Les grandes occasions / Alexandra Matine

Un livre touchant sur la famille, riche en émotions, qui ne vous laissera pas indifférent. Les mots sonnent justes. Tout un chacun pourra y reconnaitre un membre de sa famille. Mais attention ce premier roman est terrible, si vous êtes plutôt dépressif en ce moment, vous n’y trouverez pas de réconfort ou de luminosité.

Je vous livre l’incipit pour vous donner le ton :

« Aujourd’hui, Esther va mourir. Ou demain. Ou dans quelques jours. On ne sait pas. »

Le roman s’ouvre sur une famille réunit autour d’un lit d’hôpital. C’est le moment de prendre une décision. Esther est dans un état de mort cérébrale. Elle est âgée. Ses quatre enfants versent des larmes.

« Longtemps, Esther avait rêvé de revoir sa famille réunie. Devant elle, à présent sans qu’elle puisse le voir, prend forme le tableau rêvé ; la tapisserie secrète devant laquelle elle avait agenouillé sa vie, et dont, du matin au soir, année après année, elle avait tissé les fils de soie colorés. Sa famille était son œuvre inachevable. »

Le motif de la tapisserie, des liens tissés, reviendra souvent dans le roman. Elle nous emmène alors dans son passé et égrène ses souvenirs. Elle nous parle de son mari Reza, d’origine iranienne. Il est venu faire ses études de médecine en France. Il a vécu une enfance difficile. Elle décrit ses enfants : Carole, Alexandre, Bruno et Vanessa. Mais surtout la dure réalité de se retrouver seule, une fois les enfants partis. Elle pensait pouvoir garder la petite dernière auprès d’elle, Vanessa.

« Il lui avait fallu trois enfants, trois départs, et la menace d’un quatrième pour comprendre ce que c’était qu’être mère. Le destin d’une mère, c’est de laisser partir ses enfants. De son ventre, de sa maison, de ses bras. Les douleurs de l’enfantement ne sont rien comparées à la douleur éternelle de la séparation. Mettre au monde ce n’est pas accoucher, c’est se laisser abandonner. »

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est qu’ensuite nous avons aussi le point de vue de chaque enfant sur son enfance, ses parents, les relations entre frères et sœurs. On ressent toute la pression et le poids de l’héritage familial. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir cette famille, ses secrets, ses fêlures. En tout cas, il ne restera plus que les grandes occasions à Esther pour essayer de réunir toute sa famille.

La nouvelle maison d’édition Les Avrils commence fort. La rencontre #vleel d’hier soir, nous a montré l’enthousiasme de Sandrine Thévenet, Lola Nicolle et de toute l’équipe pour défendre leurs auteurs et leurs textes. Tous les romans et récits à paraître ont l’air bien tentant. J’aimerais beaucoup lire le deuxième roman de Martin Dumont, « Tant qu’il reste des îles ». Et la charte graphique, simple et colorée, donne effectivement envie de commencer une collection !

Merci aux 68 premières fois pour cette lecture.

Note : 3.5 sur 5.

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