Festi’Mots 2024

C’était mon 1er Festi’Mots alors que c’était déjà la 7ème édition. Mais qu’est-ce que c’était bien. Le déplacement en valait le coup.

Merci aux 68 premières fois qui m’ont donné envie d’y aller avec leurs « tu connais Festi’Mots ? Il faut absolument y aller, c’est génial ! », notamment Magali qui malheureusement n’était pas là cette année. On va dire qu’une Alsacienne en remplace une autre !

Dès le trajet en bus pour se rendre de Lyon à St-Cyr-au-Mont-d’Or, j’ai eu la joie de retrouver d’anciens jurés du Prix Orange du Livre, Sophie et Benoît, Géraldine qui accompagnait Alexia Stresi, la marraine du festival.

Arrivée à la salle, il y a eu d’autres retrouvailles tout aussi sympathiques avec des lectrices et lecteurs croisés aux rencontres des 68 premières fois : Chantal, Héliéna, Philippe, plein de Joëlle. Ce n’est pas un hasard, car Festi’Mots est organisé par Joëlle G. entourée de nombreux bénévoles.

La particularité de ce festival est de proposer des lectures de romans à voix haute faits par les auteurs et accompagnés de musiciens et comédiennes. C’est une autre façon de découvrir et d’entrer dans un texte.

La journée commençait à 10h30 avec une présentation des auteurs et de leur roman avec une médiatrice, Danielle Maurel, qui a assuré avec brio cet exercice, sans notes. Elle a fait des liens entre les différents romans. Elle a interrogé tour à tour les auteurs avec des questions très pertinentes et qui donnaient lieu ensuite à des réponses toutes aussi intéressantes.

La pause déjeuner fut l’occasion de rencontrer les auteurs de cette 7ème édition mais aussi des éditions précédentes, comme Étienne Kern.

6 lectures ou spectacles étaient programmés l’après-midi. Et en les enchaînant, comme moi, on pouvait en voir 4 au maximum. Il a donc fallu faire des choix. Alors j’ai choisi d’aller vers des livres que je n’avais pas lus ou des auteurs que je connaissais peu. J’ai assisté à la lecture de Gaëlle Nohant pour « Le bureau d’éclaircissement des destins ». Sa voix se posait parfaitement sur son texte.

J’ai ensuite vu le spectacle de Marie Nimier pour « Petite sœur », avec Karinn Herlbert à l’orgue de cristal Bachet dont il n’existe que 10 exemplaires dans le monde. J’ai ressenti la complicité entre les deux artistes sur scène. C’était un spectacle magnifique et émouvant, une création originale, sur mesure.

Changement de lieu pour la lecture suivante, faite au milieu des livres de la médiathèque. J’ai découvert le livre de Franck Courtès, « A pied d’œuvre » qui a fortement interpellé les auditeurs lors de la présentation du matin, notamment sur les thèmes de la précarité, du monde du travail et des classes sociales. Entre autodérision et émotion, cette lecture a laissé la salle en larmes à la fin.

La dernière lecture de la journée réunissait Jean-Baptiste Andrea et Eric Chacour pour un final en apothéose. Les murs de la salle ont été repoussés pour pouvoir accueillir le public venu nombreux. Ils étaient entourés de tous les musiciens et alternaient les lectures de leur roman à deux voix. Un moment suspendu.

Après des applaudissements nourris, vinrent les remerciements, les photos de groupe. Puis les chaises ont été rangées pour faire de la place aux auteurs pour les dédicaces. Sur scène, Karinn Herlbert a fait une démonstration de son instrument de musique atypique et montré son fonctionnement.

J’ai malheureusement dû repartir rapidement pour reprendre un train. Mais j’ai pu faire dédicacer mes livres tout au long de la journée. Les auteurs sont restés accessibles et ont pris le temps de discuter. J’en ai d’ailleurs profité pour faire dédicacer le roman de Paul Saint-Bris « L’allègement des vernis » à ma filleule.

Voilà, il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce fabuleux festival, mais le mieux c’est encore de le vivre !

Les spectacles sont payants, mais pour une somme tout à fait abordable, 6€ en général, 8€ pour le dernier. Une équipe de cameramen a filmé toute la journée. Des films seront diffusés par la suite sur le site du festival : www.festimots.com

En résumé, c’est un rendez-vous annuel pour les amoureux des mots, en toute proximité avec les auteurs, pour de grands moments d’émotion lors des lectures, de belles rencontres humaines, des dédicaces, de joyeuses retrouvailles. C’est une autre façon de découvrir ou d’entrer dans des textes incarnés également par des comédiennes et sublimés par la musique. Un moment hors du temps, un voyage et on y voit beaucoup de sourires. Vous l’avez deviné, j’y retourne l’année prochaine !

Une pensée pour l’équipe du festival qui doit être bien épuisée aujourd’hui mais certainement heureuse et qui a su transmettre sa passion et son enthousiasme pour les mots. Un beau succès pour cette manifestation culturelle.

Retrouvez davantage de photos et vidéos sur mon compte Instagram !

Du même bois / Marion Fayolle

Coup de cœur pour ce très beau premier roman d’une incroyable poésie et d’une langue unique.

Dans ce court livre, il n’y a aucun nom ou prénom. L’autrice raconte l’histoire de la famille de « la gamine » dans la campagne ardéchoise. C’est la vie dans une ferme de génération en génération, sorte de cycle perpétuel. On naît et vit dans la partie gauche de la ferme, puis au milieu se trouve l’étable avec les vaches, et dans la partie droite les aïeux sur le déclin.

Il y a bien sûr le rapport aux animaux, le dur labeur, mais aussi la question de la transmission au cœur de ce livre. Transmission d’un héritage, d’un bien, d’un métier, mais aussi de gènes, du passé, des fantômes. Comment trouver sa place et être soi dans une famille où tout est réglé ainsi depuis des générations. Il y a aussi les non-dits et l’oncle qui est différent et dont la mémé a accepté de s’occuper en épousant son frère. La ferme, la famille, c’est un tout.

Ce roman parle de toutes les étapes de la vie : des cabanes de l’enfance, aux premiers amours adolescents, jusqu’à la vieillesse et donc la mort. Dans cette famille, l’amour ne se dit pas mais se traduit par la nourriture par exemple. Marion Fayolle pose un regard tendre et plein d’émotions sur ses personnages.

Une voix unique et juste, tout en pudeur, qui ressort de cette rentrée littéraire d’hiver, que vous avez peut-être eu l’occasion d’entendre lors de son passage à l’émission La Grande Librairie la semaine dernière.

A lire assurément !

Note : 5 sur 5.

Incipit :
La ferme
La bâtisse est tout en longueur, une habitation d’un côté, une de l’autre, et au milieu une étable. Le côté gauche pour les jeunes, ceux qui reprennent la ferme, le droit pour les vieux. On travaille, on s’épuise, et un jour, on glisse vers l’autre bout. C’est plus pratique, il y a une chambre au rez-de-chaussée, les escaliers sont moins raides, les pièces semblent disposées pour vieillir. Et puis, quand l’un meurt, le mari souvent, les enfants sont à l’autre-bout, ça rassure, ça évite la solitude, ils regardent en passant s’il y a de la lumière, si les volets sont ouverts, si le linge est étendu, ils s’arrêtent en coup de vent pour mettre des bas à varices, recompter les cachets pour la tension et s’agacer un peu des oreilles qui n’entendent plus.
Et un jour, ils remarquent que c’est devenu dur de se lever la nuit pour les vêlages, que le corps fait mal. Ils le savent, bientôt, ça sera à leur tour d’aménager dans l’aile droite, d’occuper les pièces de la fin de vie. Mais tant qu’il reste la mémé, ça les rassure, c’est qu’ils ont du temps, encore, devant eux. Une étable encore devant eux, avant l’autre bout. Alors, oui, elle est fatigante parfois, la mémé, à ne plus comprendre, à se mêler de tout, à parler du Bon Dieu, mais ils en prennent soin parce qu’ils ne sont pas pressés qu’elle laisse sa place, que le temps qui passe les fasse déménager à droite et dormir dans le lit où sont morts les parents, les grands-parents, les arrière-grands-parents et les arrière-arrière-arrière.
Les enfants courent pour relier les deux bouts, ramener des œufs frais aux parents, des casseroles vides à la mémé. Ils trébuchent dans les calades et regardent leur avenir à travers les vitres.
Ici, on fait toute sa vie sous la même toiture, on naît dans le lit de gauche, on meurt dans celui de droite et entre-temps, on s’occupe des bêtes à l’étable.
Elles sont alignées et rangées, elles aussi selon un cycle. En entrant, les petits veaux, plus loin les génisses, ensuite, les mères, et au dons, les vieilles qui partiront bientôt. Les gamins apprennent très tôt le métier, ils déambulent avec des bâtons derrière cette collection de culs. Ils savent ce que racontent leurs vulves, quand ça gonfle, quand ça saigne, quand les queues se lèvent, que les reins se creusent, quand il faut appeler les parents, que la vache a le mal du veau. Ils voient naître et ils voient mourir, parce que parfois ça arrive et qu’il faut bien s’endurcir.
Ils voient aussi vieillir la mémé, on ne la leur cache pas dans une maison de retraite, et il faudra qu’ils soient forts si c’est eux qui la trouvent inerte un jour en ramenant quelques gamelles vides. La mort des veaux, tout petits, tout mignons, ça les entraîne à accepter la mort des anciens, comme ils disent. »

« La ressemblance
Les enfants, les bébés, ils les appellent les « petitous ». Et c’est vrai qu’ils sont des petits touts. Qu’ils sont un peu de leur mère, un peu de leur père, un peu des grands-parents, un peu des arrière-grands-parents, un peu de ceux qui sont morts, il y a si longtemps. Des petits touts. Tout ce qu’ils leur ont transmis, caché, inventé. Tout. Des bouquets d’histoires, de silences, d’émotions, de gènes, de cellules. Des collages de lèvres, d’oreilles, de regards, de cils, de traits et d’odeurs. Des discordes, des secrets, des réconciliations.
C’est pas toujours facile d’être un petit tout, d’avoir en soi autant d’histoires, autant de gens, de réussir à les faire taire pour inventer encore une petite chose à soi. »

« Dehors les gamins se donnent rendez-vous, ils partent dans les bois, se faufilent entre les arbres, cherchent un coin pour leurs cabanes. »

« C’est fou d’avoir gardé toute sa délicatesse dans un tiroir. »

Sauveur & fils, saison 7 / Marie-Aude Murail

Ah quel bonheur de retrouver Sauveur Saint-Yves et tous les personnages qui gravitent autour de son cabinet de psychologue et de sa vie.

Il y a toujours autant de remue-ménage mais moins de hamsters rue des Murlin ! Le covid est également passé par là. De nouveaux patients avec leur lot de problèmes débarquent et des anciens refont surface. Dans cette saison, Sauveur intervient en prison auprès d’hommes dans le cadre d’un programme de sensibilisation de violences faites aux femmes.

Pour résumé, le petit Grégoire s’est installé chez les Saint-Yves. Il y a un peu de jalousie du côté de Paul. Lazare est toujours aussi sérieux, il est à fond sur l’écologie. Alice se languit de Gabin qui s’est engagé dans l’armée. Jovo est toujours là. Sauveur et Louise ont désormais une petite Léopoldine qui fait du cododo. Les parents sont épuisés voire en manque de café pour Sauveur.

La famille recomposée tiendra-t-elle toujours le choc ? Quel suspens !

Les dialogues sont savoureux. L’humour est de la partie. Bref cette série est toujours aussi passionnante. Elle nous dit beaucoup de notre société et nous ouvre aux difficultés des autres. A noter que ce tome a été écrit à quatre mains, avec Constance Robert-Murail, la fille de Marie-Aude Murail. Un VLEEL avait été organisé à l’occasion de la sortie du tome 5, vous pouvez revoir la rencontre avec l’auteure sur la chaîne youtube

Note : 5 sur 5.

Incipit :
« ça va, j’ai de la marge », se rassura Sauveur. Une fois par semaine, il récupérait le petit Grégoire à la sortie des classes et il savait que l’enfant s’affolait si l’on était en retard.

« J’adore cette famille, se dit Sauveur, le lendemain. « Cette famille », c’était la sienne, dont il avait parfois le sentiment qu’elle lui était tombée du ciel. De manière inhabituelle, il était accoudé de bon matin au comptoir de l’Annexe. Il avait emporté avec lui Comment soigner son éco-anxiété, où il bloquait à la page 4 depuis dix jours. Le livre resta sagement fermé tandis qu’il savourait avant le début de sa journée de travail un petit moment de tranquillité et… une tasse de café.
– J’ai replongé. La chicorée soluble, c’est tout bonnement une atteinte à la joie de vivre. »

Tosca / Murielle Szac

Il s’agit du deuxième roman de Murielle Szac publié aux éditions Emmanuelle Collas.

Le 28 juin 1944, sept hommes Juifs sont raflés et se retrouvent enfermés le temps d’une nuit dans un placard à balai qui sert de cellule à la milice de Paul Touvier à Lyon. Le destin les réunit pour venger la mort de Philippe Henriot.

Ce court et poignant roman est basé sur une histoire réelle qui obsède l’autrice depuis de nombreuses années. Elle a été journaliste et a couvert le procès de Paul Touvier en 1994. Elle a voulu par la fiction redonner vie à l’un de ces 7 prisonniers dont l’identité reste inconnue à e jour. Après de multiples fausses pistes et des évocations dans des poèmes, elle a suivi les conseils de Bruno Doucey et a choisi la fiction pour terminer cette histoire.

Dans un véritable huis clos, elle retranscrit les émotions de chacun, qu’il soit résistant ou simplement arrêté à cause de son identité. Leur relation évolue au fil de la nuit. D’abord méfiants, ils s’ouvrent peu à peu aux autres. P’tit Louis est mal en point après avoir subi des tortures en tant que résistant. Il tient bon, ne veut pas trahir ses camarades. D’autres ne comprennent pas leur arrestation, ils sont des citoyens respectables et qui respectent les lois. Ils sont tous Français, les prisonniers et les geôliers. Et puis une voix s’élève, celle d’Ange qui chante un air d’opéra Tosca, « le chant de celui qui va mourir à l’aube », moment suspendu dans cette cellule.

Un roman en 3 actes, comme l’opéra de Puccini. Qui montre comment en une nuit une vie peut basculer à cause de l’antisémitisme.

Un roman où le lecteur sent l’odeur de la peur et celle de la mort. Comment rester digne alors qu’on se sait condamné ? Comment aurais-je réagi à leur place ?

Un roman contre le racisme et la violence, qui résonne malheureusement fort dans notre monde actuel où « la littérature est un rempart contre la barbarie » (Emmanuelle Collas).

Un roman essentiel.

Replay VLEEL à voir avec des lectures émouvantes.

Note : 4.5 sur 5.

Incipit :
« Emile Z.
Les coups de feu claquent dans le dos du jeune homme, secs et brefs. Roger n’a que le temps de prendre ses jambes à son cou. Il ouvre à toute volée la porte de l’arrière-boutique et dévale la rue principale. Les quatre hommes qui viennent de surgir dans la cour, l’arme au poing, en tentent même pas de le poursuivre. Ils ne sont pas venus pour lui, mais pour son oncle. Les voilà qui gravissent l’escalier du premier étage, non sans avoir fait main basse sur le tiroir-caisse de la bonneterie, et font irruption dans la salle à manger où Emile et Julienne, sa femme, s’apprêtent à dîner. »

« C’est donc cela, l’odeur de la mort ? Un mélange de gas-oil, de sueur et d’urine ? Des habits chiffonnés, un menton mal rasé, la peau qui démange et les pieds qui puent. Quelle fin misérable… »

« Je regarde mes compagnons, un à un, presque tendrement. Nous sommes si différents. Juste un point commun, ce petit morceau de prépuce qu’on nous a coupé enfants. Et ce lambeau de peau en moins nous désigne comme frères. Nous marque au fer rouge. Nous destine à être rayés de la carte. »

« Cinq mètres de long sur quatre-vingt-dix centimètres de large. Oui, c’est bien cela, la cellule fait moins d’un mètre de large, il en est sûr. C’est qu’il a le coup d’œil pour mesurer les coupons de tissu sans même utiliser de règle. Son patron vante souvent devant les autres coupeurs cette précision infaillible. Avec lui, jamais de gâchis. Et ça tombe juste. Dès qu’ils l’ont jeté à l’intérieur, il a machinalement mesuré l’espace. C’est un réduit à rats, un placard pour ranger les balais. Le plafond est en soupente. L’atmosphère chargée de poussière prend à la gorge. Sur le mur en face de la porte, un soupirail grillagé distille une faible lueur. »

« Il n’y a plus d’air. Plus d’heures, de minutes, de secondes. Juste un grand trou noir, un vertige. La peur brute qui broie les entrailles. Est-il donc vrai que nous allons mourir demain ? Est-il donc vrai que je ne serai plus vivant demain ? L’esprit bute sur cet avenir sans nous. Comment se représenter l’irreprésentable ? Le jour qui se lèvera et que nous ne verrons pas. »

La descente à la plage / Alexis de Moulliac

Ce roman se déroule sur une journée, a priori une très mauvaise journée pour le personnage principal. Dario passe ses vacances sur une île où il a ses habitudes. Et comme toujours il demande à la gérante de l’hôtel et aux femmes de ménage de ne surtout pas entrer dans sa chambre et de le laisser tranquille. Il ne veut pas sortir, ne veut pas profiter du soleil et surtout ne pas aller à la plage. Il veut juste dormir.

Sauf que ce matin, il est réveillé par une soif terrible et il n’a plus rien à boire. Il est contraint de sortir et d’aller jusqu’à la réception de l’hôtel pour chercher une bouteille d’eau. En sortant, il tombe nez à nez avec un enfant, Virgilio, qui ne le quitte plus d’une semelle et semble avoir toutes les réponses à ses questions avant même qu’il ne les formule.

Dario l’ignore et poursuit son objectif : trouver de l’eau. Pas d’eau à la réception. Alors il se dirige vers les commerces et les bars de l’île. Sa quête s’avère plus difficile que prévu.

Un mystère plane tout au long du roman. Qui est cet enfant qui le suit partout ? Et pourquoi veut-il absolument l’accompagner jusqu’à la plage ? Va-t-il trouver de l’eau ? Est-ce que le volcan va exploser ?

J’ai émis plusieurs hypothèses en lisant ce livre, aucune ne s’était révélée la bonne lorsque j’ai eu le fin mot de cette histoire. Je crois que l’auteur s’est bien amusé à me balader. Je ne divulgâcherai rien. A vous de lire ce mystérieux et énigmatique court premier roman !

Je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce livre mais je l’ai trouvé assez intriguant pour avoir envie de connaître la fin et plutôt agréable à lire.

Merci Netgalley et Buchet Chastel pour cette lecture

Note : 3 sur 5.

Incipit :
« J’ai soif. D’eau. En tendant le bras pour l’atteindre une bouteille, mes doigts n’en frôlent que des couchées. Je les secoue pour deviner leur contenu, sachant très bien que mon lit est à l’orée d’une forêt de San Pellegrino vides. Bouteilles dans lesquelles je trébuche en voulant me lever vers le minibar. Les gling qui s’ensuivent achèvent ce qu’il me restait de sommeil avant d’ouvrir mes yeux plus qu’à moitié. Je fais face à mon auditoire de verre aux fonds tièdes. Il est souvent très varié, parfois encore pétillant, parfois aplati par le temps, parfois plein d’une urine oisive. »

« Au début, ce n’était que quelques gouttes. Maintenant, le déluge. Le soleil éclaire toujours le ciel, mais un nuage unique s’est positionné au-dessus de nous nous arrosant copieusement. Enfin. Enfin de l’eau. Virgilio me voit m’arrêter.
– Je sais ce que tu penses. Laisse-moi juste te dire que tu as tort.
– Fous-mois la paix, je suis desséché.
– Ce n’est pas une bonne idée.
Je ne l’écoute pas. Comme un enfant. J’ouvre la bouche, je tire la langue vers le ciel. C’est à ce moment-là que je l’ai senti. Un goût âpre, amer et acide. Je ne pensais pas un jour goûter une chose pareille. On dirait de la sciure de bois mélangée à de la bile. Je recrache immédiatement, manquant de m’étouffer avec la substance.
– Je te l’avais bien dit.
– Qu’est-ce que c’est ?
– De la pluie. Rien de plus.
– Pourquoi est-ce qu’elle a ce goût ?
– Les pluies acides, c’est assez fréquent de nos jours, tu sais. »

« Et s’il y a une chose que je déteste encore plus que les enfants, ce sont les plages. »

Hors d’atteinte / Marcia Burnier

J’avais découvert Marcia Burnier grâce à la sélection des 68 premières fois pour son premier roman, « Les orageuses » qui m’avait impressionné. J’ai donc été ravie de la retrouver pour un second roman avec une ambiance et un thème différents mais le même coté militant et la même envie de transmettre une histoire, un message.

Cette fois-ci on suit le quotidien d’Erin qui a fui Paris pour s’installer dans les Pyrénées avec sa chienne. Erin fuit une relation toxique, un passé. Elle a utilisé ses dernières forces pour rompre avec son conjoint qui exerçait une emprise sur elle. Désormais chaque geste et surtout chaque décision lui pèse. Elle est dans une sorte de brouillard permanent l’empêchant d’avancer, une dépression en somme.

Elle fait des promenades avec sa chienne. La nature est très présente et ressourçante. Elle repense à son enfance passée au pied d’une montagne. Peu à peu elle renoue avec la randonnée, l’escalade.

Autour de sa maison tourne un chat qu’elle apprivoise. Les relations avec les animaux ont une belle place dans ce roman. Elle a peu de contacts avec les habitants du village mais à la suite d’un événement elle se lie avec une femme, Janine. Toutes deux sont des êtres solitaires.

Publié dans la collection « Sorcières » de Cambourakis, qui me plaît décidément beaucoup, il est magnifiquement illustré par Géraldine Alibeu.

J’ai apprécié le rythme lent du livre permettant d’observer la nature comme Erin mais aussi d’écouter Erin, de la voir tout doucement se reconstruire. Si vous aimez les livres avec une belle sensibilité, celui-ci est fait pour vous !

Note : 4 sur 5.


Incipit :
« – Tonnerre, t’es où ? »
Erin siffle tant bien que mal, avec ses deux doigts, comme sa mère le lui a appris. Elle est emmitouflée dans une doudoune foncée, son bonnet descendu jusqu’aux yeux aplatit sa frange, et elle espère que sa chienne va réapparaître vite, avant qu’elle crève de froid au milieu des bois. »


« Elle sent le nœud se former dans son cerveau. Aussi stupide que ça puisse paraître, Erin ne sait pas si elle doit aller chercher du pain maintenant puis passer à la poste chercher le paquet ou l’inverse. Elle revérifie les horaires d’ouverture de la poste et de la boulangerie qu’elle connaît déjà très bien. Elle demande à Google Maps le temps du trajet qu’elle a pourtant fait l’avant-veille. Elle est figée. Son incapacité à prendre une décision s’est aggravée au fil du temps. Prendre une douche, ne pas la prendre, se les laver les cheveux ou non, passer au supermarché avant la poste ou l’inverse, prendre le vélo ou le métro, tout est prétexte à l’indécision. […]
L’heure tourne, elle trouve qu’on se rapproche dangereusement de la fermeture de midi. Elle devrait y aller maintenant mais bouger lui semble impossible. Elle se parle, elle s’insulte, elle se cajole, allez lève-toi, bouge-toi, allez, prends tes clés, allez allez, tout va bien se passer. Briser ce cercle lui demande un effort mental considérable. »


« Elle trouvait que fuir demandait moins d’énergie que se battre.
Désormais elle doute : est-ce qu’on fuit pour éviter de souffrir ou pour se raccommoder en silence sans troubler personne ? »


« Quand elle l’avait quitté, elle était épuisée. Elle s’était retrouvée à devoir éprouver le quotidien avec personne d’autre qu’elle-même. Elle avait tâtonné, sans savoir si les décisions qu’elle prenait étaient les bonnes et chaque erreur la voyait s’effondrer, comme la preuve irréfutable qu’elle n’était pas capable de vivre par elle-même. »


« -Tu connais le mythe de Sisyphe, Erin, non ? Le rocher qui dégringole de la montagne et qu’il faut remonter, encore et encore ? La vie c’est ça. C’est une suite de remontées et de dégringolades, de refuges au milieu qui redonnent de la force, de désespoir quand on voit la pierre rouler à toute vitesse vers le bas, qu’elle nous échappe des mains et qu’on ne peut rien faire. Des deuils il y en aura d’autres, beaucoup d’autres, et dans ta vie tu vas pousser cette pierre encore souvent. Des fois, sur le côté, il y aura des gens pour t’encourager, mais tu seras toujours seule à t’arcbouter dessus, remplie d’énergie pour la rapprocher du sommet, tu hurleras encore quand elle t’échappera des mains parce que tu auras glissé, mais tu finiras par t’habituer, par apprécier la montée, par la trouver belle, sans te préoccuper du sommet. »

Basses terres / Estelle-Sarah Bulle

Ce roman nous plonge dans une période bien précise de l’histoire de la Guadeloupe, l’été 1976, où la Soufrière se réveille et menace les habitants de Basse-Terre, les obligeant à se réfugier dans l’autre partie de l’île, Grande-Terre. D’un côté, Haroun Tazieff rassurant et de l’autre, Claude Allègre, alarmiste et conseillant l’évacuation.

L’autrice nous raconte l’histoire d’Eucate, une vieille femme qui ne veut pas quitter sa case, qu’elle a construite sur les pentes du volcan. Ce sont ses racines. D’ailleurs elle évoque ses souvenirs, les épreuves qu’elle a vécues. Elle n’a pas eu une vie facile. Jeune femme, elle a travaillé pour la famille Vincent, riche propriétaire de l’île. Elle a subi les désirs et assauts de son patron, dont est issue sa fille, Espérance. La petite a eu le pied écrasé par un accident et ce handicap n’a pas arrangé sa vie. Elle est elle-même tombée enceinte d’un homme qui l’a abandonné dès qu’il la su. Sur cette île, la paternité n’est pas une mince affaire. Les hommes font des enfants qu’ils ne reconnaissent pas et ainsi se créent les secrets de famille. Secrets qu’Anastasie, fille d’Espérance, est bien décidée à percer. Sa mère l’a abandonnée pour partir en métropole. Elle vit avec sa grand-mère Eucate qui la surnomme Nana.

Estelle-Sarah Bulle nous ouvre également les portes de la case d’Elias, le patriarche de la famille Bevaro. Il accueille cet été son fils, Daniel, parti depuis 17 ans en Métropole, avec sa femme et ses deux enfants. Ce retour aux sources n’est pas évident lorsque l’on a perdu ses repères. Le confort est loin d’être de celui de la Métropole ; pas d’électricité, pas d’eau courante, pas de réfrigérateur. Daniel rend visite à son grand frère, Ange, interné dans un hôpital psychiatrique. Chaque famille a ses secrets, ses fantômes.

La menace de l’éruption pousse tout le monde sur les routes et font se croiser ces deux familles qui se sont déjà croisées par le passé, mais c’est une histoire qu’il vous appartient de découvrir. Je ne vous en dévoilerait pas davantage. A la fin du roman, le temps avance rapidement pour dévoiler le futur des uns et des autres.

Différents thèmes sont abordés, le racisme des Blancs envers les Noirs, la pauvreté, l’espoir d’une vie meilleure en Métropole, le décalage entre la Métropole et l’Outremer, les conséquences de l’esclavagisme, le colonialisme, la transmission.

L’écriture est magnifique, poétique, teintée de créole. La nature est présente. Les personnages sont forts et attachants. J’ai trouvé qu’il y avait trop de personnages au début. J’ai été un peu perdue. En tout cas je n’ai pas eu de gros coup de cœur comme pour son précédent roman « Là où les chiens aboient par la queue ». Malgré ce bémol cela reste un très bon roman que je vous recommande.

Roman lu dans le cadre du Prix Orange 2024 pour le comité des anciens jurés.

Merci Lecteurs.com, la Fondation Orange et Liana Levi pour cette lecture

Note : 3 sur 5.


Incipit :
« Le cœur de cette longue année 1976, brillant comme une émeraude, est son mois de juillet. Un cœur qu’on ne peut arracher sans perdre la compréhension des choses. Anastasie le verra luire dans le noir de sa mémoire. Elle saura que juillet fut le cœur de l’année 1976 parce que s’y étalèrent les semaines lumineuses où le volcan marqua chacun de sa terrible empreinte. Et parce qu’en ce juillet-là, elle perdit quelque part le sac de capsules de Coca-cola qu’elle collectionnait pour la glacière qu’elle voulait offrir à Eucate (elle avait alors vingt-huit capsules marquées d’une petite étoile blanche ; elle devait en réunir trente, ajouter trente francs puis se rendre à l’usine Coca-Cola de Jarry pour réclamer son lot). Elle ne comptait plus les nuits où elle avait rêvé de poser triomphalement la glacière devant Eucate sur la toile cirée. »


« Marianne ne se sent appartenir à aucune des deux espèces. Elle est heureuse de ne pas faire partie des touristes, bien qu’elle soit ignorante de toutes les choses de l’île. Avant de partir, Daniel lui a dessiné la Guadeloupe sur la nappe d’un restaurant de Châteauroux. Ça ressemblait à une espèce de trèfle à deux pétales : « Tu vois, là c’est la Basse-Terre. La partie montagneuse. Ensuite, tu as un petit bras de mer et l’autre côté de l’île, c’est la Grande-Terre, d’où je viens. La Grande-Terre, c’est tout plat.
– Pourquoi la partie montagneuse s’appelle la Basse-Terre ? Ça devrait pas s’appeler la Haute Terre ?
– J’en sais rien. Un truc de colons. Les Espagnols, ils ont vu ce qu’ils voulaient bien voir depuis leur bateau. Pourquoi ils ont appelé ça la Guadeloupe ? D’après ce que je sais, Guadeloupe, ça vient d’un mot arabe. Aucun rapport avec les Indiens qui vivaient là. »


« Plus tard, elle comprendra que la position de Daniel est plus difficile que la sienne : ceux qui reviennent après des années d’absence sont les plus mal à l’aise. »


« Depuis son arrivée, il réapprend le paysage, bouche les trous des souvenirs. Les distilleries s’effondrent désormais en ruines rouillées au coin des chemins, les ponts de son enfance disparaissent sous la végétation, la plage a été éventrée par un promoteur immobilier. Les villes côtières se gonflent de touristes couverts d’huile bronzante. Et lui, il ne sait plus comment l’aimer, son île. »


« Depuis quinze jours, les habitants de Basse-Terre lèvent les yeux vers le drap sale et opaque qu’est devenu le ciel, là où d’ordinaire se détache sur fond d’azur le chapelet velouté, vert bouteille, des montagnes. Même par beau temps, le volcan se laisse rarement découvrir jusqu’à son faîte : une corolle blanche de vapeurs venues de la mer voile en permanence son sommet de guingois, raboté, brutalement terminé par un croc énorme. »


« Elle n’a jamais considéré le volcan comme une chose extérieure à sa propre vie ; le volcan fait corps avec elle, comme les cals sur ses doigts. »


« Elias raconte toutes sortes d’histoires à Daniel en déplaçant les bêtes, abolissant non seulement les dix-sept ans d’absence et les sept mille kilomètres de distance permanente, mais réparant aussi un peu, sans le savoir, les années d’enfance de Daniel, celles où les conversations entre père et fils étaient aussi rares qu’un repas abondant ou un éclat de rire. »


« Quelques jours plus tard, l’activité du volcan redouble d’intensité. L’air gourmand, les journalistes dépêchés par Antenne 2 évoquent un rythme de mille explosions par jour dans ce chaudron fatal. Savants et décideurs se perdent encore dans les probabilités que le dôme explose comme un bouchon de champagne, libérant des forces telluriques jamais vues dans l’arc de la Caraïbe. Roger Gicquel déclare, l’air funèbre : « La Guadeloupe a peur. » On envoie des télex affolés à Tazieff, qui ne répond pas.
Puisqu’on ne sait plus rien, le préfet, en accord avec Allègre, décide d’évacuer toute la zone sud de la Basse-Terre. La décision se répand de case en case. Elle ne change rien au cœur difficile à sonder d’Anastasie, mais accélère le rythme du cœur de Rony, qui se dit qu’il y a là, peut-être, une occasion de revoir la jeune fille. »


« C’est peut-être ça le secret de la vie pense Marianne ; râper sans arrêt le peu qu’on a pour en faire sortir ce qu’il y a de plus délicat, de plus subtil, et s’en bâfrer comme si l’on était riche. »


« Trois frères et sœurs d’Elias apparaissent dans la matinée. Marianne ne s’étonne plus de les voir se matérialiser chaque fois qu’un événement se produit chez Elias ; soit qu’il les ait prévenus d’une façon ou d’une autre, soit que les nouvelles aient volé jusqu’au bourg à dos de chauve-souris. »


« Cette ascendance pesait sur elle comme une des fatalités de l’île ; comme les épidémies de pian ou les semaines de sécheresse. »


« Il disparaissait pendant des semaines, multipliait les conquêtes au grand contentement des voisins d’Eucate, commençait à parsemer l’île d’enfants, mais revenait toujours s’asseoir dans la case, avec son sourire et sa douceur de miel uniquement réservés à cette femme encore vaillante qui allait, d’après les décomptes et les évaluations faites par le facteur, la boulangère ou la femme d’un collègue dans le dos de Libert, sur ses cinquante ans. »


« Les gens de Grande-Terre appellent les déplacés de Basse-Terre les « magmas ». Ils disent qu’ils puent le soufre. Une sorte de plaisanterie mâtinée de mauvaise humeur face à l’arrivée de dizaines de milliers de gens hagards qu’il faut héberger comme on peut. Une espèce de moquerie timide aussi, envers la Soufrière qui n’en finit pas de tousser comme une vieille n’arrivant pas à expectorer, tout le monde attendant, les yeux rivés sur elle, de voir la catastrophe sortir enfin de sa vieille bouche édentée. »


« Les larmes qui lui viennent sont invisibles. Elle accepte enfin ce que la vie lui a donné puis repris, heureuse de retourner au volcan et d’y gratter encore un peu l’humus vivifiant, heureuse de survivre au mal, comme chacun sur cette île sans cesse secouée par les ouragans, les famines, le progrès, l’avidité et l’incroyable sentiment de supériorité des Blancs. »


« Tel un libre géant ferreux, le volcan continue d’ignorer les vies aventurées dans le mille de ses plis. »

Tempo / Martin Dumont

Je débute cette rentrée littéraire d’hiver avec un auteur dont j’avais adoré son précédent roman, « Tant qu’il reste des îles ». J’attendais donc avec une certaine impatience et joie cette lecture.

« Tempo » est un roman aux accents autobiographiques, en tout cas j’ai ressenti beaucoup de sincérité et de justesse. Avec deux temporalités, l’auteur raconte l’histoire d’un trentenaire, musicien et jeune père de famille. Les chapitres alternent entre passé et présent. Le tempo est plutôt lent et nostalgique. On reste du point de vue du narrateur qui est le personnage principal.

Félix Pogram essaye de concilier carrière musicale et vie de famille. On sent des tensions régulièrement au sein du couple. Il n’arrive pas à jouer pour son fils. Un certain mystère plane autour du groupe de musique auquel il appartenait et qui a pris fin. Il tente d’effectuer une sorte de deuil de ce groupe. Il raconte la formation du groupe, les concerts, les déboires, l’osmose lors de la création de nouvelles chansons, sa relation avec les autres membres, notamment Louis.

Il est à un tournant de sa vie et il se pose des questions existentielles : faut-il abandonner la musique ? Son rêve de carrière de musicien ? Sa famille doit-elle passer avant tout ? On le suit dans ses réflexions et ses choix. On le voit devenir adulte. Les thèmes sont la musique, l’amitié, la paternité, les rêves.

Le roman est accompagné d’une playlist. Il est bourré de références musicales qui ont accompagné Martin Dumont, ancien membre du groupe Smatch. Je suis ravie de retrouver sa plume et sa sensibilité. Encore un magnifique roman publié par les éditions Les Avrils.

Merci Babelio et Les Avrils pour cette masse critique privilégiée

Note : 4 sur 5.


Incipit :
« Il n’y a pas d’applaudissements. Les conversations reprennent, je bois une gorgée de bière avant de me réaccorder. J’égraine doucement les cordes. »


« J’ai le fracas de la vie qui s’efforce d’être heureuse. »


« Qu’est-ce qu’il nous reste exactement une fois qu’on a laissé filer nos rêves ? »

La rentrée littéraire d’hiver 2024

482 romans paraissent en ce début d’année dont 348 romans francophones et 61 premiers romans (source : Livres Hebdo), soit une légère baisse de la production. Voici ma sélection de romans francophones, essais littéraires et recueils de poésie.

A noter que cette sélection peut augmenter en fonction des deux soirées de présentation de la rentrée littéraire organisées par VLEEL (Varions les éditions en live) les 04 et 07 janvier avec : La Peuplade, La dernière goutte, Le Sonneur, Le Chemin de fer, L’Iconoclaste, L’Ogre, Allia, La Baconnière, Le Gospel, Les ateliers Henry Dougier, Aux Forges de Vulcain, Quidam.

Mes chouchous, repérés, notés, achetés ou bientôt dans ma PAL :

Ils ont l’air bien tentant, à découvrir ou à suivre :

Les incontournables :

N’hésitez pas à m’indiquer en commentaire votre sélection ou vos coups de cœur !

Retrouvez au fur et à mesure mes lectures/chroniques de la rentrée littéraire d’hiver sur le blog !

Mon bilan 2023

Quelques chiffres pour commencer :

  • 1365 abonnés sur Instagram
  • pour le blog : 106 articles publiés, 11 738 vues, 7454 visiteurs.

Février : J’ai visité de superbes expos à Strasbourg.

Mars : 1ère sélection du Prix Orange.

Avril : J’ai rejoint la team du Prix VLEEL et nous avons vécu une très belle soirée de remise du prix à Paris avec notamment David Meulemans des éditions Aux forges de Vulcain, Alexandra Koszelyk, Leïla Bouerrafa, Anthony Passeron, Maria Larrea, Léna Paul Le Garrec, et bien d’autres auteurs et éditeurs qu’on adore avec Anthony, Sandra, Anne, Anaïs, Jennifer et Franck.

Mai : un concert de printemps avec l’orchestre d’harmonie et ma participation au choix des finalistes du Prix Orange avec les anciens jurés.

Juin : Encore un magnifique Prix Orange en 2023 avec l’excellent roman de Paul Saint-Bris et donc une très belle soirée de remise du prix à Paris, où nous avons profité pour visiter quelques musées. Je suis très fière d’avoir participé au projet « passeur de voix ». j’ai pu enregistrer deux livres sur des boîtes à histoires pour des enfants en foyer. Début du challenge VLEEL de l’été !

Juillet : un dernier concert avant les vacances avec l’orchestre d’harmonie.

Août : Le galop 3 pour ma fille. Et puis vacances j’oublie tout ! La dolce vita en Italie, jusqu’à la rentrée littéraire !

Septembre : j’ai voté pour le prix Hors Concours. Du changement professionnellement, même si je n’ai pas eu le poste que je souhaitais, mais j’ai de merveilleux collègues et ça c’est précieux. Nous avons organisé un premier concours d’écriture, j’ai fait des lectures à voix haute, animé un débat et des ateliers d’écriture, visité des lieux inspirants.

Octobre : j’ai participé à l’émission du Book Club de France Culture pour parler du dernier roman de Dimitri Rouchon-Borie paru chez mon éditeur chouchou Le Tripode.

Novembre : Joie de retrouver Jean-Baptiste Andrea et de pouvoir le féliciter pour son prix Goncourt. Sans oublier la belle après-midi en compagnie des 68 premières fois.

Décembre : Les concerts de fin d’année avec l’orchestre d’harmonie. J’ai participé à #monaventlitteraire2023 pour la 2ème année et je me suis remémoré avec plaisir mes lectures de passées. Des marchés de noël et des bredeles bien sûr. Sans oublier le début du challenge de l’hiver VLEEL. L’année se termine en famille avec les 12 ans de ma fille ❤

2024 débutera avec un changement professionnel pour mon homme. Une naissance en vue au printemps, je serai à nouveau tata. Et toujours des lectures et de belles rencontres au programme, puisque je serai à Festi’mots fin janvier, je suis déjà dans les lectures pour le Prix Orange 2024 et bientôt dans la préparation de la soirée de remise du Prix VLEEL !

Je vous souhaite une très belle et heureuse année 2024 !