Il est des hommes qui se perdront toujours / Rebecca Lighieri

Quelle claque ! Alors celui-ci est un énorme coup de cœur !

Mais ça ne m’étonne pas trop, puisque je vois qu’en fait Rebecca Lighieri est Emmanuelle Bayamack-Tam, ceci explique cela !

Ce roman est l’histoire d’une famille racontée par l’aîné des enfants, Karel. Il a une sœur, Hendricka et un frère, Mohand.

« Nous étions trois à avoir été décapités dès l’enfance, trois à qui on avait refusé tout épanouissement et toute floraison, trois à n’être rien ni personne. »

Karel consulte un hypnothérapeute pour se débarrasser de ses addictions et c’est depuis ce divan qu’on apprend tout depuis ses 7 ans, 6 ans pour Hendricka, Mohand n’est pas encore né. Nous sommes dans une cité à Marseille dans les années 80.

Le père s’appelle Karl Claeys, d’origine belge, c’est un bel homme, accro aux drogues dures, toujours à la recherche d’un plan lucratif.

La mère, Loubna, est d’origine kabyle. Elle a un strabisme. Elle est totalement dévouée à son homme.

Les enfants n’aiment pas rester seuls avec le père. Il peut s’énerver pour un rien.

Karel et Hendricka sont deux magnifiques enfants. Karl va les trainer de castings en castings pour essayer de faire d’eux des poules aux œufs d’or, ne connaissant pas la loi protégeant les mineurs de la vénalité de leurs parents. Il espère en faire les nouveaux Michaël Jackson et Céline Dion, mettant à l’abri du besoin toute la famille, alors que les enfants ne mangent pas toujours à leur faim.

« J’ai sept ans, mais je sais déjà à quoi peuvent servir les cuillers. J’ai sept ans, mais je m’y connais en drogues dures – je m’y connais en dureté tout court, d’ailleurs. »

Mohand arrive suite à un accident de contraception. Il pleure tout le temps, il est chétif, a la lèvre fendue, un strabisme, du duvet. On le considère comme trisomique. Le père voulait qu’elle avorte. La mère lui a tenu tête. Il n’aime pas Mohand. Il y a une scène terrible où le père tient le bébé au-dessus du balcon, prêt à le jeter dans le vide.

Bref, vous voyez l’ambiance ! Ce n’est pas joyeux chez les Claeys, les coups et les cris pleuvent, encore plus pour Mohand.

Heureusement il y a les copains qui permettent de sortir et de s’évader. Karel a un camarade d’école gitan, Rudy, qui partage son goûter avec lui. Karel va tomber amoureux de la sœur de Rudy, la belle Shayenne. Ils se promettent amour et fidélité, c’est le début d’une longue histoire tumultueuse. Le trois enfants Claeys passent dès lors tout leur temps libre avec les gitans, dans leur camp appelé « Le Passage ». On les voit grandir, évoluer. Même si Karel est le narrateur et personnage principal, les personnages de Hendricka et Mohand sont tout aussi denses.

Voilà pour le contexte, je vous laisse découvrir l’histoire terrible de cette famille, qui comme vous vous en doutez finira mal.

J’ai aimé cette plongée dans une époque de Marseille, avec son argot. J’aime beaucoup l’écriture de cette auteure, je n’ai pas pu lâcher le roman avant sa fin. Digne d’un scénario de film, avec des rebondissements, une énergie, une urgence à vivre, à raconter.

Je vous recommande vivement sa lecture !

« L’espérance de vie de l’amour, c’est 8 ans. Pour la haine, comptez plutôt 20 ans. La seule chose qui dure toujours, c’est l’enfance, quand elle s’est mal passée. »

Note : 5 sur 5.

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