Comme des bêtes / Violaine Bérot

J’ai été totalement happée par ce roman que j’ai dévoré. Il est court, 147 pages.

Chaque chapitre est le récit d’un personnage interrogé par la gendarmerie. L’histoire se passe dans un petit village des Pyrénées. On découvre l’affaire au fur et à mesure et ainsi que le personnage central, un jeune homme surnommé l’Ours. C’est un garçon différent, plus grand que la moyenne, qui ne parle pas. Sa mère, Mariette, l’a rapidement retiré de l’école, voyant que sa différence était peu acceptée et que son fils en souffrait. Il vit donc dans la montagne, près de la grotte aux fées, dans un endroit reculé où peu de personnes viennent. Sauf qu’un jour, un groupe de randonneurs aperçoit une petite fille nue se baladant toute seule dans la montagne. Après l’avoir signalée aux gendarmes, ceux-ci finissent par arrêter l’Ours et emmener la petite fille.

Chacun y va de son hypothèse. Le récit se construit pièce par pièce tel un puzzle. La mère réclame son fils, s’inquiète pour lui, il ne supportera pas d’être enfermé. Certains témoignages disent qu’il possède un don pour guérir les animaux et qu’il pourrait aussi s’occuper d’êtres humains. Et puis il y a la légende autour de la grotte aux fées. Les fées s’expriment entre chaque chapitre à la manière d’un poème.

J’ai beaucoup aimé ce premier roman : la construction de l’histoire autour des différents témoignages, les interprétations des uns et des autres montrant les préjugés et cette absence de droit à la différence, cette peur de l’autre. Le récit de la mère est très touchant. On ressent l’amour qu’elle lui porte, c’est très fort, très bien écrit. Et puis quel crédit peut-on accorder aux légendes et croyances ? Question que je laisse en suspens ou plutôt à l’appréciation de chacun.

J’ai hâte de lire un autre roman de cette autrice. Gros coup de cœur pour moi ! Une belle découverte.

Merci à Netgalley et Buchet Chastel pour cette belle lecture.

Note : 5 sur 5.

« Depuis toujours
nous
les fées.

Depuis toujours
au-dessus du monde d’en bas
à observer ce qui s’y trame.

Nous
les fées
cachées dedans la grotte
à l’aplomb de la paroi
discrètes
curieuses.

Nous
les fées
qui du monde d’en bas
aurions tant à raconter. »

« Non, je ne me calmerai pas ! Vous enfermez mon enfant et vous voulez que je reste calme ? Vous enfermez mon garçon que toute sa vie j’ai justement protégé de ça, d’une vie enfermée. Vous le mettez en cage, et vous me demandez à moi, sa mère, de rester calme ? Mais ils sont où, vos psys, ils sont où ceux qui comprennent quelque chose ? Il n’y a personne chez vous qui s’intéresse un peu aux gens différents ?

Pourquoi je suis aussi en colère ? Mais vous vous foutez de moi ? Vous ne trouvez pas normal qu’une mère à qui on a aussi brutalement, aussi violemment enlevé son enfant soit en colère ? Vous êtes fiers de la façon dont vous avez procédé ? Envoyer un hélicoptère, rien que ça ! Et l’attraper dans un filet ! Vous pensiez capturer quoi ? Une panthère ? Un tigre ? Mais imaginez que l’on ait fait ça à votre propre enfant ! Imaginez ! Et pas à n’importe lequel de vos enfants, non, au plus fragile, à celui dont on vous a toujours dit qu’il n’a pas toute sa tête, qu’il ne comprend rien, celui qui a peur de tout. Imaginez. Vous ne seriez pas en colère, vous ? »

2 commentaires sur « Comme des bêtes / Violaine Bérot »

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