J’avais beaucoup aimé les précédents romans d’Arnaud Dudek. J’avais déjà repéré son nouveau livre à paraître lors de cette rentrée littéraire avant qu’il ne m’en propose sa lecture.
On retrouve ses thèmes de prédilection. Le narrateur est un adolescent, Milo. Il est au collège et vit avec son père à Nancy. Son grand frère vient de partir pour un échange universitaire en Espagne. C’est une famille où on a du mal à se parler.
Au collège, une nouvelle arrive, Léonie. Elle l’intrigue et bientôt naît une amitié entre eux, différente de celle avec ses copains. Et puis il y a sa cousine, Farah, une boxeuse de 22 ans, qui est un peu comme une grande sœur pour lui. Ils passent beaucoup de temps ensemble. Leurs conversations sont drôles et touchantes.
Petit à petit l’auteur nous emmène dans la vie de Milo, on découvre le drame de cette famille. Ce qui a certainement poussé Milo à commencer une collection, pas banale, celle des adieux. Il les note dans un carnet. L’écriture prend alors davantage d’importance dans sa vie.
J’ai trouvé ce livre très délicat et tout doux. 179 pages de fraîcheur et de jeunesse. Un roman profondément humain, qui sème des graines, lentement, et dont toute la beauté se révèle au fur et à mesure de la lecture, pour éclater vers la fin. Bref un livre qui fait du bien.
Je remercie l’auteur pour l’envoi numérique de son livre.
Incipit :
« J’ai entamé une collection.
Ni de timbre, ni capsules de champagne, ni cartes postales : ça c’est pour les gens qui écoutent Radio Nostalgie dans leur voiture hybride, font des soupes, des compotes maison, se lèvent le dimanche matin avant six heures pour dévaliser des brocanteurs (mon père, en gros). Pas de cartes Pokémon non plus ; là, c’est moi qui suis trop vieux pour Bulbizarre et Pikachu. Encore moins des cailloux en forme de cœur (qui accumule vraiment des trucs pareils ?).
Moi, ce sont les adieux qui m’intéressent. »
« Et puis nous avons trouvé un morceau de lettre jaunie, presque effacée. Je me souviens parfaitement du bout de phrase que mon père est parvenu à décrypter : « préfère m’en aller ». Je me suis dit que c’était à cause de la lettre qu’il avait vieilli d’un coup. A cause de cet adieu qu’il avait reçu tel un coup de poing dans les côtes.
Plus tard, mon père a déposé le portefeuille au commissariat du boulevard Lobau. A l’accueil, on l’a regardé bizarrement mais on n’a pas pris son nom. L’histoire ne dit pas si son propriétaire a été retrouvé. Ni s’il a fini par digérer cet adieu dont il a conservé les traces pour ne pas en guérir. »
« Sur la vitrine d’une pharmacie, rue Saint-Dizier, en lettres vert sapin : « Dites adieu à la constipation ». »

Un avis sur « Le collectionneur d’adieux / Arnaud Dudek »