jamais tu ne m’embrasses. Je choisis les lèvres de l’âne, s’il veut bien des miennes. Le bec de l’ibis falcinelle. Les crocs de la couleuvre. La mâchoire du loup. »
« La colline se chargeait des odeurs enchevêtrées de la terre et de la mer. Tout était facile et acceptable, la joie comme la tristesse. – Tu sens ce que je sens, le sel, la vase, la pierre, tout ça mélangé et recraché ? avait dit Kader. Si la vie est capable d’une chose pareille, tu peux tout me raconter. Damien s’était laissé déborder par les parfums marécageux qui grimpaient au ras des tertres. Enfin, il avait parlé : – Quelque chose dans l’écriture sur l’enveloppe m’a poussé à l’ouvrir. J’ai lu sa première lettre, puis la suivante, parce que je crois que c’est ma chance. »
« Au moment où je tentais de monter le long du tronc, le tissu s’était envolé en chantant. « Dedou ! Dedou ! » avais-je crié au chardonneret élégant qui passait au-dessus de moi. Il s’était posé sur un arbre plus loin, dodelinant de sa jolie tête écarlate. « Dedou ! Dedou ! Oiseau de cage en liberté. » Le chardonneret avait chanté de plus belle. Évidemment ce n’était pas elle. »
« Comment les chiens n’avaient-ils pas découvert ce cloaque ? Ils avaient suivi l’odeur de Dedou qui est celle de la vie même. »
Publié dans la collection Ma nuit au musée, dirigée par Alina Gurdiel, ce texte est né lors d’une nuit passée à l’Institut du Monde Arabe au cœur de l’exposition consacrée à Baya, une peintre algérienne.
Kaouther Adimi y passe donc la nuit au avec ses carnets, stylos, photos, archives. La galerie se trouve au 2ème sous-sol, un endroit « lugubre » mais illuminé par les tableaux de Baya. Elle se remémore son enfance, lorsqu’en 1994 son père, militaire, décide leur retour en Algérie alors que les attentats se multiplient. La peur au ventre, elle raconte comment elle a dû s’adapter à un pays dans lequel elle n’a pas grandi et dont elle ne parle pas la langue, l’arabe. Elle rêve de sa vie en France avec ses copines.
Le livre alterne entre l’histoire de Baya et celle de l’autrice. Elle évoque à la fois le galeriste Aimé Maeght, l’exposition coloniale de 1931 et le GIA (Groupe islamique armé), la méfiance des voisins. Elle replonge dans ses carnets et ses souvenirs. Elle interroge son père mais c’est l’écriture qui lui permet de se remémorer, de chercher la vérité. Certains événements traumatisants ont marqué l’autrice et la femme d’aujourd’hui.
Ce récit intime est sincère et touchant. Il m’a permis de découvrir l’univers de Baya. Je remercie Netgalley et Stock pour cette lecture.
⭐⭐⭐⭐
Note : 4 sur 5.
Incipit : « Alger. Les rues s’entremêlent, se séparent, se rejoignent. Les corps se frôlent. Le soleil m’aveugle. Et la mer, la mer, difficile de la manquer. Je respire fort, très fort. Je respire toujours ainsi chez moi. Partout où mes pas me mènent, chaque mur, chaque parcelle de terre porte un fragment de notre peur passée mais nous ne le montrons pas, nous n’accorderons pas cette joie à nos ennemis, nous ne tremblerons plus. Et partout, partout à Alger, avec tous ceux qui déambulent à mes côtés, je le sais, je partage le secret de nuits interminables. L’écho de la guerre résonne encore à mes oreilles ; résonne aussi le rire de Baya. »
« Dans Passages, Henri Michaux définit l’acte d’écrire en ces termes : « J’écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l’aventure d’être en vie. » Me parcourir c’est rouvrir des boîtes scellées et cachées au fond d’un puits de noirceur. C’est écorcher le récit patiemment bâti au fil des années. C’est sauter à pieds joints dans les souvenirs, au risque de s’y enfoncer et d’être incapable d’en ressortir indemne. »
« Je revenais d’une année passée à Rome et j’étais sur le point de repartir pour New York. Entre ces deux voyages, j’étais retournée à Alger pour respirer, prendre une grande bouffée d’air pour tenir ensuite, car loin d’Alger, je ne fais que cela, tenir. »
« L’angoisse dévorait mes parents. J’ai vu sans comprendre ce qui peut bouleverser n’importe quel homme : l’immense peine d’assister au naufrage de son pays. »
« S’il est désormais admis que ma mémoire me fait défaut et qu’il m’est bien sûr impossible de me souvenir de mes mots, je crois savoir ce que je ne lui raconte pas. Je ne dis rien de l’effroi de mes nuits, des loups que j’entends hurler et qui n’étaient peut-être pas des loups, je ne dis pas que chaque réveil, aussi gris soit-il dans ce pays qui a perdu toutes ses couleurs, est un miracle. Je n’écris pas qu’après le faux barrage, j’ai commencé à souffrir d’un étrange mal de ventre qui ne se déclenchait qu’à la nuit tombée. »
« Baya est mon point d’appui, la colonne vertébrale de ce texte. Sans elle, l’écriture vacille. Baya est ce qui me permet de tenir, de reprendre souffle lorsque les souvenirs me submergent. »
« Me voici donc propriétaire de deux archives : celle qui est sur les cassettes et celle que je porte en moi. Et entre les deux, un gouffre. Ces images filmées allaient rester, mais elles ne raconteraient jamais toute l’histoire. Elles diraient seulement ce qui avait été autorisé à exister. Pas la nuit, pas les cris étouffés, pas le silence. Peut-être est-ce là tout le projet de ce livre : inventer une contre-archive. Raconter à côté, en-dessous, parfois contre. Reprendre les fragments, les débris, les blancs, et les inscrire dans le récit. Non pas pour rétablir la vérité – il n’y en a pas – mais pour faire exister ce qui, sans cela, serait à jamais absent. »
« Aucun de nous d’ailleurs n’essayait. Essayer c’était échouer. Et nous avions l’échec en horreur, nous ne le comprenions pas, ne le tolérions pas, ne l’acceptions de personne. Nous n’avions pas la possibilité de rater. Une maladresse, une mauvaise décision et vous finissiez dans la tombe. Il était impératif de se battre tous les jours pour survivre. »
Encore une lecture coup de poing de l’excellent écrivain Dimitri Rouchon-Borie. Ce roman vient clore une trilogie sur la violence. Il est moins fort et marquant que son premier roman, « Le démon de la colline aux loups ». Mais sa structure est un véritable coup de génie. Tout s’éclaircit dans les dernières pages et c’est assez bluffant.
Imaginez un homme qui se réveille dans le Boyau, entouré de roche. Il a perdu la mémoire et ne sait pas qui il est ni ce qu’il s’est passé. Pour passer le temps, il se met à ramper. Pour rompre sa solitude, il nomme les objets qu’il possède ; Pochao, Bouloche, Petit Apollon. Être coincé sous terre, c’est oppressant. L’humidité suinte. Les odeurs envahissent tout.
Le livre se découpe en 5 parties. Dans la première, il est seul. Dans la deuxième partie il rencontre d’autres personnes dans le Gouffre. Dans les deux dernières parties, l’auteur nous donne à comprendre ce qu’a vécu cet homme.
Tous les sens sont sollicités dans le Boyau. Dans ce huis clos, le personnage principal tente de trouver un peu d’humanité dans son enfermement. Une lecture qui peut être inconfortable mais reste indéniablement poétique.
Mieux vaut en savoir le moins possible avant de lire ce livre. Si vous aimez les OLNI (objets littéraires non identifiés) et les livres qui bousculent, font réfléchir, permettent de se mettre à la place de, ce roman est fait pour vous !
N’ayant pas lu le livre avant la rencontre VLEEL, j’ai hâte d’avoir le replay pour visionner la partie révélation sur la fin du roman et connaître les propos de l’auteur sur cet ouvrage.
Incipit : « Je vais raconter bien pire qu’une chute, une étreinte avec l’oubli. Je vais parler de la peau de terre grasse, de l’impossible amour et du souffle court. Je vais dire un cauchemar devenu monde. La vie. Ma vie. ça a commencé d’un seul coup, quand je me suis réveillé dans une veine de roche, sous terre. Déposé là je ne sais comment. C’est ce qui m’est arrivé et qui n’est le sort de personne en vrai. »
« Je racle la roche pour user tout l’espoir possible. »
« Quand on tombe, on peut se faire croire qu’accrocher le courant d’air d’un mensonge va suffire. A la façon d’un pendu aussitôt repentant et qui s’agripperait à la corde. Quand il s’agit de se sauver soi-même, comment s’en vouloir ? Comment pouvoir ? »
« L’air est plus frais, et mouillé. Ma respiration est devenue moins brève : j’arrive à lui donner un peu d’aise. J’améliore ma technique pour ramper. J’imagine que je vais m’endurcir. Je m’arrête un instant pour caresser la paroi : est-ce qu’il y a là d’autres gens comme moi, dans la roche ? Est-ce que leur âme est ici ? Ils ont durci peu à peu et ensuite ils ont été digérés ? Je ne ressens aucune présence. Aucune. Je n’arrive pas à savoir si le Boyau est une présence. Il n’est pas quelqu’un. Mais il n’est pas rien non plus. Quand le tunnel bifurque sur la gauche, je remarque cette balafre dans la roche. Elle m’arrête un instant. Je caresse cette cicatrice, la couture du hasard pour unir dans l’éternité ces masses qui n’étaient peut-être pas faites l’une pour l’autre. Du trait d’union goutte franchement une eau claire. Je me contorsionne comme il faut pour déposer Pochao et m’allonger sur le dos. La tête sous le goutte-à-goutte. L’eau est froide. Je m’en frotte le visage. »
« Je suis revenu me caler dans un coin sombre, à bonne distance des deux bourreaux, et j’essore encore ma tunique quand Mouette, qui m’observait du coin de l’œil, approche. – Tu tiens le coup ? – Oui, ça va aller… – Ils ne t’ont pas raté… – J’étais si bien dans le Gouffre, tout seul. Tomber sur ces gars, c’est comme trouver une merde dans la salade. Je repense à la salade. Quel goût ça peut bien avoir ? Elle me passe une main dans les cheveux, puis frotte pour m’ébouriffer. – Et le Gouffre, il était mieux sans moi, aussi ? -Je lui fais une réponse de benêt. Elle s’en amuse puis fronce soudain les sourcils. – Pourquoi tu ne leur donnes pas plus de fil à retordre ? Tu n’es pas un gringalet, tu pourrais te défendre. – Je ne sais pas… c’est le Boyau, il me fait un drôle d’effet. – C’est quoi ? – Ma force, ici, ça ne vient pas. – Comment ça ? – Dans le Boyau, je suis tellement fragile. Peut-être qu’il m’a volé quelque chose ? Ou peut-être bien que je suis trop épuisé. Mais je n’ai pas l’idée de m’opposer. Je ne sais pas comment l’exprimer… »
« Je me suis rapproché des bougies, car voilà des lumières que je supportais enfin. J’ai passé ma main doucement au-dessus d’elles, pour en sentir la chaleur, me brûler presque, et contempler leur danse vacillante sous l’effet de mon souffle. »
Ce second roman est basé sur plusieurs faits divers de féminicide. Un homme déclare la disparition de sa femme, infirmière de nuit, la nuit du 12 au 13 décembre 2023 dans l’Aude. Quelques mois plus tard il est soupçonné et emprisonné. Malgré les recherches dans les étangs et les forêts aux alentours, aucun corps n’est retrouvé.
La force de ce texte est l’alternance de trois voix pour former un puzzle : celle de l’enfant, Mathis, de la femme, Élodie, et du mari, Pierre Lavergne. On fait des allers-retours dans le temps, sans ordre chronologique et la construction est très fine et habile. L’autrice nous donne des éléments au fur à mesure pour essayer de comprendre la psychologie de chacun. Pas de stéréotype, chaque personnage est complexe. Pas de jugements, des éclats de vérité apparaissent, au lecteur de se faire son opinion.
Delphine Saubaber a été grand reporter et lauréate du Prix Albert Londres. Elle a traité plusieurs cas de féminicide dans ses articles. Elle donne ici à entendre la voix d’une victime collatérale d’un féminicide. Le point de vue de cet enfant de 6 ans est édifiant. Il n’a plus ni mère ni père subitement et se retrouve loin de sa maison, à habiter chez son grand-père maternel qu’il ne connaît pas bien. Toute une vie chamboulée. On ressent sa solitude et son manque d’amour. Les silences sont omniprésents. Que peut comprendre un enfant aux histoires des adultes ?
Pierre Lavergne est écrivain ou plus précisément ghostwriter. L’autrice aborde le thème de l’écriture et insère des citations.
Le roman alterne les points de vue des trois personnages et d’un narrateur omniscient. Il y a aussi des coupures de journaux, des extraits d’audition à la gendarmerie et les séances des Mathis avec Julie, une psychologue. L’écriture est poétique et sensorielle.
N’ayez pas peur de cette lecture, la violence n’est pas décrite. Avec cette structure narrative impressionnante, la tension monte. Elle est palpable jusqu’à la dernière page. Impossible de lâcher ce roman touchant, tout en pudeur et qui interpelle. C’est le grand pouvoir de la littérature.
Je remercie Netgalley et Phébus pour cette lecture de la rentrée littéraire d’hiver
Replay et podcast VLEEL à venir !
⭐⭐⭐⭐⭐
Note : 4.5 sur 5.
Incipit : « Un petit garçon tout en os qui se hasarde sur de l’eau morte. C’est ça qu’elle a pensé en premier en le voyant. On dirait un héron. Démarche silencieuse faite d’hésitations, hanches trop hautes attachées à des jambes maigres comme deux brindilles dans le vent, tête ébouriffée plantée sur un clou, yeux naïfs. »
« Je m’appelle Mathis. Vous voulez savoir qu’est-ce que c’est d’être le fils de la disparue ? Vous voulez que je vous ouvre ma tête pour voir dedans ? Si j’étais vous je voudrais pas savoir. »
« Moi je dis : si vous avez une maman faut la garder. Parce qu’un jour, elle peut s’envoler. Comme mon ballon d’anniversaire dans le ciel. »
« Le petit M. L’enfant du féminicide. Celui dont on ne verrait jamais le visage, ni n’entendrait jamais la voix. »
« Quand on disparaît, c’est qu’on n’est plus là ? Mais on continue quand même à être quelque part, non ? »
« Il ne répond pas. Elle reprend, tout bas. – Tu as eu peur de quelque chose, Mathis ? Il redresse son maigre cou cran par cran à la façon d’un oisillon pour faire non de la tête. Il ne peut pas répondre. Il ne peut pas répondre parce qu’il ne dit plus jamais « j’ai peur », cet enfant. Il ne le dit plus parce que, depuis deux ans, il n’y a plus personne à qui la dire, la peur du noir, de la chute, la peur de la perte. »
« On ne s’attend jamais à la disparition, à ne plus voir le sentier, là, après la barrière. A l’effacement du chemin, de la trace. A la nuit sans étoiles. A l’oubli d’un sourire, d’une voix, d’un visage. Cet enfant a peur d’oublier sa mère. »
Ce 4ème tome des aventures de Lori et Tante Dimity est toujours aussi savoureux. Il se déroule au mois de décembre, période où Lori essaye de perpétuer les traditions familiales. Mais c’est sans compter un SDF retrouvé dans la neige dans un buisson du cottage. Qui est cet homme ? Que vient-il faire chez elle ?
En attendant qu’il revienne à lui, Lori mène l’enquête et rencontre comme d’habitude une galerie de personnages atypiques et attachants. On retrouve avec plaisir certains protagonistes des autres tomes de cette série de cosy mystery.
En prime la recette des biscuits en forme d’anges ! Le prochain tome sort le 16 janvier et je serai très certainement au rendez-vous.
Avec cette lecture, je coche la case « Lire les pieds dans la neige » du challenge de l’hiver VLEEL !
Traduit de l’américain par Axelle Demoulin et Nicolas Ancion.
⭐⭐⭐⭐
Note : 4 sur 5.
Incipit : « Mon père est mort quand j’avais trois mois. Je ne me rappelle ni son rire ni ses bras. Les seuls souvenirs que j’ai de lui m’ont été transmis par les anecdotes de ma mère et des albums photo que j’ai consultés mille fois. »
« C’est l’effet de Kit, pensai-je, légèrement étourdie. Il se frayait un chemin dans le monde aussi silencieusement que la neige qui tombe, et pourtant chacun était remué par son passage. L’infirmière, Mlle Willoughby, Julian Bright, Anne Somerville, Luke Boswell, et maintenant le pasteur… toua avaient été inspirés par Kit Smith. Comme s’il avait laissé une traînée de bienveillance dans son sillage pour que nous puissions la suivre. »
Bruno Doucey nous offre à nouveau un très beau portrait de femme avec Zena, résistante en Crète, lors de l’envahissement par l’armée allemande en 1941. Elle n’a alors que 17 ans mais sa vie se transforme en destin.
C’est toute une population qui résiste. Plusieurs intrigues se développent en suivant divers personnages, des bergers devenus résistants mais aussi un ignoble protagoniste, l’Oberfeldwebel Schubert. Le rythme s’accélère à l’approche du danger pour Zena et sa famille.
Impossible de lâcher cette héroïne, j’ai dévoré ce roman intense en émotions. Véritable hymne à la liberté, ce livre fourmille d’histoires : de famille, d’amour, de secrets, d’ode à la nature.
On croise des personnages de ses précédents romans, notamment Melina dans « Indomptables ». On rencontre leurs ascendants et on découvre leurs racines. Avec « Ne pleure pas sur la Grèce », ces 3 livres forment une trilogie sur l’engagement et la résistance. Ils peuvent se lire séparément et dans n’importe quel ordre. On peut aussi rapprocher l’œuvre de Bruno Doucey de celle de Murielle Szac, qui partage sa vie et les mêmes thèmes d’écriture, avec entre autres « Eleftheria » et celui à paraître aux éditions Emmanuelle Collas.
L’écriture est toujours poétique et pleine d’humanité. Encore un très beau roman touchant et engagé. Un coup de cœur de cette rentrée littéraire d’hiver que je vous recommande.
Je remercie les Éditions Emmanuelle Collas pour cette magnifique lecture
Incipit : « Mönichkirchen 22 avril 1941 Un silence de mort règne dans la salle du quartier général où le Führer est sur le point de faire son apparition. »
« Je suis calme. Calme et résolue. En cet instant, à l’heure de mener à bien ma première course en montagne, je mesure les changements qui se sont opérés dans ma vie. Il y a un an, j’avais abandonné mon travail et mes études en raison de la guerre. Je me trouvais à Anogia, presque à l’abri, comme terrée, et me voici maintenant exposée à tous les vents de la résistance. Sans fusil ni grenade, sans bataillon ni place forte à défendre, avec mes jambes pour seule escorte, mon sens de l’orientation, et l’endurance qui sied à de telles opérations. »
« Il est deux ou trois heures du matin, et je suis seule dans la montagne. Ne pas laisser l’imagination me jouer des tours, Zena. Scruter la nuit, avec la prudence qu’il faut, mais faire taire le tumulte des pensées. Fermer la porte à la peur. Se remettre en marche. Avancer, longer les falaises, jusqu’au moment où le sentier obliquera vers le sud. Je me rassure. Une montagne n’est ni mauvaise ni bonne, une montagne hostile, ça n’existe pas. Ce sont les êtres humains qui projettent sur les lieux des sentiments qui leur sont propres. La falaise est une falaise, le gouffre est un gouffre. Tout le reste est imagination. »
« Les souvenirs chantent dans ma tête comme un ruisseau. Tout m’a été donné d’un coup, l’année de mes dix-sept ans : le désir et la liberté, l’amour et le combat, la littérature et la vie. »
« Un nom qui sème la terreur est déjà sur toutes les lèvres : le Jagdkommando Schubert, mené par un sous-officier de la Wehrmacht à qui l’on a confié la mission de terroriser les Crétois. »
« En cet instant, le berger a une conscience aiguë de ce qui est en train de se jouer. La guerre n’est plus la guerre, ou plus exactement une autre guerre vient de débuter, qui ignore les lois de celle qu’il a connue en 1941 lorsqu’il ajustait les soldats allemands à la mire de son fusil pour défendre sa terre. Désormais, on vole, on viole, on pille, on rafle, on anéantit, et les civils servent de monnaie d’échange. L’équation est simple : soit tu déposes les armes, résistant crétois, soit on brûle ton village, on martyrise ta mère, on livre ta sœur à l’avidité des hommes de troupe, et on te laisse le soin d’offrir une sépulture au corps des enfants calcinés. La liberté ou la mort, proclamais-tu hier. Ta reddition ou l’anéantissement, te rétorque-t-on aujourd’hui. »
« Le jour va bientôt se lever. Celles et ceux qui se réveillent tôt savent qu’il y a deux moments, celui où le ciel s’embrase sans que l’on sache d’où proviennent les lueurs, et celui où apparaît le soleil. Quand il sort de la mer, quand il fait éclater la crête des montagnes, quand il déchire la brume pour imposer sa splendeur, il est déjà trop tard. C’est l’instant d’avant qui importe. Celui où le noir devient rouge, rose, orangé. Le seul moment où les dieux ne sont pas encore morts, où le jour et la nuit s’unissent dans une étreinte furtive, avant de séparer pleinement. Qui saisit cet instant s’empare d’un fragment d’éternité. Je l’aurai vu mille fois, et mille fois différent. La beauté du monde est toujours nouvelle. »
Marie-Hélène Lafon est une de mes autrices préférées. Je ne manque aucune publication. Ce nouveau roman reprend les thèmes chers à l’écrivaine : la ruralité (plus particulièrement le Cantal), la vie à la ferme, les relations familiales et ses obligations. Certains passages ont déjà été publiés dans des textes parus récemment, comme « La vie de Gilles ». Il fait aussi écho au livre « Les Sources » où on entrevoyait les personnages.
Dans « Hors champ », elle s’attache plus particulièrement à son frère, Gilles. Elle retrace 50 ans de sa vie, entre silences et non-dits. Elle parle de l’enfance, de la violence du père, du fait qu’il n’a pas le choix de sa vie. Il est le fils, il doit reprendre la ferme. Alors qu’elle, Claire dans le roman, elle vit sa vie à Paris et ne revient jamais très longtemps à la ferme. Quand elle s’y trouve, elle s’active tout le temps : lessive, repassage, ménage. Elle aborde les moments où Gilles se livre, ses difficultés, ses regrets, les peurs et les drames qui le hantent. En parlant de son frère, elle évoque aussi sa vie, ses souvenirs. Avec toujours cette honte du quand dira-t-on et de ne rien dévoiler de l’intimité familiale.
J’ai eu envie de souligner toutes les phrases du livre. Chaque mot est juste. L’essentiel est là, comme à chaque fois, avec précision et dans une langue magnifique. Roman après roman, Marie-Hélène Lafon nous donne encore des clés pour entrer davantage dans son œuvre, puissante.
Avec cette lecture de la rentrée littéraire d’hiver 2026, je coche la case « roman rural » du challenge de l’hiver VLEEL !
Incipit : « La balançoire grince sous l’érable dans la cour verte et bleue. Claire et Gilles sont ressortis en pyjama après la grande toilette du samedi. Leur mère n’a rien dit, elle était trop occupée à ranger les affaires du bain, la bassine, la serviette, le gant. Gilles ne se balance pas, il est assis sur le mur du jardin et il regarde devant lui. Il ne regarde pas sa sœur ; il ne l’accompagne pas comme il le fait parfois en imitant le mouvement de ses jambes pour se donner de l’élan. Claire sent qu’il est là sans être là, comme s’il avait le pouvoir de sortir de son corps quand il le veut, ou quand il a peur. »
« L’écran de la télévision est bombé, comme leurs fronts, le sien et celui de son frère ; ça leur vient de famille mais ça s’arrange avec le temps. »
« Jusqu’à la fin de la cinquième, elle aurait préféré être un mâle, un couillu ; ensuite elle a changé d’avis. »
« Gilles regrette que cette grand-mère, du côté de la mère, habite aussi loin, à l’autre bout du département, et ne vienne pas plus souvent à la ferme. Le père la respecte et se retient quand elle est là ; elle n’a pas besoin de parler, il suffit qu’elle soit présente pour que l’on vive mieux pendant quelques jours mais ça ne dure pas et le père se rattrape après son départ comme s’il avait de la méchanceté en réserve. Pour le père, il hésite entre méchant et fou et il pense qu’il est les deux à la fois ; on doit se méfier tout le temps, on ne sait pas d’où vont venir les mauvaises paroles et les coups tordus mais ils vont venir, c’est sûr, et il faudra faire face. Il voit que la mère fatigue ; elle a autant de mal que lui à se lever, elle se recouche quand il est enfin descendu à l’étable, elle refuserait de l’avouer mais il en est certain. Même s’il le voulait vraiment, même s’il avait le culot de tout plaquer et de laisser le père se débrouiller avec sa ferme, ses vaches, ses fromages, son ouvrier et tout le bazar, il ne pourrait pas laisser la mère derrière lui, seule avec le père ; et elle ne quittera jamais la ferme, jamais. »
« Il savait que sa sœur lui aurait répété sa phrase, cette phrase qu’il ne comprenait pas bien, si un jour tu veux arrêter tout ça, tu peux compter sur moi. »
« Il ne disait plus le père, il disait le vieux ou l’autre quand il parlait à sa sœur qui l’écoutait sans l’interrompre les rares fois où ils étaient seuls, dans le pré, ou dans la voiture, pendant les leçons de conduite qu’il lui donnait sur la petite route du plateau. Il ne la regardait pas, il déroulait en boucle des phrases folles qu’il ne reconnaissait pas. Il voyait que sa sœur était complètement dépassée, elle bougeait les mains sans raison et ses pieds s’agitaient aussi quand elle était assise sur le siège à côté de lui. Il la trouvait de plus en plus maigre, supposait que c’était à cause de cette vie qu’elle avait à Paris, une vie qu’il n’imaginait pas. Elle avait étudié, elle était devenue professeur, mais elle continuait à étudier encore, il ne savait pas pourquoi. Quand elle venait quelques jours à la ferme, elle ne tenait pas en place, changeait les draps, repassait et rangeait le linge, passait l’aspirateur partout et allait même jusqu’à lustrer avec de la cire les boiseries de sa chambre. »
« Depuis deux ans, ils donnent le lait au laitier de Condat, on a toujours dit donner au lieu de vendre, et c’est une défaite ; le père la vomit et la ressasse, la mère parle d’autre chose, mais Claire comprend que l’honneur des parents est perdu. »
« Le dernier matin, avant de partir, elle descend au bord de la Santoire et passe par l’étable pour lui dire au revoir avec des mots maigres, les mots de l’hiver, toujours les mêmes, j’ai posé ton cadeau sur ton lit, je reviens bientôt, bon courage tiens bon, j’appellerai le 1er janvier pour souhaiter la bonne année. Elle ne l’embrasse pas, il n’aime pas ça, elle non plus ; si c’est possible, elle le touche, elle pose une main sur son épaule, elle est plus petite que lui, elle le regarde aux yeux. »
« Sa sœur écrit des livres. La mère les lit et les garde sur une étagère dans sa chambre ou sur le rebord de la fenêtre à côté de la table à repasser avec le dictionnaire et les catalogues. Deux ou trois fois des gens lui en ont parlé au café à Lugarde parce qu’il y avait eu un article dans le journal. Un type de Saint-Bonnet a même fait rigoler tout le monde en disant qu’il fallait pas raconter n’importe quoi devant lui parce que s’il le répétait à sa sœur, on pouvait finir dans un livre. Marianne n’a pas ru et a calmé ce gars qui a la langue pointue et fait souvent le malin pour amuser la galerie. »
« Détraqué ; la mère employait ce mot au téléphone pour parler de lui à l’époque de Christine et aussi de Nadine ; le même mot que pour la pendule quand elle retarde ou s’arrête carrément ; la pendule se détraque, la télévision aussi, le lave-vaisselle, la cafetière, mais on peut changer les choses ou les réparer. On ne change pas les gens et il ne sait pas comment il faudrait s’y prendre pour les réparer. »
« C’était en 1976, l’année de la grande sécheresse. Claire s souvient exactement des mots de sa mère, on aurait arrêté là les frais si tu avais été un garçon. Elle allait avoir quatorze ans et n’avait pas répondu à sa mère que longtemps, elle aurait préféré, elle aussi, être un garçon. Elle n’avait rien dit parce que, depuis toujours, elle ne peut pas vraiment parler avec sa mère : elle l’écoute, elle lui donne plus ou moins vaguement la réplique, mais elle sent, elle sait qu’il est impossible d’aller plus loin avec elle et de passer de l’autre côté du flux ordinaire. Sa mère est barricadée ; parfois, quelque chose, une expression, suinte, ou fuse, comme une giclée de pus, on aurait arrêté là les frais ; et c’est tout. Ensuite ça tient, c’est écrit en lettres de fer et de feu, ça résiste à l’abrasion des années et Claire appelle ça des scènes. Elle a compris, depuis les premières confidences chuchotées entre amies au pensionnat, que chacun s’arrange avec les siennes, une maigre poignée, ou un répertoire plus ou moins fourni, une litanie, une encyclopédie de scènes. »
« La route est belle ; d’abord le plateau, couché sous le ciel immense, scarifié de clôtures, émaillé de vaches en troupeaux, marqueté de rares bosquets toujours mangés de vent ; ensuite la côte de Lugarde qui plonge vers la vallée de la Santoire, la traversée du bourg et la ferme au bout d’un chemin pentu ourlé de noisetiers. La pente du chemin est inscrite sous la plante de ses pieds, dans ses jambes, son bassin, sa colonne vertébrale, ses épaules, sa nuque. »
« Elle s’accroche aux choses qui restent à leur place et ne font pas défaut. »
« Elle se lance, c’est du beau foin cette coupe, quand tu auras fini de faner, tu viendras manger un dimanche, comme on fait toujours, je me mettrai en cuisine, je m’appliquerai, pour ton anniversaire, tes cinquante ans. Il s’est tourné vers elle et, avant de remonter sur le tracteur, il a dit sans hargne dans un sourire cabossé, cinquante ans de quoi, cinquante ans de vie de merde. »
Il s’agit d’un roman autobiographique pour ce premier roman de l’illustratrice Cathy Karsenty. Sa mère, Claudine, perd la mémoire. Entre silences et non-dits, elle raconte la vieillesse, la maladie d’Alzheimer, la culpabilité de placer sa mère en Ehpad. Mais surtout elle dresse le portrait de cette femme qui reste un mystère pour elle. Elle n’a connu que sa mère qui l’a élevée seule. Claudine a préféré se passer du père, déjà marié et père de famille. La narratrice raconte comment ses parents se sont rencontrés, la vie en Algérie puis en France.
Un livre qui se lit vite avec une succession d’anecdotes. Les chapitres sont très courts, souvent 2 pages. Le style est agréable et le ton frôle souvent l’humour. On ressent la justesse des propos sur la maladie et l’état de santé qui se dégrade. J’ai noté quelques phrases qui claquent comme des punchlines.
A lire si vous aimez les récits intimes, les romans sur les relations mère-fille ou si vous cherchez des fictions sur le thème de la maladie d’Alzheimer ou la fonction d’aidant.
Je remercie Babelio et le Seuil pour cette masse critique privilégiée de la rentrée littéraire d’hiver.
⭐⭐⭐⭐
Note : 3.5 sur 5.
Incipit : « Je pense écrire un livre sur ma mère. Je prends des notes, j’en parle un peu autour de moi. L’Algérie, l’histoire clandestine avec un homme marié, mon père, puis Alzheimer, Rotschild. Oui mais ce sera drôle, je précise. »
« Une vie entière à ne pas se parler, ça laisse des traces. »
« Ses propos n’ont plus aucun sens. Elle cherche ses mots, ils se télescopent, ses paroles sont des cut-up opaques et poétiques. Mais parfois de brefs éclats de conscience lui font former des phrases apparemment sensées dont je ne sais pas quoi faire. – J’ai parlé à ton père. Il m’a dit qu’il regrettait de ne pas avoir été plus présent pour toi. Qu’il avait loupé le coche (une expression bien à elle). – Ah ? Mais quand a-t-il dit ça ? – Attends, laisse-moi réfléchir… »
« En vidant l’appartement, je retrouve cette feuille où il est écrit au milieu « Se souvenir de moi ». Perplexe, je me demande quel message elle a cherché à me faire passer… Puis je comprends qu’il s’agit d’un pense-bête, pour bien cocher la case « Se souvenir de moi » de je ne sais quel site, afin de ne pas avoir à redonner inlassablement son mot de passe. On sous-estime la brutalité de ces nouveaux outils et leur barbarie infligée à une dame de quatre-vingt-cinq ans qui essaye de se débrouiller toute seule, sans trop embêter sa fille jamais disponible, et qui finira par tout oublier alors qu’elle avait pourtant coché cette foutue case. »
« Mais pourquoi nier l’évidence, je suis bien la fille de ma mère, si opaque soit cette dernière. »
363 romans francophones paraissent en cette rentrée littéraire d’hiver dont 65 premiers romans (source : Livres Hebdo), soit une très légère micro-baisse de la production. Voici ma sélection de romans francophones, essais littéraires et recueils de poésie.
Pour ma part j’ai encore de belles piles à lire de la rentrée littéraire 2025. Je pense concentrer mes lectures sur celle-ci plutôt mais je serai très certainement tentée en passant devant les vitrines des librairies.
Mes chouchous, repérés, notés, achetés ou bientôt dans ma PAL :
pour le blog : 82 articles publiés, 15 576 vues, 11 624 visiteurs
Environ 20 pochettes à livres cousues !
Quelques événements marquants :
Janvier : La rentrée littéraire d’hiver avec les 2 soirées incontournables de présentation de VLEEL. La visite de l’exposition du Petit Prince.
Février : Un atelier lecture à voix haute. Une exposition sur la littérature jeunesse, « Enfantillages ». Un enregistrement pour le projet « Passeur de voix ». La découverte de la sélection des 68 premières fois.
Mars : Une exposition sur les livres au musée Würth, « Bibliothèque fantastique », et celle du Musée Ungerer. L’annonce des lauréats du Prix VLEEL. La première réunion du jury du Prix du Roman d’Écologie.
Avril : Mon premier vol en montgolfière. La deuxième réunion du jury du Prix du Roman d’Écologie. Découverte de la sélection du Prix Hors Concours 2025. Marathon lecture dans le cadre de Strasbourg capitale mondiale du livre – Unesco. Soirée de remise du Prix du Roman d’Écologie 2025. J’ai animé des ateliers d’écriture pour enfants.
Mai (bien chargé) : La traditionnelle cérémonie du 8 mai puis le concert de printemps avec l’orchestre d’harmonie. Encore une très belle soirée de remise du prix VLEEL à Paris avec notamment Bérénice Pichat, Mona Messine, Mye, Murielle Szac, Bruno Doucey, Maïa Thiriet, Justine et Emmanuelle Collas, Véronique Presle, Alexandre Bertin, Michel Jean, Jérémy Eyme, Anouar Benmalek, et bien d’autres auteurs et éditeurs qu’on adore avec Anthony, Sandra, Anne, Anaïs, Virginia, Nathalie, Isabelle, Aurélie, Valérie, Camille, Laurence, Delphine, Jennifer et Franck, ainsi que Hélène venue du Canada. Cette virée à Paris a permis de visiter à nouveau le Musée Grévin que ma fille adore, et l’Atelier des lumières avec cette fois les projections autour de l’univers du Petit Prince. A l’occasion d’une formation sur la lecture à voix haute, j’ai pu me rendre pour la première fois au Festival des Imaginales à Épinal. J’étais voir un spectacle musical de Firmin & Hector avec ma fille. Un concert en plein air avec l’orchestre d’harmonie.
Juin : Avec ma cavalière préférée, nous sommes allées à la rencontre de Zeus, le cheval métallique des Jeux Olympiques. La visite de la Bibliothèque humaniste. J’ai animé un atelier d’écriture pour des collègues. Un stand au Livrodrome. Le début du challenge VLEEL de l’été ! Un concert avec l’orchestre d’harmonie autour d’un compositeur.
Juillet : C’est l’été, les vacances et l’occasion de mettre en révision ma clarinette, surtout après la cérémonie du 14 juillet où nous avons fini sous la pluie !
Août : Des vacances dans le Jura avant la rentrée littéraire ! Nous avons adopté une petite lapine.
Septembre : Mon premier festival Steampunk. J’ai voté pour le prix Hors Concours. Le blog fête ses 5 ans !
Octobre : Côté boulot, nous avons organisé plusieurs jurys et délibérations pour les concours littéraires. Le dévoilement des finalistes du Prix Hors Concours. Un spectacle de théâtre avec ma fille. J’ai réalisé mon premier carnet japonais lors d’un atelier de reliure. Un festival autour du manga. Une journée interprofessionnelle bibliothèques et écoles de musique où j’ai proposé une sieste musicale.
Novembre : Cérémonie de commémoration avec l’orchestre d’harmonie. Le festival du livre de Colmar où j’ai pu rencontrer Thibault Daelman. L’annonce des lauréats du Prix Hors Concours 2025. J’ai participé à la collecte de la Banque alimentaire. Un concert d’hiver avec l’orchestre d’harmonie.
Décembre : Un spectacle d’André Manoukian en famille. Le 2ème concert d’hiver avec l’orchestre d’harmonie. J’ai participé à #monaventlitteraire2025 pour la 4ème année et je me suis remémoré avec plaisir mes lectures passées. Une exposition sur les contes, une autre sur le sport, et une dernière sur le vivant avec les photos de Vincent Munier. Des marchés de noël et des bredeles bien sûr. Le spectacle de Noël des enfants du Royal Palace. Sans oublier le début du challenge de l’hiver VLEEL. L’année se termine en famille avec les 14 ans de ma fille ❤
2026 s’annonce aussi riche et passionnante, avec toujours des lectures et de belles rencontres avec VLEEL et les 68 premières fois !
Belle fin d’année et à vendredi pour ma sélection de la rentrée littéraire d’hiver !