Journal amoureux 1951-1953 / Benoîte Groult et Paul Guimard

Dans une longue préface, Blandine de Caunes explique le contexte de ce journal à 4 mains et sa publication. Paul souhaite donner confiance à Benoîte pour qu’elle se lance dans l’écriture. Elle a l’habitude de tenir un journal intime mais pas d’écrire pour être lue. Alors que pour Paul c’est l’inverse, il est journaliste. Il écrit aussi des poèmes qui ne sont pas publiés et qu’on retrouve dans ce livre.

L’écriture de ce journal va devenir un jeu entre eux, comme un ping-pong, ils se répondent. On y trouve des souvenirs de vacances, des dîners, des références littéraires, des réflexions autour du couple, la construction des « vatères » dans leur maison de campagne, le tout avec beaucoup d’ironie et d’humour. On voit aussi le côté le plus connu de Benoîte, la féministe.

Il y a parfois des pages manquantes, toujours signalées.

Ce journal est un véritable témoignage d’une époque, les années 50. Cette lecture ne m’a pas passionnée mais nul doute qu’elle plaira aux fans de Benoîte Groult. Pour ma part, j’ai préféré la plume de Paul Guimard.

Benoîte :

« Voilà. J’ai fait crever ma bulle à la surface du marais putride de la vie conjugale.
Je souhaite à Paul de se pencher sur mon journal avec avidité, de respirer cette bulle que je lui claque au nez, et d’en être empoisonné. »

« Il n’est pas toujours réconfortant de vivre avec un homme qu’on a vu si bien mentir à une autre femme. Si bien, si longtemps et avec tant de simplicité et de naturel. Elle ne se doutait de rien – moi non plus. »

« Je vis dans l’ivresse depuis que je conduis la 4CV. Travailler n’est plus une corvée, la clé de ma voiture est pour moi le signe de la richesse et de la liberté. Je me sens femme de luxe, fille entretenu et je fais claquer très fort la portière quand je reviens de chercher le pain, avec la voiture, luxe suprême, et quand passent « la dame du dessus » ou « la dame du dessous » ployant sous le poids des filets. »

Paul :

« Alors ? Plus d’un mois sans une seule ligne !
Je finirai par croire ce qu’on dit : que les gens heureux n’ont pas d’histoire. […] Il n’y a pas de quoi faire un roman et moins encore un journal. »

Merci à Netgalley et Stock pour cette lecture.

Note : 3 sur 5.

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