Jean-Luc et Jean-Claude / Laurence Potte-Bonneville

Voici un roman polyphonique assez surprenant, on ne sait pas trop où va nous mener sa lecture ! En tout cas il se déroule dans la Baie de Somme, un jour de tempête. Les personnages principaux sont Jean-Luc et Jean-Claude, un jeune homme, une directrice d’un foyer et un phoque !

Tous les jeudis, Jean-Luc et Jean-Claude se rendent au bistrot. C’est leur sortie de la semaine, sans éducatrice. Ils doivent être rentrés au foyer pour 17h. La gérante du bistrot les connait bien. Elle sait qu’elle ne doit pas leur vendre de jeux d’argent comme le loto dont ils sont friands. Ils n’ont pas la notion de la valeur de l’argent. Pour eux, tous les chiffres se terminent par 999. Deux êtres vulnérables dont la société ne sait pas trop s’il faut les enfermer dans un cocon ou leur donner un peu d’autonomie.

Ce jour-là, dans le bistrot, il y a également un jeune homme un peu paumé. Ils entament une conversation, puis l’imprévu et la tentation s’invitent dans la routine de Jean-Luc et Jean-Claude.

Je vous laisse découvrir les aventures de Jean-Luc et Jean-Claude, deux êtres plutôt attachants. En tout cas je n’ai pas voulu les abandonner avant de connaître la fin de leur histoire et l’autrice ménage le suspense. Il y a des scènes assez drôles comme le coup de fil de la directrice du foyer à la gendarmerie, ou une des dernières scènes sur la plage. Laurence Potte-Bonneville pose un regard tendre sur des êtres fragiles avec une plume sensible et de l’humour. Ce premier roman loufoque fait partie de la sélection des 68 premières fois. Il a reçu le prix Stanislas et SGDL Révélation d’automne 2022.

Note : 4 sur 5.

Incipit :
« A quelques mètres au-dessus d’elle, la tempête fait rage. Elle avait préféré replonger pour trouver des eaux plus calmes et cette rencontre fortuite aurait dû la conforter dans son désir de fuir, mais elle interrompt sa course désordonnée pour se maintenir en suspension et accompagner un instant le corps dans sa chute vertigineusement molle. »

« Ils sont deux à rentrer, un petit mec engoncé dans une doudoune blanche on ne voit que ça et ses oreilles décollées, qui va s’asseoir au bar pendant que l’autre, un balèze, reste debout. Un ours et un rat entrent dans un bistrot, le début d’une bonne vanne. »

« C’est Jean-Luc qui passe la commande, ils font toujours comme ça. Ils décident à l’avance sur le chemin de ce qu’ils vont prendre. Ça dépend du temps qu’il fait et aussi de ce qu’ils ont pris la semaine d’avant. C’est Jean-Luc qui s’en souvient pour eux deux parce que Jean-Claude ne se rappelle pas ce genre de choses. Pour aujourd’hui ils se sont mis d’accord, Jean-Claude avait encore envie d’un coca mais Jean-Luc a proposé de prendre plutôt un Orangina Light à cause des insomnies et du diabète. Christine a bien répété tout à l’heure « attention au sucre Jean-Claude », mais ça n’était pas la peine, Jean-Luc n’oublie pas ce genre de choses. »

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