Chavirer / Lola Lafon

C’est l’histoire de jeunes filles de 12-13 ans issues de classes pauvres ou moyennes, abordées par la fondation Galatée dans les années 1980, qui leur promet une bourse pour réaliser leur rêve. Pour Cléo ce sera la danse.

Cléo rencontre Cathy à son cours de danse. Cathy la prend sous son aile, l’emmène visiter des musées, lui offre des cadeaux. Cathy propose à Cléo d’appuyer son dossier auprès de la fondation. Ensuite Cléo doit passer des entretiens à Paris, sans Cathy. Elle s’y rend, déjeune en compagnie d’hommes qui lui posent des questions, s’intéressent à elle. Cléo se sent flattée, jamais on ne lui a porté autant d’attention. Elle reçoit même de l’argent pour être venue à cet entretien. Alors elle passe un second entretien mais qui va la marquer à jamais. Cathy lui annonce qu’elle n’aura pas la bourse mais qu’elle peut l’aider et devenir son assistante. Son rôle sera de repérer d’autres talents comme elle, qui aimeraient réaliser leur rêve grâce à la fondation. Un travail rémunéré bien entendu. Les parents de Cléo disent oui à tout, ne se méfient pas. Cléo devient donc recruteuse dans son collège et dans les collèges voisins et approvisionne en jeune fille des quinquagénaires.

Cléo ne se perçoit pas comme une victime, au contraire elle pense que tout est de sa faute, qu’elle n’a pas eu assez de maturité pour contenter l’homme de la fondation. Elle poursuivra son rêve sans la fondation et deviendra danseuse de revue pour l’émission « Champs Elysées » de Michel Drucker.

Cléo nous plonge dans le milieu de la danse et des paillettes mais côté coulisses. On ressent toute la douleur subit par son corps répétition après répétition.

Dans le roman, plusieurs voix s’entrecroisent pour raconter la vie de ces jeunes filles (Cléo et Betty), leurs difficultés à se (re)construire après ce traumatisme ou encore l’impossibilité d’oublier.

Quelques années plus tard, en 2019, deux jeunes femmes recherchent les victimes de la fondation Galatée. Elles souhaitent faire un documentaire. Cléo et toutes les autres filles oseront-elles affronter leur honte et leur culpabilité pour témoigner ?

Ce roman est construit d’une main de maître, difficile de le lâcher. On s’attache à ces jeunes filles et certains passages sont bouleversants. Il n’y a pas de mots crus, les scènes d’attouchement ou de viol sont suggérés. Un roman qui marquera les lecteurs, tout comme celui de Vanessa Springora, un roman essentiel.

Note : 4.5 sur 5.

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