Simone / Léa Chauvel-Lévy

Voici un roman qui me faisait de l’œil depuis sa sortie lors de la rentrée littéraire 2021. J’ai profité de mes vacances pour le lire. J’ai passé un bon moment avec Simone et André Breton. Dans ce premier roman, Léa Chauvel-Lévy imagine la rencontre de ces deux êtres dans un Paris d’après-guerre (1920). Le besoin de légèreté et de s’amuser se fait ressentir. C’est pourquoi André Breton et ses camarades dadaïstes inventent de nombreux dispositifs artistiques.

Le livre est surtout centré sur Simone. Le lecteur est placé de son point de vue. Cette jeune femme de 23 ans vient de se faire avorter clandestinement. Son petit ami, Voldemar part pour 6 mois en Amérique. Elle passe par des phases dépressives depuis petite. Son moral a donc des bas et des hauts. Elle aime sortir, discuter littérature. Elle rejette d’abord les dadas, puis fait la rencontre d’André.

Simone est une femme promise à Voldemar, un bon parti que ses parents approuvent. Alors qu’André Breton n’a aucune situation, rien pour plaire aux parents de Simone, qui le rejettent.

On ressent toute la pression familiale et les conventions de cette époque qui corsètent les actions et pensées de Simone. Mais l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est bien réel et c’est cette belle histoire que nous raconte l’autrice. Simone est un personnage attachant.

J’ai aimé les passages où elle se rend chez sa cousine à Sarreguemines, car ce n’est pas très loin de chez moi. Elles visitent également le musée de Colmar. C’est toujours amusant de reconnaître des lieux dans les romans. L’écriture est belle et fluide. Si vous avez envie de lire une passion amoureuse ou si vous aimez les biographies romancées, ce livre devrait vous plaire ! En plus vous serez immergés dans le Paris des années 1920 et le courant artistique du dadaïsme.

Note : 4 sur 5.

Incipit :

« De son histoire avec Voldemar, il restait une tache de sang. »

« Au début, on n’éprouve rien, on est sonné, mais la tristesse des avortements est pernicieuse, elle se déclare après coup. »

« Simone entretenait un rapport ambigu à la solitude. Tantôt elle y puisait une force souterraine qui lui permettait de lire et écrire, tantôt elle la redoutait comme un ennemi d’autant plus inquiétant qu’il venait de l’intérieur. »

« Les livres sont parfois de bien salvateurs comparses. Ils déclament à visage découvert l’inavouable. »

« Tout ce qui pouvait l’éloigner de Breton la contrariait. Elle s’inquiétait sans cesse de son état, plus rien ne la captivait et même la lecture, qui la plongeait d’habitude dans une intériorité vivante, la lassait aujourd’hui. »

« Voit-on le monde de la même façon lorsqu’on lit les mêmes ouvrages ? Est-on destiné à être amis quand sur sa route on a aimé les mêmes personnages ? »

« Le secret est aveugle, il n’ouvre sur rien, il se referme sur lui-même, il est cette trappe derrière laquelle menace le vide. Il prive ses auteurs de langage, il les plonge dans l’incommunicabilité et les tient à l’écart de la société. De génération en génération, il est là, en arrière-plan, et il survit. »

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