Autoportrait en chevreuil / Victor Pouchet

Un court roman où, Elias, 32 ans, écrit pour raconter son enfance. Une enfance pas ordinaire et qui l’a marqué. En effet, son père est magnétiseur. Ou pour être plus précis, voici sa carte de visite : « paradoxologue – médium – sciences occultes ». Il reçoit ses « clients » dans une cabane au fond de son jardin. Il n’a pas d’autre activité donc pas de salaire fixe. A la maison, il n’y a pas de télévision ni de téléphone à cause des ondes. Son père impose ses mains pour guérir. Il est spécialisé dans les brûles, il « coupe le feu ». Quant à la mère d’Elias, elle est morte quand il avait 3 ans.

Elias a peur que tout s’écroule autour de lui. Il a peur des lubies de son père, de ses possibles dérapages. Il parle peu et n’a pas d’amis. Ses camarades d’école se moquent de lui : « le père d’Elias est maboul ».

Il faut dire que son père a des méthodes d’éducation assez particulières. Il ne lui apprend rien. Il préfère qu’Elias expérimente, découvre par lui-même, comme par exemple apprendre à faire du vélo. Alors Elias s’entraîne, persévère et arrive à faire certaines choses par lui-même. Son père lui fait faire des exercices de silence prolongé. Il le met à la cave, assis, une demi-journée sans parler, avec une clochette. Il y a aussi l’exercice de grand froid où Elias est totalement immergé dans le lac en hiver. Tous ces exercices ont pour but de libérer Elias de ses ondes. Bien sûr il déteste tout cela.

Son père se remarie avec Céline. Elle travaille à la boulangerie du village. Elle a toujours un air maladif. Elle est maigre et pâle. Ainsi naquit son demi-frère Ann. Les parents étaient persuadés que ce serait une fille. Ils avaient choisi un prénom féminin et à la naissance ne l’ont pas changé. Elias n’a pas le droit de le toucher à cause des ondes.

Et puis chaque été, Elias part un mois chez sa grand-mère maternelle à Brest. A son retour, son père lui fait subir des séances spéciales pour se défaire des ondes transmises par sa grand-mère. Il doit suivre un régime alimentaire sans céréales et laitage pendant une semaine.

Ann grandit et à l’âge de 10 ans change, s’éloigne progressivement d’Elias. Il commence à ressembler de plus en plus au père. Il s’exerce avec le père. Il a même un don de vision et voit des choses comme lorsqu’un camarade disparaît et qu’il permet à la police de le retrouver.

Ensuite il se passe un événement, un drame qui ne sera révélé qu’à la toute fin par le père.

Après Elias, c’est la voix d’Avril qui prend le relais. Il est tombé amoureux d’elle il y a quelques mois. Il est heureux. Il semble avoir trouvé une certaine « normalité » auprès d’elle, un équilibre. Il aimerait « choisir l’option légère » avec elle. Avril aime son côté décalé. Elle ne s’ennuie pas avec lui. Mais Elias a parfois des réactions bizarres et Avril se pose alors des questions sur lui, sur sa famille dont il ne veut pas parler. Je vous laisse découvrir le reste de l’histoire par vous-même.

Victor Pouchet a reçu le prix Blù Jean-Marc Roberts pour ce second roman. Je n’ai pas lu son premier roman mais il a visiblement de très bonnes critiques. Je remercie mes camarades explorateurs de m’avoir fait découvrir ce livre parmi cette foisonnante rentrée littéraire. J’ai beaucoup aimé l’écriture. Le livre est composé de trois parties, inégales en termes de pages. Le changement de narrateur est très bien retranscrit, on passe à un style totalement différent entre Elias, Avril (son journal intime) et le père (un récit débité à toute vitesse). Une histoire de famille, encore, décidément, pas ordinaire. Comment se construire avec une telle enfance marquée en plus par un drame. Elias est un personnage très attachant.

Petit clin d’œil aux bibliothécaires, Victor Pouchet ne nous a pas mis en avant avec Elias ! En effet, Avril rencontre Elias à la bibliothèque. Il est bibliothécaire et elle le surnomme « Bancal bibli » : « il ressemble à Vincent Lacoste mélangé à Buster Keaton. Avec un grand regard sombre et des bras un peu long. On dirait qu’il est bancal. »

Une dernière chose, ce titre est intriguant, n’est-ce pas !? Est-ce que ce livre parle de chevreuil ? pas vraiment. Il parle certes de nature, puisqu’Elias et son père vont souvent s’y promener. Mais le chevreuil est surtout l’animal totem d’Elias, trouvé après une transe totémique organisé par son père.

Merci aux échanges entre explorateurs pour cette belle découverte.

Bref j’ai beaucoup aimé ce roman. L’avez-vous lu/aimé ?

Note : 4 sur 5.

Un avis sur “Autoportrait en chevreuil / Victor Pouchet

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