Il s’agit du premier recueil de poésie de l’artiste, comédienne et écrivaine Natasha Kanapé Fontaine, qu’elle a écrit à l’âge de 20 ans. D’origine innu, elle raconte son exil puis son retour dans sa communauté. Elle milite pour les droits autochtones et environnementaux.
D’abord publié en 2012 au Canada sous le titre « N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures », emprunté à un proverbe tzigane. Elle republie ce recueil en 2024 sous un nouveau titre issu d’un de ses poèmes et apporte quelques modifications. Les politiques d’assimilation et leurs conséquences sont au cœur des textes de l’autrice résolument tournée vers l’avenir.
Son écriture sensorielle regorge d’animalité et de minéralité. Elle a deux langues qui n’ont pas de racines communes. La pensée autochtone est une façon de penser très différente, avec des concepts dissemblables. Elle requestionne sa relation au monde avec l’héritage de ses ancêtres.
Un très beau recueil publié par les éditions Dépaysage.
« Les bouleaux blancs
grandissent toujours
Les fleuves nous emportent
d’un monde à l’autre
sentiers et feuilles mortes
aurores boréales café
pages frontières
perlage blanc
et rouge
ishinakuan
pakushenitamun
la loi des Indiens »
« Trop longtemps
j’ai porté mon canot
en des forêts citadines
mon pays me revient
j’achève mon exil
pour un retour
tremblant. »
« Voir sans regarder,
regarder sans voir,
tu as les mains pleines d’histoires. »
