Paradis perdu est une nouvelle collection chez Charleston qui permet à un auteur de se replonger dans son enfance ou adolescence.
Julien Sandrel se lance sur les traces de sa famille paternelle, originaire d’Italie. Direction Naples avec ses deux « bros » (frères), Andrea et Alexandre. Il espère retrouver la tombe de son arrière-grand-mère, Pasqualina. Une joyeuse aventure et beaucoup d’anecdotes racontées en toute simplicité et sincérité, ce qui en fait un récit très touchant.
Il est question de transmission, de secrets, d’amour, de repères, de racines. Un voyage qui permet aussi de découvrir ce qui lui a été transmis inconsciemment. Il parle de son rapport à l’écriture et comment les études scientifiques l’en ont éloigné avant d’y revenir à 35 ans. Ses romans sont souvent cités pour expliciter des thèmes qui lui sont chers.
Cela donnerait presque l’envie de débuter des recherches généalogiques et d’interroger les plus anciens de la famille. Il y a d’ailleurs 2-3 documents d’archives insérés entre les pages.
Un livre émouvant et solaire, à l’image de son auteur. Une belle déclaration d’amour à sa famille et tout particulièrement à ses frères.
A lire si vous aimez les histoires de famille, les secrets, les quêtes ou l’Italie tout simplement ! Et bien sûr si vous êtes fan des livres de Julien Sandrel !
Je remercie Babelio et Charleston pour cette masse critique privilégiée
Incipit :
« Hello, puis-je donner ton numéro à ma sœur Debora ? Elle est éditrice et voudrait te proposer quelque chose. Bises. Lisa »
« J’étais parfaitement conscient que cent pour cent de ma famille paternelle était d’origine italienne, mais je ne me sentais absolument pas italien. Sans doute parce que, chez moi, personne ne parlait la langue… et surtout, personne n’évoquait jamais l’Italie. L’Italie était un non-sujet. »
« Être italien – et surtout, napolitain -, pour mon grand-père, c’était tout simplement honteux. »
« En posant ces mots, je mesure le chemin psychologique parcouru. Il y a dix ans, je n’aurais pas été capable de dévoiler mes fragilités de cette manière. Pas même à mes frères. Je crois que l’écriture y est pour beaucoup. Elle m’impose, parfois malgré moi, cette plongée intérieure régulière, honnête. Elle réclame un travail d’introspection qui finit par me changer en profondeur. »
