En Provence, au bord des étangs, une femme cherche le butor étoilé. Elle cherche aussi Dedou, une jeune fille qui a disparu. Tout le village recherche Dedou. Toutes les hypothèses sont envisagées. Peut-être a-t-elle été mangée par le loup ?
On se promène dans la nature avec elle, à la rencontre des différentes espèces animales qui y vivent. Elle entame une correspondance avec un ancien amoureux, Marc. Mais celui-ci a déménagé et ses lettres arrivent à Damien. Il les lit et tombe amoureux d’elle. Il espère ses lettres.
Les chapitres alternent entre deux points de vue, la femme et Damien. Le mystère plane sur ces pages. Est-ce que Dedou sera retrouvée ? Est-ce que Damien et la femme se rencontreront et s’aimeront ?
Il est question de désir, de solitude, de regrets, de liberté. Les odeurs sont très présentes. Un roman très onirique, doux et lent qui donne envie de s’asseoir entre les roseaux et d’observer la nature tout en espérant voir un butor étoilé. Admirez la très jolie couverture illustrée par Pierre Belon, un naturaliste du XVIe siècle.
Livre lu dans le cadre du Bookclub VLEEL de janvier dédié à la maison d’édition Le Tripode.
⭐⭐⭐⭐
Note : 4 sur 5.
Incipit : « Rien ne presse. »
« J’attendais sur la souche détrempée d’un banc de sable. On m’avait posée là, à l’écart des mares et des cyprès chauves. Devant moi, les roseaux se balançaient sous la brise. Je les connais bien, les joncs, ils sont taiseux. Sauf deux-trois qui sifflaient, mais peut-être était-ce un bruant qui criait. »
« Ce n’est pas très grave, si plus jamais tu ne m’embrasses. Je choisis les lèvres de l’âne, s’il veut bien des miennes. Le bec de l’ibis falcinelle. Les crocs de la couleuvre. La mâchoire du loup. »
« La colline se chargeait des odeurs enchevêtrées de la terre et de la mer. Tout était facile et acceptable, la joie comme la tristesse. – Tu sens ce que je sens, le sel, la vase, la pierre, tout ça mélangé et recraché ? avait dit Kader. Si la vie est capable d’une chose pareille, tu peux tout me raconter. Damien s’était laissé déborder par les parfums marécageux qui grimpaient au ras des tertres. Enfin, il avait parlé : – Quelque chose dans l’écriture sur l’enveloppe m’a poussé à l’ouvrir. J’ai lu sa première lettre, puis la suivante, parce que je crois que c’est ma chance. »
« Au moment où je tentais de monter le long du tronc, le tissu s’était envolé en chantant. « Dedou ! Dedou ! » avais-je crié au chardonneret élégant qui passait au-dessus de moi. Il s’était posé sur un arbre plus loin, dodelinant de sa jolie tête écarlate. « Dedou ! Dedou ! Oiseau de cage en liberté. » Le chardonneret avait chanté de plus belle. Évidemment ce n’était pas elle. »
« Comment les chiens n’avaient-ils pas découvert ce cloaque ? Ils avaient suivi l’odeur de Dedou qui est celle de la vie même. »
Un avis sur « Le butor étoilé / Sigolène Vinson »