Une farouche liberté / Gisèle Halimi

Le livre est paru l’année dernière, en 2020. Des images d’archives du procès de Bobigny ont été largement diffusées. Même sans avoir lu son livre, vous avez forcément entendu parler de cette femme franco-tunisienne. Elle est morte en juillet 2020, à l’âge de de 93 ans. A l’écoute de ce livre audio, je découvre une femme incroyable aux mille vies et combats. Un exemple à suivre pour les générations à venir. D’ailleurs Audiolib autorise l’écoute de ce livre audio en classe 😉

Dans cet entretien avec Annick Cojean, Gisèle Halimi raconte son enfance, ses premiers combats féministes à la maison, refusant de servir ses frères et entamant une grève de la faim. Elle remarque et pointe les différences de traitement entre les filles et les garçons. Elle ne supporte pas l’injustice et toute sa vie elle s’y opposera.

Dès son plus jeune âge elle se débrouillera pour obtenir une bourse et continuer d’aller à l’école. Une fois son bac en poche, en août 1945, elle partira à Paris faire des études de droit et de philosophie qu’elle réussira. Elle deviendra donc avocate, témoin engagée. Déjà consciente que pour « se sauver » et ne pas être humiliée, il fallait qu’elle soit « indépendante économiquement », qu’elle ne soit pas une « quémandeuse » comme sa mère et toutes les femmes de son entourage.

Une femme de conviction qui aura le même message que Simone de Beauvoir ou Simone Weil : « se battre est un devoir, tendre la main aux autre femmes une responsabilité, convaincre les hommes de la cause une nécessité ».

Cette héroïne sera sur tous les fronts, aux côtés des femmes violées accusées de délits pour avoir avorté, auprès du FNL lors de la guerre d’indépendance de l’Algérie et de la Tunisie. Elle se présentera en politique car pour changer les lois (égalité professionnelle, lutte contre le viol, avortement), il faut que les femmes participent à l’écriture de ces lois.

Elle a toujours beaucoup lu : « les livres me donnaient confiance (en mon avenir) et force (pour résister au poids accablant d’être née femme, un être humain de seconde zone) ».

Elle partage quelques moments d’intimité avec ses trois enfants (que des garçons, elle regrettera de ne pas avoir eu de fille), son mari et quelques anecdotes avec Sartre, Beauvoir, Françoise Sagan, Aragon, Elsa Triolet, Guy Bedos.

A la fin du CD, on peut écouter sa plaidoirie lors du procès de Bobigny en 1972, où elle avouera avoir elle-même avorté à l’âge de 19 ans. Un procès où « les hommes jugent et ne savent rien de la vie des femmes ».

Une femme insoumise, rebelle et courageuse qui voulait tout simplement « changer le monde que je trouvais si mal fait ». Les derniers mots du livre sont : « On ne né pas féministe, on le devient. »

Merci à Babelio pour cette lecture/écoute passionnante, ainsi qu’à Audiolib.

Ce texte est lu et incarné par Françoise Gillard.

Morceaux choisis :

« Soyez libre, la maternité n’est ni un devoir ni l’unique moyen d’accomplissement d’une femme, elle mérite réflexion, considération sans aucune autocensure. Pourquoi faire un enfant ? Ce doit être une décision prise en liberté et en responsabilité. Un engagement réfléchi et lucide. N’ayez pas peur de vous dire féministe ! »

« Misez sur la sororité. Désunies, les femmes sont vulnérables. Ensemble, elles possèdent une force à soulever des montagnes et convertir les hommes à ce mouvement profond. Le plus fascinant de toute l’histoire de l’humanité. »

Note : 5 sur 5.

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