Quel plaisir de retrouver le style d’Amélie Nothomb dès les premières lignes. Le cru 2026 est cependant moins bon que d’autres années, mais il se laisse tout à fait bien lire.
Nous sommes à Paris, en temps de covid, un homme adopte un peu par hasard un perroquet. Un gris du Gabon, interdit en France, et qui peut vivre jusqu’à 70 ans. Peu à peu la cohabitation devient tendue. Alban pense pouvoir établir une communication et un langage avec Jo. Il lui fait écouter les musiques qu’il aime et observe son comportement, la façon dont il intègre ses paroles. Il se prend pour son père et compare son amour à celui d’un père pour son enfant. Quand celui-ci devient détestable, il ne peut pas l’abandonner. Il se sent responsable de lui.
On suit les mésaventures d’Alban qui se réfugie au musée du Louvre, sauf le mardi puisqu’il est fermé, en se demandant comment tout cela se terminera. Amélie Nothomb se sert toujours de l’ironie et glisse des références aux contes comme Barbe Bleue. Un court roman de 154 pages qui se lit très vite et qui se conclut trop vite à mon goût.
Incipit :
« Le Louvre ferme un jour par semaine. Je trouve cela scandaleux : le mardi, je n’ai pas le droit d’aller chez moi. On pourrait voir les choses autrement. Six jours par semaine, n’importe qui a le droit d’aller chez moi. Il faut croire que je suis d’un naturel hospitalier, car cela ne me dérange pas. »
« Le pire demeurait sa violence. Il m’aimait, je le croyais du moins. Est-on jamais sûr de l’amour de son enfant ? Est-on jamais sûr de l’amour de qui que ce soit ? »
« Ce mutisme m’aida. Comment peut-on croire que parler soigne ? C’est le contraire. La parole étend le domaine de la douleur. Il n’existe pas d’allié aussi puissant que le silence. »

Un avis sur « L’adolescence du perroquet / Amélie Nothomb »