226 bébés / Flore Vesco

Illustrations Stéphane Nicolet

Voici un roman jeunesse totalement loufoque comme je les aime !

Le vieux Bert, 76 ans, vient d’acheter une petite maison pour passer sa retraite au calme. Mais cette maison se trouve sur le couloir aérien de cigognes de la compagnie 6gogne, excellent fournisseur de bébés « premier choix. Proposés dans une variété de couleurs et de formes, ils sont résistants et waterproof. » Et Bert se retrouve avec beaucoup de bébés sur les bras à cause de virages mal négociés par les cigognes. Au total, ce sont 226 bébés que la compagnie lui laisse et lui offre en dédommagement. Que faire de tous ces bébés ?

Il commence par leur donner un prénom, Claude, suivi d’un numéro. Il y a 225 Claude et un Chrysostomine, qui est le vrai prénom de Bert.

Ensuite il les charge sur une charrette et se met en route. Au fil de ses rencontres il va refourguer quelques bébés. Toutes les occasions sont bonnes. D’ailleurs Bert est un très bon commercial. Il trouve toujours une qualité très intéressante chez les bébés selon son interlocuteur.

Les situations et les personnages rencontrés ne sont pas sans rappeler certains contes et les références sont très drôles. Les titres de chapitres sont également pourvus d’humour : « Où Barbe bleue subit une véritable bébérézina ! ». D’ailleurs Flore Vesco nous offre un dictionnaire des bébés à la fin pour inventer nos propres mots à partir du mot « bébé ».

Ce roman a été écrit avec des enfants dans le cadre des feuilletons des Incorruptibles. Quelle belle initiative. Voilà de quoi donner envie de lire et écrire aux enfants.

J’ai aimé le côté Roald Dahl pour l’imaginaire et les situations absurdes. D’ailleurs les illustrations de Stéphane Nicolet m’ont fait penser à celles de Quentin Blake. Il y a aussi du Claude Ponti pour les mots inventés. Une vraie réussite !

A partir de 8-9 ans.

Note : 5 sur 5.

« Il arriva en fin de matinée à l’entrée de la plus grande bourgade du comté. Hélas, les portes des courtines étaient fermées. Bert s’approcha. Deux gardes abaissèrent aussitôt leurs hallebardes :

– Personne en passe ! s’écrièrent-ils.

– Mais pourquoi donc ? demanda le vieil homme.

– Parce que c’est la guerre, répondit l’un des gardes.

– La guerre ? s’étonna Bert. Quelle guerre ?

– La guerre entre ceux qui aiment les raisins dans le taboulé et ceux qui les détestent.

 

Parenthèse instructive :

Le saviez-vous ? La guerre du taboulé avec ou sans raisins fut un des conflits les plus meurtriers de notre histoire. Cette lutte fut encore plus sanglante que celle qui opposa ceux qui disent « pain au chocolat » à ceux qui parlent de « chocolatine ». Parmi les autres grands conflits mondiaux, il faut encore mentionner la guerre entres les mangeurs de croûte de pizza et ceux qui la laissent, la guerre entre les lecteurs qui cornent la page des livres et les utilisateurs de marque-pages et, bien sûr, la grande bataille sur l’orientation du rouleau de papier toilette. »-

« Le vieil homme vit le loup qui salivait, et devina ses pensées. Avec agacement, il lui donna une chiquenaude sur le museau.

– Monsieur le loup, réfléchissez une minute ! lui dit-il. Si vous dévorez mes joufflots, vous aurez encore faim d’ici quelques heures. Alors que le bébé – vivant – est une créature très utile, car rien n’est plus ravageur. Donnez-lui un livre, par exemple, et celui-ci est déchiré en menus morceaux dans la seconde !

Pour appuyer ses dires, Bert plaça quelques pitouniots autour de la maison en brique. Aussitôt, Claude 81 arracha toutes les primevères. Claude 17 se mit à gratter la brique avec ses petits ongles, Claude 225 s’amusa à ronger la porte. En quelques minutes, il y avait un gros trou dans les plates-bandes, le mur s’effritait, et le bas de la porte était tout gondolé à cause de la salive du vaurien.

Bert ne s’attendait pas à des résultats aussi rapides. « Certes, ils avancent à quatre pattes, mais qu’est-ce qu’ils m’épatent ! », pensa-t-il. Le cochon, derrière ses fenêtres, faisait nettement moins le malin.

Le loup se frotta les mains. Pour pas cher, il fit l’acquisition de trente choupignots. Il était ravi ! Il allait se constituer un redoutable bataillon de bébés, et partir à l’assaut de toutes les maisons de petits cochons. Fini les brimades, les renards qui se moquaient de lui et les enfants mal élevés qui le malmenaient ! L’heure de la vengeance avait enfin sonné. »

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