Voyage au bout de l’enfance / Rachid Benzine

Un livre court (79 pages) sur un sujet d’actualité qui ne peut que bouleverser les lecteurs.

Le narrateur est un enfant, Fabien, arraché subitement à son quotidien en France par ses parents convertis à l’Islam et qui décident de partir en Syrie pour le djihad. Ce jour-là était un jour spécial pour ce petit garçon. Il devait réciter ses poèmes à l’invitation de son instituteur. Et il n’aurait voulu rater ce moment pour rien au monde.

Fabien devient alors Farid et va désormais à l’école coranique, chez les lionceaux du califat. Sa mère pensait que ce serait le paradis à Raqqah. Ils vont déchanter tous les trois. La suite n’est faite que de malheurs. Farid se retrouve coincé dans un camp avec sa mère, impossible de revenir en France sans être séparés, car sa mère doit être jugée. Rachid Benzine décrit la vie dans ce camp insalubre et inhumain. Elle est faite de misère, d’humiliation, de méfiance, de maladies et de violence. Heureusement Rachid a la poésie pour sortir de ce quotidien inhumain.

C’est terriblement poignant car vu à hauteur d’un enfant. Un enfant qui va grandir bien trop vite et dont la vie sera irrémédiablement changée pour le pire, radicalisé contre son gré. Quel sort pour ces enfants ?

J’ai trouvé que le livre se terminait brutalement, un peu trop rapidement à mon goût. Il reste toutefois un livre très fort et marquant que je vous recommande de lire quand votre moral est au beau fixe car il est très noir ! Bref, un livre coup de poing.

Je ne peux que vous conseiller de lire tous les livres de cet auteur dont j’aime beaucoup la plume.

Note : 4.5 sur 5.

Incipit :

« Trois mois. D’après maman, ça fait précisément trois mois aujourd’hui qu’on est enterrés dans ce fichu camp. Et ça fait presque quatre ans que j’ai quitté l’école Jacques-Prévert de Sarcelles.

Moi, ce que j’aime, c’est la poésie. Mon maître de CE2, monsieur Tannier, il m’encourageait toujours. Il me disait : « Fabien, tu seras un grand poète. Tu as tout pour réussir. Tes résultats scolaires sont excellents et tu as un imaginaire créatif… » »

« Maman dit que le manque de pudeur et de dignité c’est pour nous humilier. »

« Partout ça pue les excréments. On n’arrive pas à se laver. On est pleins de crasse noire. Pendant les deux premiers mois, il faisait tellement froid qu’on allait même pas aux toilettes. On sortait plus. J’avais mal jusqu’à l’intérieur de mes os. Maman m’a confectionné un bonnet avec des bandes de tissu pour que j’aie moins froid. On ne se lavait plus et on faisait nos besoins juste à côté de nous. On a attrapé des tas de boutons, de plaques qui démangent et de croûtes sur la peau. »

« Maintenant elle veut bien de ma poésie. Je vois bien que ça l’apaise d’entendre des choses jolies. Des choses de l’imaginaire. Qui font rêver d’une autre existence. Ou qui rappellent notre vie d’autrefois. »

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