Les ailes collées / Sophie de Baere

Le roman s’ouvre en 2003 lors du mariage de Paul et Ana, la trentaine. Paul est heureux. Il regarde sa femme et l’admire. Et puis Ana lui a réservé une surprise. Elle a invité des amis perdus de vue, certains qu’il n’a pas vus depuis l’adolescence. Parmi eux il y a Joseph…

Et le roman fait un bond dans le passé de Paul. Nous sommes alors dans la France des années 1980, il a 14 ans. Paul raconte des souvenirs d’enfance avec sa petite sœur, Cécile. Puis il parle de ses parents, de leur couple, de leurs déchirements, de sa mère qui boit trop, des absences de son père. Sa vie prend une autre teinte quand il rencontre Joseph. Ils deviennent les meilleurs amis jusqu’à l’événement qui fera basculer leur vie. Mais chut ! je ne vous en dis pas plus. C’est à vous de découvrir leur histoire.

Comme dans chacun de ses romans, Sophie de Baere touche le lecteur en plein cœur. Un très beau roman qui aborde beaucoup de thèmes que j’ai listé sur le blog mais que je ne citerai pas ici pour ne pas divulgâcher. Une fois commencé, vous ne pourrez plus lâcher ce livre avant de l’avoir terminé. Impossible de laisser Paul à son triste sort. Vous le regarderez se débattre ou au contraire baisser les bras. Et vous aurez envie de le prendre dans vos bras.

Un roman puissant et sensible, avec des personnages attachants, beaucoup d’humanité, des secrets et une belle plume, bref tout ce que j’aime.

Ce livre est en lice pour plusieurs prix dont le Prix Orange du livre.

[Edit du 11/05/22] Ce roman a eu le prix Maison de la Presse 2022.

Note : 5 sur 5.

Incipit :

« Prologue

17 mai 2003

La salle du restaurant se met à chanter, le bois de la table bat sous ses doigts. Ana aussi fredonne. Un air de cet été-là. Elle est si belle, si frêle. Les yeux de Paul s’attardent sur la mousseline qui colle à sa peau, sur les taches de sueur qui plissent légèrement le tissu de sa robe blanche et soulignent cette rondeur du ventre qui s’échappe. Depuis quelques minutes, la pluie a cessé sa course molle et le ciel s’éclaircit. »

« Paul demeurait ce garçon trop sensible et freluquet que le père et ses amis trouvaient au mieux insignifiant et au pire dérangeant. »

« Désormais blotti dans cette chambre de 12 m², l’adolescent n’habitait plus que le bas monde. Celui que l’on doit dissimuler. Sans ciel. Les ailes collées. »

« Vieillir, c’est exposer, râper le cuir, ôter l’enveloppe. Mettre à nu l’échine et retrouver la tige fragile.

Paul se demande bien à quel moment on passe de l’autre côté, à quel moment l’existence se met à fuir entre nos doigts, les genoux à ployer sous la fatigue, le silence à faire un bruit qui éreinte. Est-ce qu’un matin, on croise soudain la vieillesse et ses lignes de fuite dans un miroir ? Ou bien celle-ci nous atteint-elle toujours par bribes, nous enlaçant de manière lente, insidieuse, implacable ? »

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