La nappe blanche / Françoise Legendre

Ce roman n’est pas une nouveauté, je l’ai découvert à l’occasion du prix C’est facile de lire, organisé par des collègues. L’édition est destinée au public jeunesse mais comme beaucoup de romans jeunesse, il peut également être lu par des adultes. D’ailleurs, il m’arrive souvent de lire des romans pour ados. J’ai bien aimé la série de Marie-Aude Murail, « Sauveurs et fils » dont le 6ème tome vient de sortir et que je ne vais pas tarder à lire et chroniquer par ici ! Parmi les auteurs écrivant aussi bien pour les enfants que pour les adultes, il y a Timothée de Fombelle, Marie-Sabine Roger, Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux, que des auteurs que je vous recommande bien évidemment.

« La nappe blanche » est un petit roman par sa taille (collection petite poche) et son nombre de page (45), mais possède de nombreuses qualités 🙂

Tout commence en 1910, lorsque Jeanne brode une nappe blanche en lin pour le mariage de sa petite-fille Anna et de Jean. Cette nappe va traverser l’histoire familiale et celle de la France jusqu’en 2014. On assiste à des moments de bonheur touchants mais aussi à des moments plus difficiles lors de la 1ère et 2ème guerre mondiale. Une belle leçon de transmission à travers cette histoire intergénérationnelle qui ne vous laissera pas indifférent. L’écriture est à la fois simple et poétique, les mots sonnent justes.

Si vous souhaitez d’autres idées de lecture, je vous ajoute ci-dessous la sélection du prix :

  • La plus précieuse des marchandises / Jean-Claude Grumberg (Seuil)
  • L’histoire de Sam ou l’avenir d’une émotion / Jean-Marc Parisis (Flammarion)
  • Une prière à la mer / Khaled Hosseini, illustré par Dan William (Albin Michel)
  • Histoire d’une baleine blanche / Luis Sepulveda (Métailié)
  • Petits portraits de très grandes personnes / Barbara Constantine, illustré par Cécile Gillet (Calmann-Levy)
  • L’homme qui plantait des arbres / Jean Giono (Gallimard)
  • Epices et sentiments / Vincent Engel (Weyrich édition)
  • Maman / Hélène Delforge, illustré par Quentin Gréban (Mijade)
  • Journal d’un enfant de Lune / Joris Chamblain, illustré par Anne-Lise Nalin (Kennes éditions)

C’est une sélection de livres pour des personnes ayant des difficultés de lecture ou souhaitant une lecture facile, rapide. Une démarche de plus en plus proposée dans les bibliothèques sous l’appellation « Facile à lire » pour faciliter l’accès aux livres. Ces livres répondent à certains critères : avoir moins de 200 pages, un récit simple avec peu de mots composés, une typographie sans empattement, une pagination aérée, des chapitres courts et si possible des illustrations. En plus des romans, on y trouve des bandes dessinées, des albums, des livres de photos.

Note : 5 sur 5.

Chavirer / Lola Lafon

C’est l’histoire de jeunes filles de 12-13 ans issues de classes pauvres ou moyennes, abordées par la fondation Galatée dans les années 1980, qui leur promet une bourse pour réaliser leur rêve. Pour Cléo ce sera la danse.

Cléo rencontre Cathy à son cours de danse. Cathy la prend sous son aile, l’emmène visiter des musées, lui offre des cadeaux. Cathy propose à Cléo d’appuyer son dossier auprès de la fondation. Ensuite Cléo doit passer des entretiens à Paris, sans Cathy. Elle s’y rend, déjeune en compagnie d’hommes qui lui posent des questions, s’intéressent à elle. Cléo se sent flattée, jamais on ne lui a porté autant d’attention. Elle reçoit même de l’argent pour être venue à cet entretien. Alors elle passe un second entretien mais qui va la marquer à jamais. Cathy lui annonce qu’elle n’aura pas la bourse mais qu’elle peut l’aider et devenir son assistante. Son rôle sera de repérer d’autres talents comme elle, qui aimeraient réaliser leur rêve grâce à la fondation. Un travail rémunéré bien entendu. Les parents de Cléo disent oui à tout, ne se méfient pas. Cléo devient donc recruteuse dans son collège et dans les collèges voisins et approvisionne en jeune fille des quinquagénaires.

Cléo ne se perçoit pas comme une victime, au contraire elle pense que tout est de sa faute, qu’elle n’a pas eu assez de maturité pour contenter l’homme de la fondation. Elle poursuivra son rêve sans la fondation et deviendra danseuse de revue pour l’émission « Champs Elysées » de Michel Drucker.

Cléo nous plonge dans le milieu de la danse et des paillettes mais côté coulisses. On ressent toute la douleur subit par son corps répétition après répétition.

Dans le roman, plusieurs voix s’entrecroisent pour raconter la vie de ces jeunes filles (Cléo et Betty), leurs difficultés à se (re)construire après ce traumatisme ou encore l’impossibilité d’oublier.

Quelques années plus tard, en 2019, deux jeunes femmes recherchent les victimes de la fondation Galatée. Elles souhaitent faire un documentaire. Cléo et toutes les autres filles oseront-elles affronter leur honte et leur culpabilité pour témoigner ?

Ce roman est construit d’une main de maître, difficile de le lâcher. On s’attache à ces jeunes filles et certains passages sont bouleversants. Il n’y a pas de mots crus, les scènes d’attouchement ou de viol sont suggérés. Un roman qui marquera les lecteurs, tout comme celui de Vanessa Springora, un roman essentiel.

Note : 4.5 sur 5.

Une rose seule / Muriel Barbery

Rose se rend au Japon suite au décès de son père qu’elle n’a pas connu, pour l’exécution de son testament. Elle a grandi avec sa mère et sa grand-mère en France. Sa mère ne voulait pas parler de son père. Elle l’a rencontré lors d’un voyage au Japon. La mère de Rose est morte, elle était dépressive et s’est suicidé. Rose a hérité du côté sombre et mélancolique de sa mère. Elle a 40 ans au moment où s’ouvre le roman. Son métier, botaniste, donne l’occasion de parsemer le roman de fleurs.

Elle arrive au Japon, dans la maison qui fut celle de son père et rencontre les personnes qui gravitaient autour de lui. C’était un marchand d’art riche. C’est son assistant, Paul, un belge, qui va lui servir de guide et d’interprète. Il l’emmènera chaque jour dans un autre endroit, un circuit imaginé par son père. Et il subira à chaque fois la mauvaise humeur de Rose, son aigreur. Mais Paul saura lui tenir tête et lui répondre intelligemment.

Sur une photo de son père enfant, elle voit son regard de glace et de feu. Elle a aussi cette colère qui l’habite. Moment troublant où elle réalise qu’elle a le même regard que son père.

Puis elle va découvrir le mur de photos que son père a construit année après année, en la faisant épiée. Rose est en quête d’identité. Elle ne sait pas qui elle est, ni ce qu’elle veut.

Elle va tomber amoureuse de Paul. Deux êtres tourmentés qui auront peur de leurs sentiments, d’aller vers la lumière.

Tous les personnages sont intéressants. L’auteur glisse aussi quelques traits d’humour en comparant un jardin de Kyoto à un bac de litière pour chat.

Ce roman fait appel à tous les sens. Je suis partie en voyage au Japon. J’avais l’impression de goûter la cuisine des restaurants japonais avec Rose, le thé, de sentir la sérénité des jardins zen et des temples, comme si j’y étais. Muriel Barbery a un don de pouvoir d’évocation. Ce petit livre est un pur moment de poésie. Gros coup de cœur. A peine refermé j’ai eu envie de le relire, de retrouver ces moments de grâce et d’élégance. Un petit bijou.

Note : 5 sur 5.

On fait parfois des vagues / Arnaud Dudek

La vie de Nicolas bascule après ses 10 ans lorsque ses parents lui annoncent que son père n’est pas son père biologique. Pour des raisons d’infertilité, ses parents ont eu recours à un don de sperme.

Nicolas a donc vécu sereinement et entouré d’amour jusqu’à son dixième anniversaire. Ensuite les doutes se sont immiscés. Il n’a pas de réel complicité avec son père. Ils ont des difficultés à se parler. Bref ils sont différents.

Il grandit, réussit ses études, passe des concours et devient inspecteur des impôts. Mais au bout de quelques années, il se pose beaucoup de questions sur ses origines. Il a du mal à trouver sa place. Ce qu’il aime, depuis tout petit, c’est écrire. Il a déjà proposé des manuscrits à des maisons d’édition mais sans succès. A l’âge de 30 ans, il décide de quitter son poste et de se consacrer à l’écriture.

Il va également mener des recherches pour retrouver son père biologique, ce qui n’est pas facile puisqu’un donneur reste anonyme. Malgré les difficultés administratives, il ne renoncera pas et trouvera un moyen d’en savoir plus sur cet homme.

Ce roman pose beaucoup de questions sur la paternité, la transmission et l’identité. Quel modèle Nicolas peut-il avoir sachant que son père n’est pas son « vrai » père ? Il y a de magnifiques passages sur l’enfance. J’ai eu envie de noter certaines phrases pour leur beauté ou leur trait d’humour.

C’est un roman court construit autour de chapitres courts. L’écriture est dynamique et Arnaud Dudek fait preuve d’autodérision malgré le sujet sensible. J’ai eu l’impression de partager une conversation avec Nicolas, un moment/récit intime. Les personnages sont attachants, même le père enfermé dans sa pudeur et les non-dits.

J’ai beaucoup aimé la fin, très belle, que je ne vous dévoilerai pas. Une lecture que je vous recommande.

Merci à Netgalley et aux éditions Anne Carrière pour ce beau moment de lecture.

Note : 4 sur 5.

« Apprendre son infertilité. L’admettre. Passer à autre chose. Faire le deuil de la paternité normale. Au royaume des certitudes, comment a réagi mon père ? […] Je n’ai jamais songé à aborder frontalement ces questions parce que je suis persuadé de ne rien obtenir ; si la certitude est un pays, l’esquive est un empire – et mon père maîtrise cet art aussi bien que le badminton. »

L’enfant céleste / Maud Simonnot

Ce roman raconte l’histoire de deux être fragiles, Mary et son fils Célian. Le petit garçon s’ennuie à l’école. Il est toujours dans la lune et agace son institutrice.

Mary sort d’une rupture amoureuse et traverse une dépression. Elle va décider de partir en voyage avec Célian à la poursuite de leur passion commune, l’astronome Tycho Brahe.

Ils vont s’installer dans la pension de Solveig, sur l’île suédoise de Ven. C’est sur cette île que Tycho Brahe vécut et réalisa la carte du ciel.

Leurs journées sont faites d’exploration de l’île sauvage, avec de magnifiques paysages, et de rencontres. A la pension séjourne également Des Esseintes, un professeur écrivant sur Shakespeare. L’île de Ven aurait inspiré « Hamlet » à Shakespeare. Et Mary soignera ses blessures avec Björn, un pêcheur, qui fait partie de la famille de Solveig.

Les chapitres sont courts et alternent entre la voix de l’enfant et de la mère. C’est un roman lent à l’écriture fluide, simple et douce, tout en poésie.

Maud Simonnot dépeint une magnifique relation mère-fils, tout en sensibilité. Les personnages sont attachants et leurs bonheurs sont simples. On assiste à la lente remontée à la surface de Mary qui se recherche sur cette île et se répare avec ses paysages et ses habitants.

Un magnifique roman qui ne vous laissera pas indifférent. C’est beau, à la fois lumineux et lunaire. L’occasion également d’en apprendre plus la vie de Tycho Brahe.

Merci aux autres explorateurs de la rentrée littéraire pour le partage de cette lecture.

Note : 4 sur 5.

La petite dernière / Fatima Daas

La jeune Fatima Daas publie son premier roman et c’est l’une des surprises de cette rentrée littéraire.

Un récit intime qui claque ! Chaque chapitre commence par « Je m’appelle Fatima Daas… », comme une litanie. Le roman monte en puissance au fur et à mesure. Et on découvre la narratrice, double de la romancière, en proie à ses contradictions.

Elle vit dans une famille musulmane pratiquante originaire d’Algérie. Elle habite à Clichy-sous-Bois. Elle fait des études et écrit. C’est une élève intelligente mais plutôt instable et elle devient une adulte « inadaptée ». Ses parents attendaient un garçon, c’est une fille.

Fatima est étouffée par le poids de sa culture où la sexualité et l’amour sont des tabous. Elle est homosexuelle et ne trouve pas les mots pour en parler à sa mère. Elle discute avec l’imam à la mosquée, en invoquant une amie qui se pose des questions. Elle va suivre une psychothérapie. Fatima se cherche, cherche sa place. Un roman court et intense, comme un coup de poing. Un texte puissant qui augure une belle carrière littéraire à Fatima Daas. Une écriture simple, précise et poétique. Indispensable pour la compréhension de notre société.

Elle a reçu le prix des Inrocks premier roman 2020.

Note : 4.5 sur 5.

Le top 10 des explorateurs de la rentrée littéraire 2020

Découvrez les 10 romans préférés des explorateurs de la rentrée littéraire sur Lecteurs.com ! Un palmarès quelque peu surprenant puisqu’on n’y trouve pas forcément les auteurs les plus connus ou les meilleures ventes du moment.

Littérature française

1. Marie-Sabine Roger, Loin-confins (Rouergue)
2. Caroline Deyns, Trencadis (Quidam)
3. Julia Kerninon, Liv Maria (L’Iconoclaste)
4. Adeline Fleury, Ida n’existe pas (François Bourin)
5. Victor Pouchet, Autoportrait en chevreuil (Finitude)

Littérature étrangère

1. Richard Russo, Retour à Martha’s Vineyard (La Table Ronde)
2. Maya Angelou, Rassemblez-vous en mon nom (Notabilia)
3. Colum McCann,  Apeirogon (Belfond)
4. Barbara Kingsolver, Des vies à découvert (Rivages)
5. Yaa Gyasi, Sublime Royaume (Calmann-Lévy)

Ce classement annonce également la fin d’une belle aventure littéraire et humaine pour moi, puisque ma mission d’exploratrice se termine. J’ai adoré participé à ce groupe de lecteurs passionnés, animé par la merveilleuse Karine Papillaud. J’espère pouvoir renouveler cette expérience l’année prochaine.

En quoi consiste la mission d’un explorateur de la rentrée littéraire ?

J’ai reçu 4 livres par la Poste cet été. La chance était de mon côté, car contrairement à d’autres explorateurs, tous mes livres sont bien arrivés à destination en temps et en heure ! Karine Papillaud avait sélectionné 100 romans et m’en a attribués 4 selon mes préférences.
J’ai reçu :
> Loin-Confins / Marie-Sabine Roger (Rouergue)
> Requiem pour une apache / Gilles Marchand (Aux forges de Vulcain)
> Sublime royaum / Yaa Gyasi (Calamnn-Levy)
> A la première étoile / Andrew Meehan (Joëlle Losfeld éditions)

Une belle sélection qui m’a permis de découvrir des auteurs. Au bout des 100 premières pages, nous avons publié un premier avis, très court pour donner nos impressions. A la fin de chaque roman, j’ai rédigé une chronique que j’ai envoyé à Karine Papillaud pour relecture. Et nous avons attendu le top départ sur le groupe Facebook pour publier les chroniques sur le site Lecteurs.com fin août.

Une fois nos lectures terminées nous avons prolongé les échanges en nous envoyant les livres entre explorateurs.
J’ai donc pu encore lire :
> Elle a menti pour les ailes / Francesca Serra (Anne Carrière)
> Une bête aux aguets / Florence Seyvos (Editions de l’Olivier)
> L’enfant céleste / Maud Simonnot (Editions de L’Observatoire)
> La danse du vilain / Fiston Mwanza Mujila (Métailié)

Restait une dernière étape, donner une note sur 30 aux livres que nous avions lus et imaginer les questions que nous aimerions poser aux auteurs. Merci à tous les explorateurs pour vos échanges de livres, vos partages de chroniques et votre solidarité face à la boîte aux lettres vide ! Merci à Karine Papillaud, Aline Amoros et Lecteurs.com pour avoir orchestré tout cela. Rendez-vous lundi 26 octobre pour l’interview de notre N°1, Marie-Sabine Roger, par Karine Papillaud dans le cadre des rencontres « Un endroit où aller ».

La discrétion / Faïza Guène

Je suis cette auteure depuis son premier roman en 2004, « Kiffe kiffe demain », que j’avais beaucoup aimé. Les primo-romanciers ont souvent la pression avec la sortie d’un deuxième roman. Et je dois dire que Faïza Guène m’embarque à chaque nouveau roman. Elle a un style particulier, presque parlé mais tout en restant bien écrit, et de l’humour ou une certaine autodérision pour parler de sujets difficiles.

Dans ce nouveau roman, les chapitres alternent entre deux temporalités : la vie de Yamina, née à Msirda en Algérie en 1949 et la vie de Yamina aujourd’hui à Aubervilliers.

Yamina a vécu une enfance difficile, pauvre. Son père, résistant, était parti au combat. Elle aurait voulu aller à l’école et étudier mais son père avait besoin d’elle pour subvenir aux besoins de la famille. Alors elle s’est occupée de ses petits frères, du jardin collectif et elle a été couturière. Jusqu’à ce que son père se résolve à la marier avant qu’elle ne deviennent une vieille fille.

Elle est mariée à Brahim, un homme qu’elle ne connaît, plus âgé qu’elle qui a émigré en France pour y travailler (mines, chantiers). La voilà donc séparée de sa famille, de son père qu’elle admire et de sa terre. Son arrivée en France n’a pas le goût de paradis. Ils vivent dans des immeubles insalubres mais elle ne se plaint pas.

C’est le portait d’une femme forte et courageuse mais qui restera discrète toute sa vie. Yamina veut que ses enfants réussissent, qu’ils ne manquent de rien. Elle a quatre enfants, trois filles et un garçon.

Omar est le petit dernier. Il est chouchouté par sa mère. Il est chauffeur VTC, habite toujours chez ses parents à 30 ans. Au fur et à mesure du roman, on découvre les 3 filles également, Malika, Hannah et Imane. On ressent le poids de la culture des parents sur les enfants. Leur peur de décevoir leurs parents. Pourtant, aucun des quatre n’a mal tourné. Le père est un bon mari, il n’est pas violent. La religion est aussi un thème évoqué dans le livre.

Un roman où il est question de transmission, de liberté, d’intégration. Comment toute une génération d’enfants français issus de parents immigrés tente de trouver sa place dans la société. Ils ne se sentent nulle part chez eux. La mère leur transmet toute sa colère contenue en leur disant de rester discrets lors de toutes les petites humiliations vécues au quotidien. Cette colère ressortira chez Hannah.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Faïza Guène raconte l’histoire de cette famille, son intimité, avec une part certainement autobiographique. En tout cas un bel hommage. J’ai bien aimé également le regard tendre entre le mari et la femme : les petites attentions de Brahim, le jardin familial, les « Benti ». J’ai ressenti tout l’amour de Yamina pour ses enfants, mais aussi tout l’amour et le respect des enfants pour leurs parents. Il y a de très beaux passages sur l’enfance de Yamina en Algérie.

Un très beau roman qui m’a touchée et dont je vous conseille la lecture.

Note : 4.5 sur 5.

Noir volcan / Cécile Coulon

J’ai découvert cette jeune romancière et poétesse avec son roman « Une bête au paradis », paru en 2019 aux éditions L’Iconoclate, que j’ai beaucoup aimé.

Et j’ai vu par la suite qu’elle avait eu en 2018 le prix Apollinaire et le prix SGDL (Société des gens de lettres) révélation de poésie pour son recueil « Les ronces » au Castor Astral, que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire.

Donc quand je suis tombée sur ce recueil paru en début d’année, je me suis précipitée pour le lire.

Cécile Coulon écrit des poèmes tout le temps, tous les jours. C’est un besoin chez elle. Vous trouverez d’ailleurs sur son compte Facebook des poèmes publiés très régulièrement : https://www.facebook.com/coulon.cecile

Elle parle de son quotidien, de ses amours et de sa région, l’Auvergne.

J’ai aimé plonger dans son univers. Ce ne sont pas des poèmes « classiques ». Ils sont très contemporains et certains plein d’humour. Des poèmes qui sont le reflet d’une jeune femme d’aujourd’hui.

J’aimerais lire plus de poésie, mais souvent j’ai une belle pile de romans qui m’appelle. Je trouve de chouettes idées de lecture sur le compte Instagram de Devoratrix Libri, le #lundipoésie. Elle est souvent de bons conseils pour les romans également, je vous recommande son blog 😉

Voici un extrait d’un poème « Le nouveau monde et après » :
« Ayant pour seule consolation la lumière à l’aube
sur les volcans endormis.
je chemine lentement, contournant mes propres colères,
des ampoules humides sous les doigts et les orteils,
mon vieux cœur boursouflé de souvenirs :
il est l’heure de se taire.
D’écrire un peu.
Et le reste appartient au nouveau monde. »

Note : 4 sur 5.

Histoire du fils / Marie-Hélène Lafon

Autant vous prévenir tout de suite, je ne serai pas objective concernant les romans de Marie-Hélène Lafon. C’est l’une de mes auteurs « chouchou » ! J’ai presque lu tous ses livres. Et je sais que je peux acheter les yeux fermés tous ses nouveaux romans. J’ai eu la chance de la rencontrer en 2015 dans une bibliothèque lors d’une rencontre-dédicace. Elle est juste incroyable ! tellement habitée par ses romans. D’ailleurs vous pouvez la voir ou la revoir en ce moment sur la page Facebook des éditions Buchet-Chastel : https://www.facebook.com/editionsbuchetchastel

Ce roman, contrairement aux précédents, a une chronologie assez particulière. Il n’est pas linéaire. On saute d’une époque à une autre, on revient dans le passé. Bref, tous ces allers-retours peuvent être un peu déroutants pour le lecteur. Mais Marie-Hélène Lafon a une bonne raison d’agir ainsi. Elle distille des éléments au fur et à mesure pour nous permettre de comprendre l’histoire de cette famille, son secret. Le roman débute en 1908 à Figeac.

Marie-Hélène Lafon nous raconte une histoire vraie, arrivée à des amis, celle d’André, le fils de Gabrielle. André ne grandit pas auprès de ses parents. Il est élevé par sa tante, Hélène, et Léon son mari, à la campagne, avec ses trois cousines. Sa mère, Gabrielle, vient le voir à chaque vacance. Elle arrive de Paris par le train avec sa valise, son parfum et ses toilettes. Son père, il ne le connaît pas.

André est heureux avec sa tante. Il reçoit beaucoup d’amour et d’affection de toute la famille. Mais peu à peu, il ressent le manque de son père. C’est vers l’âge de 40 ans, qu’il va vouloir en savoir plus.

Tous les romans de Marie-Hélène Lafon se passent à la campagne. Elle a une écriture sobre et précise. Chaque mot est bien choisi, pesé. Je ne me lasse pas de son écriture. Un vrai bonheur de la retrouver à chaque fois. Ses personnages sont attachants.

J’ai bien sûr adoré ce roman captivant et je vous le recommande. Si vous ne connaissez pas encore les romans de Marie-Hélène Lafon, foncez à la librairie ou à la bibliothèque !

Note : 5 sur 5.