La beauté du ciel / Sarah Biasini

Voici le premier roman de l’actrice et écrivaine Sarah Biasini, fille de Romy Schneider et Daniel Biasini. Si comme moi vous aimez les récits intimes, ce livre devrait vous plaire.

Sarah Biasini, 40 ans et jeune maman, écrit ce roman à l’intention de sa fille, Anna. Une grossesse voulue et désirée mais qui a été difficile à mettre en route.

« Pourquoi je t’écris ? Pourquoi cela devient-il un travail, un besoin, une nécessité absolue ? Je ne vais pas mourir. Pas tout de suite, pas dans un an, pas à 44 ans comme ma mère. Mais si jamais, je dois te laisser quelque chose de moi. J’ai si peu de ma mère, j’aurais voulu qu’elle aussi m’écrive, mais comment pouvait-elle imaginer ce qui allait suivre ? »

Sa mère meurt alors qu’elle a 4 ans. Sarah grandit avec sa grand-mère paternelle qu’elle appelle sa mère-grand-mère et sa nourrice Nadou. Dans ce livre elle leur rend un bel hommage. On sent tout l’amour et la bienveillance de sa famille paternelle, très unie.

On ressent également tout l’amour qu’elle a pour sa mère, disparu trop tôt, dont elle a peu de souvenirs et qu’elle ne nomme jamais dans le roman. Un manque terrible dans sa vie, tout comme l’absence de son frère, David, décédé peu de temps avant sa mère.

Elle évoque quelques rencontres avec des monstres du cinéma (Michel Piccoli, Alain Delon, Claude Sautet) qui lui permettent d’en savoir plus sur sa mère. Elle parle de son métier de comédienne. Et telles de petites souris, on savoure ses moments offerts. Elle a aussi de la colère en elle, notamment contre les journalistes qui écrivent n’importe quoi sur sa mère, ou à propos des films documentaires qui ne montrent qu’une face biaisée d’elle. Il faut dire que Romy Schneider est une légende du cinéma. La notoriété de sa mère l’atteint dans sa vie, encore aujourd’hui.

Elle parle de son père aussi qui lui a transmis son amour pour l’art. Le titre d’ailleurs a un rapport avec le surnom que son père lui donnait : « ma beauté des îles ».

« Quoiqu’il en soit, c’est avec le plus grand naturel que je me suis mise à t’appeler toi, Anna, ma Beauté du ciel, puisque c’est de là que tu viens, de ta grand-mère au ciel, qui nous regarde. J’arrête les violons. »

C’est un livre sur la famille et le deuil, où elle partage ses réflexions sur la maternité. On entre ainsi dans son intimité. C’est touchant et juste, on a envie de la serrer dans nos bras et de la rassurer. C’est beau aussi, sa plume est délicate, sensible. Quand elle confie ses angoisses sur la possibilité que sa fille meurt, une femme qu’elle connaît lui répond : « Tu ne dois pas avoir peur, la vie t’a déjà appris tout ça. Tu es vaccinée. »

Alors elle choisit la vie et dit à sa fille qui fait ses premiers pas : « Allez va, fais ta vie maintenant ! Va, ma Beauté du ciel, je t’aime tant. Maman. »

Une belle déclaration d’amour à sa mère et à sa fille.

Merci à Netgalley pour cette très belle lecture.

Note : 4.5 sur 5.

Morceaux choisis :

« Je prends conscience de l’importance de l’impression sur papier, de la fixation du souvenir, garder une trace, voir nos têtes vieillir. Capturer la joie, la beauté, l’encadrer, l’exposer, chez nous. Je vois l’amour de ma mère sur ces photos. »

« Quand la mort empêche de connaître quelqu’un, on ne cherche pas pour autant ce qu’on ignore. On le laisse en blanc. »

« La mère ne m’a jamais manqué, petite. C’est la femme qui m’a manqué, une fois adulte »

« J’entends dire qu’on ne doit pas, qu’il n’est pas utile, de tout savoir sur la vie de ses parents. Cela m’arrange bien, ce n’est donc pas un handicap, je peux continuer dans ma vie. Je me rassure comme je peux. Sauf que l’on finit toujours par avoir besoin de savoir. Ou par souffrir de na pas savoir. Le manque de connaissance deviendrait un problème. Dans mon cas, le monde extérieur m’abreuve de détails, de théories, d’hypothèses, au point de me pousser à la fuite. Des informations m’arrivent de toutes parts. Je ne veux plus rien entendre. Puis il y a toutes les choses indicibles. »

« Je veux le meilleur pour toi. Devenir mère c’est devenir folle. D’inquiétude. » « Il n’y a pas trente-six manières de voir les choses. Soit tu suis les morts, soit tu restes en vie. J’ai bien fait d’attendre, tu es arrivée. Ne crois pas que je veuille coller une charge supplémentaire sur tes frêles épaules. Tu ne me dois rien et je te dois tout. A qui je parle ? A vous deux en même temps. »

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