Pas ce soir / Amélie Cordonnier

Tout le roman tourne autour de l’obsession d’un homme, sa vie sexuelle devenue inexistante avec sa femme. D’ailleurs Isa a décidé de s’installer dans la chambre de l’une de leurs filles partie faire ses études. Et ça c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, comme on dit !

Pour être franche, les 50 premières pages m’ont un peu soûlée. Il n’y en a que pour le désir inassouvi du personnage principal. Ensuite il y a des événements, ça devient plus intéressant. Par contre, je trouve qu’il manque le point de vue de sa femme. Certes, il arrive par la suite, du moins on en sait davantage mais on reste toujours autocentré sur les pensées et sentiments du mari.

Mais je ne vous en dirai pas plus pour ne pas divulgâcher.

Pour moi il y a trop de scènes liées au sexe. J’ai eu l’impression de tourner en rond et du coup je me suis ennuyée. J’ai même ressenti de l’agacement au bout d’un moment.

Une fois que le personnage principal se résout à se focaliser sur autre chose (le sport, etc.), la lecture devient plus agréable.

Ce roman m’a rappelé « Sept gingembres » de Christophe Perruchas, où le lecteur est plongé dans la tête d’un obsédé sexuel, un prédateur. J’avais été dérangée par cette lecture mais il y avait ces petites bulles récréatives en famille, ces « gingembres », du coup ça ne m’avait pas fait le même effet.

Peut-être était-ce l’effet recherché par l’autrice, auquel cas c’est très réussi ! Il faut préciser qu’Amélie Cordonnier s’attaque toujours à des sujets tabous. C’est une autrice que je suis depuis son premier roman, j’ai hâte de connaître le thème de son prochain livre !

Note : 3 sur 5.

Incipit :

« Désolée, ne m’en veux pas, mais je dormirai tellement mieux là-bas. Elle a dit là-bas pour désigner la chambre de Roxane, et leur quatre-pièces a beau mesurer moins de quatre-vingt mètres carrés, il lui a semblé que c’était loin. Très loin. Très très loin. Le bout du monde. Et peut-être aussi la fin d’un monde. »

« Huit mois deux semaines et quatre jours qu’il n’a pas touché Isa. »

« Il a finalement suivi les conseils d’Éric, téléchargé Adblock et ainsi réussi à se débarrasser des fenêtres publicitaires qui l’assaillaient en permanence sur Internet. Il faudrait pouvoir faire pareil dans sa tête pour bloquer le jaillissement intempestif de ses pensées lubriques. »

« Il y a quelque chose d’abrasif dans le manque affectif. Est-ce que l’on peut en parler, du corps fourbu parce qu’on ne le désire plus, de la souffrance que peuvent infliger des mains qui plus jamais ne vous touchent ? De la violence qu’il y a à essuyer tous ces refus de la part de la personne qu’on aime. Est-ce qu’on peut le dire, tout ça ? Non, pas le droit. Tabou. »

3 commentaires sur « Pas ce soir / Amélie Cordonnier »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :