Le poème de Fernando / Éric Pessan

Éric Pessan est un auteur que j’ai découvert grâce aux rencontres VLEEL. J’avais beaucoup aimé son roman « Ma tempête » paru Aux forges de Vulcain en 2023, où il était question de théâtre et de paternité. J’ai prévu de lire son ouvrage paru en janvier pour le challenge de l’été VLEEL. Il m’attend dans ma PAL.

« Le poème de Fernando » est un roman jeunesse. Un homme trouve un poème par terre. Il le ramasse. Il ne sait pas trop quoi en faire. Il le lit et la magie opère. Alors il le garde et sa vie s’en trouve changée, en mieux. Un jour il rencontre un enfant à qui il propose de lire le Poème mais effrayé par le livre, il s’enfuit. L’histoire se poursuit et c’est à vous de découvrir la suite !

C’est un livre que j’ai pris au hasard à la bibliothèque, dans le fonds « facile à lire » et qui m’a embarquée dès la première page. Je l’ai tellement aimé que je l’ai commandé à ma libraire jeunesse, qui elle-même l’a commandé devant mon enthousiasme, bref il est très contagieux !

Un petit livre en taille et page (et en prix) qui fait grandement du bien. Très joliment écrit, tout en douceur. Une ode à la poésie, où l’on retrouve des références à des poèmes célèbres. A lire de 8 à 108 ans !

Note : 5 sur 5.

Dans la même collection, « Petite poche » :

Incipit :
« Un de ces matins gris où le soleil semble ne jamais vouloir se lever, alors qu’il marche dans la rue, Fernando regarde autour de lui : les gens vont, les gens viennent, personne ne semble s’inquiéter de la perte du Poème. Fernando hésite un instant, il ne peut pas abandonner le Poème comme ça, sur le trottoir.
Il se penche. Bien qu’un peu froissé, le Poème n’a pas l’air trop cassé, il peut encore servir.
Les gens balancent n’importe quoi !
Fernando n’a pas envie de la jeter à la poubelle comme il le fait parfois quand il ramasse des bouteilles vides ou des emballages de hamburger abandonnés par des malpolis.
Fernando est bien embarrassé. A qui rapporte-t-on un poème qui peut encore servir ? Aux objets trouvés ? A la bibliothèque ?
Perplexe, Fernando glisse le Poème dans la poche intérieure de son imperméable et, comme il est pressé, il part. »

« Quand il referme le Poème, Fernando est un peu groggy. Il regarde par la fenêtre : la nuit est là ! Il a lu toute la journée sans se rendre compte que le temps passait.
Le Poème entre ses mains, est maintenant vif et robuste, comme s’il était neuf. Fernando comprend alors que le Poème se nourrit des regards de celles et ceux qui lisent. »

« La vie de Fernando vient de changer, il ignorait à quel point la présence d’un poème à ses côtés lui avait manqué jusqu’alors.
Le Poème peut : soulever une montagne, aller dans l’espace sans fusée ni combinaison, nager longtemps en respirant sous l’eau, écrire le mot liberté sur les murs de la ville, partir dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, posséder des ailes de géant qui l’empêchent de marcher, cueillir dès aujourd’hui les roses de la vie, avoir des yeux si profonds qu’en se penchant pour boire on y voit tous les soleils y venir se mirer, être insoucieux de tous les équipages… Il sait presque tout faire sauf obliger les gens à le lire. »

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