Les béliers / Ahmed Fouad Bouras

Ouahab vit avec sa mère en France. Il ne connaît pas son père, un Algérien qui s’est remarié plusieurs fois depuis. Mais il a développé le même syndrome que lui, celui de Gilles de la Tourette. Sa maladie l’empêche de vivre une vie « normale » et de travailler. Il s’isole dans l’appartement familial. Jusqu’au jour où il reçoit un appel d’Algérie de sa demi-sœur Rahma. Son père lui demande de venir. Après quelques hésitations, il se décide à partir, en quête de son identité.

Sur place, il découvre sa famille, notamment son demi-frère Abderrahmane, un berger aux affaires plutôt illicites. Ouahab se prend de passion pour un bélier de combat, Ghorbatchev. On plonge alors dans l’univers des arènes, c’est souvent drôle et toujours enlevé. Chaque partie est dédiée à l’un des personnages.

Cette histoire familiale se déroule dans les années 2000, avec des hommes et femmes de caractère. Entre méfiance et manipulation, j’ai aimé suivre les aventures d’Ouahab dans un pays où il est étranger. Il interroge sur les liens familiaux, les liens de sang, sur la condition féminine, les classes sociales, la relation entre les hommes et les animaux. Il montre un pan de la société algérienne soumis aux traditions, où chaque famille possède son mouton sur son balcon le temps de l’Aïd et se retrouve à le promener en laisse aux pieds des immeubles.

Un premier roman bien mené qui m’a totalement dépaysée et sortie de mes lectures habituelles. Et ce grâce à VLEEL qui élargit toujours mes horizons littéraires. Une plume à découvrir assurément.

Je remercie les éditions Emmanuelle Collas pour l’envoi de ce roman.

A noter qu’il fait partie de la sélection du Prix Hors Concours 2025.

Note : 4.5 sur 5.

Incipit ;
« Il n’aurait brûlé la peau cloué le cœur de personne, encore moins défiancé qui que ce soit, comme disait Jacques Brel en 1966. Lui, Abderrahmane, était pour l’instant adossé à une botte de foin posée contre le talus derrière lui, talus qui descendait jusqu’à la barrière en métal bordant la route à deux voies qui remontait de Bab El Oued. Il se nettoyait les dents avec un petit morceau de bois. C’était sa façon à lui de ruminer. »

« Tout comme les discussions sur le football ou la politique, le mouton accédait tout naturellement au rang de lubrifiant social. »

« Tel un scarabée bousier, Ouahab traînait sa boule de questions. Pour la faire grossir, il y mettait un ciment fait d’aigreur et d’impatience pour y coller toutes les nouvelles interrogations et les informations qui venaient progressivement à lui. »

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