Ce matin-là / Gaëlle Josse

En couverture, l’éditeur a noté cette phrase de l’auteure : « J’ai voulu écrire un livre qui soit comme une main posée sur l’épaule. » Et c’est exactement ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman.

Gaëlle Josse raconte comment un matin, « ce matin-là », Clara n’a pas pu aller travailler. Contrairement aux jours précédents, sa voiture n’a pas démarré et puis elle n’a plus eu la force de rien. Elle est en « burn-out » ou « épuisement professionnel » pour parler français. Elle se rend chez son médecin. Quand il l’interroge sur la raison de sa venue, elle raconte entre deux sanglots comment son travail est devenu un enfer pour elle. Son médecin la met en arrêt 2 semaines pour commencer en lui disant de prendre son temps. Les semaines deviennent des mois.

Le roman raconte les difficultés de Clara au quotidien pour se lever, manger, sortir. Tout l’épuise. Elle dort beaucoup. Mais jamais le narrateur ou la narratrice ne juge Clara. Peu à peu elle s’isole de sa famille, de son petit ami Thomas, de ses collèges et amis. Elle refuse de prendre les médicaments prescrits par le médecin. Le rythme est lent.

« Ensablée. Elle se dit que oui, c’est ça, elle se sent ensablée, engluée, et il va bien falloir s’en sortir.
Que faire des jours, que faire du temps, de ces journées qui s’étirent, sans saveur et sans parfum ? »

Le roman est divisé en 5 parties, chacune introduite par un extrait de comptine. Dans l’avant-dernière partie, son amie d’enfance l’appelle. A elle, elle ne peut pas lui mentir.

« Cécile ne savait pas, pour Clara. Elle lui a arraché les mots, avec patience, pour comprendre. Tu ne vas pas rester comme ça, dans tes trente-cinq mètres carrés, vue sur parking, à regarder pousser ta plante verte. Tu viens à la maison, tu restes le temps que tu veux. Prends le train si tu ne tiens pas à conduire, j’irai te chercher à la gare. Et ne discute pas. C’est comme ça.
Clara laisse échapper un d’accord qui la surprend et la soulage. »

On assiste ensuite à la lente reconstruction de Clara auprès de Cécile et de sa famille. Son amie l’aidera à se poser les bonnes questions. Le lecteur découvre au fur et à mesure l’enfance, la famille de Clara et son emploi dans une agence bancaire. Clara est perfectionniste. Elle fait passer son travail en premier et subit la pression managériale.

J’ai vu des avis très partagés sur Instagram. Pour ma part, j’ai aimé retrouver l’écriture de Gaëlle Josse. J’ai trouvé ce roman moins fort que celui que j’avais lu et adoré, « Une longue impatience ». Le sujet n’est pas facile mais n’ayant pas fait de burn-out je ne peux vous dire si l’histoire est réaliste ou non. J’imagine que chaque dépression est différente, qu’il n’y a pas qu’une seule façon d’être en burn-out. J’ai trouvé l’angle de vue intéressant : le non-jugement, les sentiments et le ressenti de Clara. L’amitié entre Cécile et Clara est belle. La quatrième partie est pleine d’émotions et d’espoirs. En résumé, une lecture que j’ai appréciée mais pas un gros coup de cœur.

Note : 4 sur 5.

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