Ce court roman de 89 pages nous plonge dans le quotidien d’une adolescente, Hazel. Elle vit en caserne de gendarmerie avec son père, Jean-Code, qui ne la comprend pas du tout. Il vient d’être muté à Ici, un village de montagne difficile à trouver sur une carte et tout aussi difficile à intégrer. Les mœurs y sont quelque peu particulières.
Un meurtre vient d’être commis à Ici. Le père d’Hazel est sur sa première affaire. On peut dire qu’il patine dans la semoule. Hazel mène son enquête de son côté et se fait de nouveaux amis, des humains mais aussi des animaux. La nature est très présente dans ce livre.
Ce conte éco-féministe est toujours dans le mouvement. Il dénonce avec dérision le patriarcat et les inégalités. Une lecture qui fait du bien et célèbre l’imaginaire. J’ai pensé à Matilda de Roald Dahl par moment.
J’entame ma première grille du challenge de l’été, puisque le Bookclub VLEEL du mois de juin est dédié aux éditions du Sonneur !
Incipit :
« Hazel s’entendait avec les bêtes. C’était de son âge, paraît-il. »
Le chien de Cousin-Berger qui se désaltérait au ruisseau donna l’alerte. Son maître rendit compte de la découverte au maire, « j’ai trouvé la mort, deux fois ». Les hommes échangèrent un regard d’effroi. Deux des leurs avaient peut-être pris du plomb dans la tête. Cousin-Maire convoqua ses administrés. Il les compta. Il n’en manquait qu’un. « Ça n’a pas de sens » jaugea Cousin-Vigile. La vieille Ursula demanda la parole, l’élu la lui refusa. Il recompta. Ça ne tombait jamais pile, « bougre de science ». Il fit apporter de la peinture blanche. Chaque cousin compté trempa sa tête dans le bidon. Cousin-Maire y voyait enfin clair. Il atteint 182. Il ne restait plus qu’Ursula et lui. Il la pointa, « 183 », puis désigna l’acrylique. Elle refusa, « tête de lard, c’est toi que tu oublies de compter depuis le début ». L’assemblée de têtes blanches s’esclaffa. Cousin-Maire plongea sa bobine dans la peinture, « histoire d’être bien sûr ».

Un avis sur « Mont des Ourses / Émilie Devèze »