L’invité du miroir / Atiq Rahimi

Un roman qui sort de l’ordinaire à différents égards. D’abord son format est à l’italienne, ensuite il ne s’agit pas vraiment d’un roman, plutôt de deux contes insérés dans un récit et illustrés de dessins et croquis de l’auteur.

Un livre atypique sur un sujet difficile, l’horreur du génocide au Rwanda en 1994.

Il est donc composé de deux contes rwandais, « Le chagrin de la petite chèvre » et « La genèse du lac Kivu ». A la fin lexique de mots en kinyarwanda permet de se plonger dans cette langue pour mieux comprendre la culture de ce pays.

Atiq Rahimi s’intéresse à la poétique et la rhétorique des langues. Il a quitté l’Afghanistan en 1984 pour fuir la guerre. Arrivé en France en tant que réfugié, il demande l’asile et reprend des études. Son rapport à la langue et à la littérature est très fort. Dans ce livre ses mots sonnent comme une poésie pour dire l’innommable. D’ailleurs vous pouvez retrouver sur France Culture un podcast dans les « Masterclasses » intitulé « Atiq Rahimi : Toute notre littérature est fondée sur la poésie, car c’est grâce à elle qu’on échappe à toute forme de censure ».

Il a reçu le prix Goncourt en 2008 pour son roman « Syngué sabour : pierre de patience ». Il est écrivain mais aussi cinéaste et photographe. Dans tous ses actes et paroles, il milite en faveur de la paix et de la tolérance.

Note : 5 sur 5.

« Igisekeramwanzi » : l’enfant qui sourit même à l’ennemi, pour désigner l’innocence.

A l’occasion d’un tournage :

« Ici,

je filme

l’Innommable

dans le rêve e le cauchemar des anges noirs aux ailes de cygne. »

Conversation avec un homme :

« Il faut nommer l’horreur,

nommer pour l’identifier,

l’identifier pour ne pas l’oublier,

ne pas l’oublier pour ne pas la répéter

ne pas la revivre… »

[…]

« Ici, le silence

n’est pas pour prier

mais pour chercher

à nommer les maux innommables. »

[…]

« Les survivants d’un génocide n’ont pas d’ombre.

Ils sont ombres.

Ombres errantes de leurs morts. »

[…]

« Un million

Torturés, coupés, découpés…

D’autres disent huit cent mille.

D’autres moins…

Plus…

… moins.

Qu’importe !

Tuer un seul être,

un seul,

au nom de sa naissance,

c’est un génocide.

Un seul. »

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