Cinq dans tes yeux / Hadrien Bels

L’auteur nous plonge dans le Marseille des années 90. Le narrateur est surnommé Stress, un petit blanc. Ce jeune nous raconte avec son franc-parler sa vie dans un quartier, « le Panier ». Un portrait haut en couleur dans un langage imagé et poétique, avec humour et autodérision.

Connaissez-vous le mot « venants » ? Il désigne les « bobos » à Marseille.

« En bas de la place, y a toujours quelques Venants qui tirent sur leur tabac à rouler et sirotent leur mauresque. Ils « prennent l’apéro au Panier. » Prendre l’apéro en bas de la place de Lenche, c’est comme aller à la piscine et rester accroché aux bords. Y t’arrivera pas grand-chose. »

Stress vit avec sa mère, Fred, professeure de beaux-arts. Il raconte ses sorties avec sa bande de copains, les 400 coups qu’ils font ensemble. Puis comment l’un après l’autre quitte le quartier. On le retrouve adulte, essayant de trouver un financement pour tourner un documentaire sur son quartier d’enfance, sur la gentrification.

« Prends une photo de classe dans une école maternelle du Panier d’aujourd’hui et une photo de la même école il y a 30 ans et tu verras ! Pratiquement plus aucun Arabe ou Noir. C’est comme si on avait effacé un écosystème, tranquille, en silence. »

Le titre, « cinq dans tes yeux », fait référence à une expression pour se protéger du mauvais œil.

J’ai beaucoup aimé cette écriture parlée et imagée, avec ses expressions, son argot.

« On est passés devant l’arrêt du 83, le bus des plages. L’été, à l’intérieur, c’était une paëlla. Le peuple s’y entassait et le bus dégueulait toutes sortes de maillots de bain colorés à chaque plage de la Corniche. »

L’auteur aborde aussi le sujet du sida, des immeubles insalubres qui se sont effondrés, de la délinquance, de la drogue.

Avec nostalgie, Stress vit dans le Marseille de son adolescence et voudrait le faire revivre avec son film. En attendant il est caméraman de mariage arabe. Pour se faire un peu d’argent, il loue son studio à des touristes et dort chez sa mère.

Ce roman est déclaration d’amour à Marseille, un régal !

Note : 4 sur 5.

Dans un fracas de plumes / Hadassa Tal

Cette poétesse israélienne nous parle d’oiseaux. Des oiseaux qu’elle voit autour d’elle dans la nature mais aussi ceux que son père peint. J’ai trouvé ces poèmes très beaux. Le titre est magnifique. Je vous en partage quelques-uns.

Des merles ivres de sommeil
grimpent sur le trapèze
de l’aube

Sur le rebord d’une fenêtre haute apparaît une grive

Dans la verdure d’un cyprès
le soleil verse
ses rayons

Un colibri rame sur une feuille de géranium
minuscule comme
pour se poser
sur la paume
d’un
enfant

Des nuages
poussent
vers le sud
d’un seul
élan
errant
vers le sud
au galop
dans un bruit
de disparition

Une hirondelle à l’horizon –
ses ailes
transparentes
comme
du papier

Dans des champs délavés de lumière on l’a vue
voler – tracer
une ligne blanche
effacée

En chaque oiseau est sauvegardé un morceau de ciel
A chaque instant de l’inlassable vol

Ce recueil de poésie est l’occasion de vous présenter la maison d’édition Bruno Doucey. J’ai suivi une rencontre VLEEL passionnante avec ses fondateurs : Bruno Doucey et Murielle Szac. Une soirée placée sous le signe de la poésie, de la découverte, des émotions et une belle humanité que j’ai envie de partager avec vous.

C’est une maison d’édition indépendante, vouée à la poésie contemporaine. Ils publient de « la poésie qui parle à tout le monde », soit 182 livres jusqu’à présent. Certains recueil sont bilingues. Vous trouverez des espaces blancs sous les poèmes, ils sont un espace de liberté qui vous est offert. A découvrir, la collection de poésie narrative pour les enfants : poés’histoires. Ils publient également des romans dans la collection « sur le fil », où les destins de poètes croisent la grande Histoire.

Voici une sélection de titres de cette maison d’édition pour entrer dans la poésie :

  • J’ai vu Sisyphe heureux / Katerina Apostolopoulou
  • Ceux qui se taisent / Bruno Doucey
  • Celle qui mangeait le riz froid / Chung-Hee Moon
  • Symphonie du printemps / Giannis Ritsos

Et parce que la poésie est faite pour être dite et écoutée, Bruno Doucey et Murielle Szac partagent des extraits de poèmes sur leur chaîne Youtube. Leur rêve : « acheter de la poésie avec sa carte vitale » !

Note : 5 sur 5.

Là où chantent les écrevisses / Delia Owens

Que vous dire sur ce roman qui a déjà été lu et présenté maintes fois !

Nous sommes aux Etats-Unis, en Caroline du Nord, dans une zone marécageuse. C’est l’histoire assez triste d’une fille, Kya. Elle a 6 ans en 1952. Elle est la benjamine, elle a 4 frères et sœurs. Tous partent les uns après les autres, pour échapper aux coups du père, Pa. Et ce jour-là c’est Ma qui s’en va et ne revient pas. Elle se retrouve livrée à elle-même dans leur cabane insalubre dans les marais. Le père revient de temps en temps avec son bateau. C’est un ancien soldat, blessé de guerre. Il traîne la jambe et boit beaucoup. Il ne vaut mieux pas se trouver sur son passage quand il est là, les cris et les coups sont son seul langage.

Jodie est le dernier de la fratrie à partir, il lui donne ce conseil :

« Enfonce-toi dans le marais, cache-toi dans les buissons. Efface les traces de tes pas. Je t’ai montré comment faire. »

Pa lui laisse un peu d’argent pour la semaine pour acheter à manger. Elle doit se débrouiller et parcourir à pied, la peur au ventre, les 7km qui la séparent de l’épicerie de la ville de Barckley.

Un jour, Mme Culpepper vient chercher Kya pour l’emmener à l’école qui est obligatoire. Kya se cache mais la tentation d’un repas chaud offert la fait sortir. Elle peut aller pieds nus à l’école mais doit porter une jupe. Ce premier jour d’école se passe mal, une véritable souffrance. Elle décide de ne plus jamais retourner à l’école de sa vie.

Les années passent, elle grandit, apprivoise son père. Une certaine complicité naît entre eux. Il l’emmène à la pêche. Elle passe ses journées à observer la nature, donner à manger aux oiseaux.

Et en 1956, son père ne rentre plus. Elle n’a plus d’argent pour acheter de quoi se nourrir.

« Non, je ne peux quand même pas abandonner les mouettes, les goélands, le héron et la cabane. Le marais est ma seule famille. »

Alors elle s’organise, prend le bateau de son père et revend sa pêche de moules à Jumping, un Noir. Le seul adulte qui l’aidera. En échange de sa pêche, il lui donne de la nourriture et de l’essence pour le bateau. Elle vit ainsi toute seule et devient une sorte de légende, « la fille des marais ». Elle est différente, on se méfie d’elle.

Un garçon, un ancien camarade de Jodie, viendra la voir de temps en temps. Ils partagent la même passion pour les oiseaux et le marais. Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire. Il y a aussi de nombreux passages sur la ségrégation raciale, ou la suprématie des hommes sur les femmes aux Etats-Unis à cette époque.

Les chapitres sur Kya alternent avec des chapitres sur une enquête. En 1969, on retrouve un homme mort, Chase Andrews, la coqueluche de Barckley.

Si j’ai beaucoup aimé les passages sur la nature et le marais, j’ai trouvé l’histoire un peu poussive. J’ai failli abandonner la lecture, mais comme mes collègues me l’avait recommandé, j’ai poursuivi. Heureusement la fin du roman m’a réconciliée avec l’auteure. En tout cas Kya est attachante et vous aurez certainement envie d’en savoir plus sur cette étonnante femme lorsque vous l’aurez découverte.

Note : 3.5 sur 5.

Il est des hommes qui se perdront toujours / Rebecca Lighieri

Quelle claque ! Alors celui-ci est un énorme coup de cœur !

Mais ça ne m’étonne pas trop, puisque je vois qu’en fait Rebecca Lighieri est Emmanuelle Bayamack-Tam, ceci explique cela !

Ce roman est l’histoire d’une famille racontée par l’aîné des enfants, Karel. Il a une sœur, Hendricka et un frère, Mohand.

« Nous étions trois à avoir été décapités dès l’enfance, trois à qui on avait refusé tout épanouissement et toute floraison, trois à n’être rien ni personne. »

Karel consulte un hypnothérapeute pour se débarrasser de ses addictions et c’est depuis ce divan qu’on apprend tout depuis ses 7 ans, 6 ans pour Hendricka, Mohand n’est pas encore né. Nous sommes dans une cité à Marseille dans les années 80.

Le père s’appelle Karl Claeys, d’origine belge, c’est un bel homme, accro aux drogues dures, toujours à la recherche d’un plan lucratif.

La mère, Loubna, est d’origine kabyle. Elle a un strabisme. Elle est totalement dévouée à son homme.

Les enfants n’aiment pas rester seuls avec le père. Il peut s’énerver pour un rien.

Karel et Hendricka sont deux magnifiques enfants. Karl va les trainer de castings en castings pour essayer de faire d’eux des poules aux œufs d’or, ne connaissant pas la loi protégeant les mineurs de la vénalité de leurs parents. Il espère en faire les nouveaux Michaël Jackson et Céline Dion, mettant à l’abri du besoin toute la famille, alors que les enfants ne mangent pas toujours à leur faim.

« J’ai sept ans, mais je sais déjà à quoi peuvent servir les cuillers. J’ai sept ans, mais je m’y connais en drogues dures – je m’y connais en dureté tout court, d’ailleurs. »

Mohand arrive suite à un accident de contraception. Il pleure tout le temps, il est chétif, a la lèvre fendue, un strabisme, du duvet. On le considère comme trisomique. Le père voulait qu’elle avorte. La mère lui a tenu tête. Il n’aime pas Mohand. Il y a une scène terrible où le père tient le bébé au-dessus du balcon, prêt à le jeter dans le vide.

Bref, vous voyez l’ambiance ! Ce n’est pas joyeux chez les Claeys, les coups et les cris pleuvent, encore plus pour Mohand.

Heureusement il y a les copains qui permettent de sortir et de s’évader. Karel a un camarade d’école gitan, Rudy, qui partage son goûter avec lui. Karel va tomber amoureux de la sœur de Rudy, la belle Shayenne. Ils se promettent amour et fidélité, c’est le début d’une longue histoire tumultueuse. Le trois enfants Claeys passent dès lors tout leur temps libre avec les gitans, dans leur camp appelé « Le Passage ». On les voit grandir, évoluer. Même si Karel est le narrateur et personnage principal, les personnages de Hendricka et Mohand sont tout aussi denses.

Voilà pour le contexte, je vous laisse découvrir l’histoire terrible de cette famille, qui comme vous vous en doutez finira mal.

J’ai aimé cette plongée dans une époque de Marseille, avec son argot. J’aime beaucoup l’écriture de cette auteure, je n’ai pas pu lâcher le roman avant sa fin. Digne d’un scénario de film, avec des rebondissements, une énergie, une urgence à vivre, à raconter.

Je vous recommande vivement sa lecture !

« L’espérance de vie de l’amour, c’est 8 ans. Pour la haine, comptez plutôt 20 ans. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée. »

Note : 5 sur 5.

La rentrée littéraire d’hiver 2021

Voici ma sélection en cette rentrée littéraire francophone bien chargée !

« 493 romans paraissent en janvier et février, soit 2,5% de plus par rapport aux 481 nouveautés du début 2020, avec une hausse particulièrement marquée des fictions françaises (+3%). »

« Pour la deuxième année consécutive, le nombre de primo-romanciers est en baisse : 63 vivront en janvier et février leur baptême du feu (-11,3%). »

source : Livres Hebdo

Mes chouchous, repérés, notés, achetés ou bientôt dans ma PAL :

Ils ont l’air bien tentant, à découvrir :

Les incontournables :

Celui dont tout le monde parle et qui me paraît indispensable/nécessaire, tout comme celui de Vanessa Springora, afin que les victimes osent parler :

Après « Les impatientes », je surveille de près les parutions des éditions Emmanuelle Collas :

Retrouvez mes lectures/chroniques de la rentrée littéraire d’hiver sur le blog :

Le mal-épris / Bénédicte Soymier

Deuxième lecture de cette rentrée littéraire d’hiver, une lecture en apnée pour ce premier roman écrit par Bénédicte Soymier alias « Au fil des livres » sur Instagram où elles partagent ses lectures depuis un moment.

Elle nous raconte la vie de Paul. Voici l’incipit : « Paul n’est pas beau ». Ça commence fort ! Les phrases sont courtes. Le style direct nous touche en plein cœur.

Paul porte ce physique ingrat depuis toujours. La blessure est profonde, depuis l’enfance.

« C’est injuste et douloureux, chaque jour, chaque heure, cette laideur portée en fardeau. »

« Paul encaisse. Et se brise. »

Il travaille à la Poste. Il est toujours poli et avenant. Mais tout cela est une façade qui va craqueler au fur et à mesure avec les femmes de sa vie, en laissant apparaître une colère de plus en plus incontrôlable. Je ne vous en dévoile pas trop sur sa famille, sachez juste qu’il a un frère et deux sœurs, dont l’une qu’il voit régulièrement.

Il rencontre Mylène, sa voisine de palier. Elle est belle. Il devient obsédé par elle. Il l’épie et commence à remplir des carnets sur ses habitudes. Tous les soirs, il se poste à côté des boîtes-aux-lettres dans l’entrée de l’immeuble, à l’heure où elle rentre, afin de la voir et peut-être de lui parler. Et puis un soir, il ose l’inviter à boire un verre chez lui. Elle n’ose pas dire non et c’est ainsi que commence leur aventure qui se finira rapidement de façon abrupte. Une rupture, un refus qu’il aura du mal à encaisser, sombrant dans la dépression.

La deuxième partie du roman s’ouvre avec la rencontre d’Angélique. Elle effectue un contrat au guichet de la poste. Elle est petite, un peu ronde mais sexy et surtout rayonnante. Elle est mère célibataire et espère enfin sortir des petits boulots et galères. Mais elle a une fâcheuse habitude : vouloir sauver les gens.

Paul l’observe, la suit et tombe amoureux. Il se reprend en main, fait de la musculation afin de lui plaire et tente d’oublier Mylène. « Angélique sera son baume ».

Angélique n’est pas dupe mais elle a envie d’y croire à cette histoire d’amour. On assiste, la boule au ventre, à la chute de cet homme, à la montée de sa violence et surtout à la destruction d’Angélique. Avec ses mots, ses remarques blessantes quotidiennes, puis c’est une autre forme de violence qui explose dans les crises de folie et de colère.

Je m’arrête là et vous laisse découvrir ce roman glaçant et la troisième partie tout aussi surprenante. Ce qui est intéressant c’est que l’auteure nous donne le point de vue de celui qui bat, ce qui est rare. On a plutôt le point de vue des victimes habituellement. L’auteure précise bien en introduction que rien n’excuse la violence. Il y a aussi le regard des hommes sur les femmes, dérangeant.

Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy pour cette lecture inoubliable.
Merci Bénédicte Soymier d’avoir pris la plume (ou le clavier) pour raconter cette histoire.

Note : 4 sur 5.

Mauvaises herbes / Dima Abdallah

Ce premier roman nous plonge dans le quotidien d’une famille à Beyrouth en 1983, donc au Liban en pleine guerre civile.

Le chapitres alternent entre la voix de l’enfant puis la voix de l’adulte. Chacun apporte son point de vue, ses sentiments, la façon dont il vit tout cela.

C’est un récit poignant, vu avec les yeux d’une enfant de 8 ans. Elle va avec la peur au ventre à l’école. Elle espère qu’on ne lui pose pas la question incontournable à laquelle elle ne sait répondre : de quelle confession est-elle ? chrétienne ou musulmane ? Elle n’est ni l’une, ni l’autre. Ses parents ne croient pas en Dieu. La famille de sa mère est un peu chrétienne et celle de son père un peu musulmane.

Selon la situation, sa mère montre ses papiers chrétiens ou musulmans. Elle est journaliste et professeure de français. Elle rentre souvent tard. C’est donc son père, écrivain, qui s’occupe d’elle et de son petit frère.

Elle essaie d’écrire des poèmes comme son père. Elle aime arroser les plantes sur le balcon avec lui. C’est son modèle, « son géant ».

« La poésie c’est peut-être ce qu’on écrit quand on n’arrive pas à pleurer comme les autres. »

Elle est différente des autres enfants. Elle est sensible. Elle a du mal à s’adapter à l’école dont elle ne comprend pas les règles. « Je suis un cube qu’on essaye de faire entrer dans le monde rond du matin au soir. »

Et un soir, elle n’arrive plus à effacer, oublier les moments difficiles de sa vie, la peur des bombes, des contrôles, les valises prêtes pour fuir à tout moment. C’est sa première crise d’angoisse. Son père impuissant, ne sait comment la rassurer. « J’aurais voulu être fort, et être fort, ici, c’est tuer, c’est torturer. »

Trois ans plus tard, elle part pour Paris avec sa mère et son frère, laissant son père au Liban.

Elle raconte alors sa vie à Paris, les choses qu’elle aime bien comme la bibliothèque de la rue Mouffetard où elle passe la majeure partie de son temps à lire des BD et des romans. Peu à peu elle oublie les mots arabes et ne parle plus qu’en français, elle perd son identité. On la voit ainsi grandir, abandonner l’école, partir pour se perdre alors que les crises d’angoisses sont toujours présentes. Père et fille n’arrivent pas à se parler, ils s’écrivent. Il boit beaucoup. On assiste à sa lente chute.

Un texte délicat, plein de grâce et de poésie, bouleversant. Elle a reçu le prix « envoyé par la Poste » 2020.

« la mémoire est une affaire délicate. La mémoire, c’est peut-être bien ce qu’il y a de plus important, c’est ce qui définit en grande partie toute humanité. » 

Note : 4.5 sur 5.

Chicago / Marion Richez

Le lecteur découvre Ramona, une jeune femme venue d’Europe pour enseigner à Chicago. Elle est solitaire, a du mal à s’adapter et s’intégrer. Elle va rencontrer un jeune homme lors d’un concert à l’opéra, Jon.

Jon est garagiste, lui aussi est enfermé dans sa solitude et sa difficulté à aller vers les autres, sorte de timidité. Il va faire la connaissance de Suzanne, esthéticienne, la cinquantaine.

Et puis les trois personnages vont sortir ensemble un soir et ensuite passer tous leurs week-ends ensemble. Ramona et Jon pourrait être amoureux l’un de l’autre mais sans la présence de Suzanne ils n’arrivent pas à se parler, à être ensemble.

On les suit donc tous les trois dans leur découverte de la ville de Chicago pendant un an, jusqu’au jour où Ramona retourne dans son pays et où Suzanne part sans prévenir, rattraper par son secret qu’elle ne veut pas révéler à Jon et Ramona.

J’ai bien aimé aussi le personnage de Josepha, une cliente de Suzanne, qui se sent revivre après chaque manucure. Les mains de Suzanne ont une « chaleur guérisseuse ».

Un roman sur l’amitié, très court (135 pages), tout en délicatesse, avec des personnages attachant. A découvrir !

Note : 4 sur 5.

Sale bourge / Nicolas Rodier

Le roman s’ouvre d’emblée sur le « dénouement ». Pierre, 33 ans, sort du tribunal. Il vient d’être condamné à 4 mois de prison avec sursis pour violence conjugale, assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois et d’une injonction de soins.

Ensuite l’auteur tente de nous expliquer comment le personnage en est arrivé là. Pierre nous raconte son enfance, ses souvenirs douloureux lorsque sa mère le gifle et lui hurle dessus. Il est né en 1983 et il est l’aîné d’une fratrie de 6 enfants. Certaines scènes familiales se reproduisent à l’identique chez ses cousins-cousines. L’héritage familial pèse lourd Il y a des non-dits, des secrets de famille.

Pierre grandit dans un milieu catholique bourgeois où les blagues racistes sont monnaie courante. Son père travaille beaucoup. C’est sa mère qui s’occupent d’eux, mais elle s’avoue fatiguée. Elle aimait beaucoup son grand-père maternel décédé trop tôt et pleure à chacune de ses évocations.

Pierre est premier de sa classe, il obtient le prix d’excellence à la fin du CM1. Ses parents ont des ambitions pour lui, qu’il n’a pas. Son adolescence sera marquée par l’alcool et la drogue. Je vous laisse découvrir la suite par vous-même. Mais les frères et sœurs de Pierre sont eux aussi très marqués par leur éducation. Olivier, le cadet de 3 ans de Pierre, sera hospitalisé en psychiatrie pour dépression sévère et anorexie mentale.

Bref une ambiance pas très joyeuse, Pierre est sujet aux angoisses. Il se résoudra à aller voir un psychiatre. Il connaîtra des moments de bonheur et d’apaisement avec Maud qu’il épousera. Avant d’être rattrapé par son agressivité.

Certaines phrases vous glacent le sang. Le père dira notamment « La famille, c’est comme une meute, c’est fait pour se serrer les coudes ». Ou encore « Les problèmes on les règles en famille, pas avec la police ! » Aucun écart ne sera toléré, tout sera relevé et critiqué. Comment grandir et se construire dans cette atmosphère familiale étouffante ? Impossible pour Pierre et sa fratrie de s’en sortir indemnes. Ils seront tous névrosés.

Une policière lui dira « Vous savez, les enfants battus reproduisent souvent de la violence dans leur vie d’adulte. » Est-ce que cela peut excuser sa violence ? C’est le juge qui répondra à cette question : « personne, en aucun cas, ne mérite d’être frappé. »

Un roman intéressant mais qui n’est pas un coup de cœur pour moi. L’écriture est simple et directe, elle sert bien le propos.

Et vous, l’avez-lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Note : 3.5 sur 5.

L’atelier des sorciers / Kamome Shirahama

Avec ma fille, nous entamons une lecture commune d’une série de mangas.
Nous avons déjà dévorés les 3 premiers tomes, il y en a 7 pour l’instant et la série n’est pas terminée.
Fans de Harry Potter, ce manga devrait vous plaire 😉
Il est question de magie ✨
Une jeune fille, Coco, achète un livre de magie à un drôle d’homme. Elle est fascinée par la magie mais elle n’est pas une sorcière. Dans son monde, on né sorcier ou on ne l’est pas.
Un jour elle tente de reproduire un des dessins du livre et sa vie s’en trouve chamboulée. Le sorcier Kieffrey la prend alors sous son aile ou plutôt comme apprentie afin de lui apprendre à maîtriser la magie et inverser le sort interdit qu’elle a jeté.
Ici les sorts sont dessinés avec une plume sur une feuille. Chaque symbole, trait a une signification.
J’ai surpris ma fille avec son stylo à encre essayant de reproduire les dessins dans son cahier 🤣
Bref on est à fond ! 💕

Note : 5 sur 5.