La fenêtre au sud / Gyrdir Eliasson

Nous sommes au printemps, un écrivain, seul au bord de la mer, nous raconte ses journées, comment il essaie d’avancer dans l’écriture de son roman. Il écrit aussi des poèmes de temps en temps.

Il refuse d’utiliser un ordinateur et tape à la machine à écrire avec un ruban usé. Si usé que les lettres sont presque invisibles.

Il habite à Reykjavik mais préfère écrire dans cette maison près de la mer, prêté par un ami.

Il reçoit de temps en temps des coups de fil de sa sœur, de sa mère, de son éditeur ou du propriétaire de la maison, mais laisse souvent son téléphone éteint. Il faut dire qu’il est assez solitaire et renfermé. C’est un homme assez atypique, intrigant.

On dirait qu’il fuit une femme, une histoire d’amour malheureuse. Il tape de longues lettres « à celle qui me tient à cœur » mais ne les poste jamais. Et quand il en reçoit, il les brûle directement sans les lire.

En allant faire ses courses au village, il rencontre un homme :
« – T’es écrivain ?
– Faut croire.
– Les écrivains sont des bons à rien.
– Tout à fait.
– Absolument nuls.
– Je ne saurais mieux dire. »
« Il me regarde, stupéfait que j’acquiesce à ses propos.
J’ignore pourquoi il s’est senti obligé de me dire ce que j’ai toujours su. »

Quand il se rend au café ou à la librairie, c’est aussi l’occasion de scènes décalées et drôles.
Les chapitres sont entrecoupés de titres de journaux, comme par exemple sur les attentats de Kaboul.
Il parle de temps en temps de son enfance ou de ses parents. On devine à demi-mots certaines choses.

Il s’agit donc d’un roman lent, où il ne se passe pas grand-chose, si ce n’est les saisons qui défilent et modifient le paysage et les habitudes de l’écrivain. Si vous aimez la poésie et les beaux paysages, la nature, il devrait vous plaire.

Ce livre fait partie d’un triptyque sur la solitude. Le premier roman de ce triptyque paru en 2019, que je n’ai pas lu, est « Au bord de la Sanda ».

Gyrdir Eliasson est un romancier et poète islandais, bref tout ce que j’aime !

« L’encre s’épuise, l’écrivain tapera bientôt blanc sur blanc, traversant la page comme on marche dans la neige. »

Note : 4 sur 5.

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