J’avais beaucoup aimé son premier roman, « Kiffe kiffe demain » paru en 2004, j’ai eu envie de replonger dans l’écriture de Faïza Guène. Elle reprend le personnage de Doria, 20 ans plus tard.
J’avoue n’avoir pas accroché à ce roman. Peut-être parce qu’il y a une blague toutes les phrases et que cela manquait à mon goût de liant. J’avais l’impression de lire un spectacle d’humour et non un roman. Je n’ai pas réussi à m’attacher à @dorialamalice.
Je suis assez curieuse d’avoir le retour d’autres personnes. Je l’ai lu en entier. J’ai même relu en partie « Kiffe kiffe demain » pour savoir si j’aimerais encore autant ce livre aujourd’hui. Et 20 ans plus tard, je le trouve toujours aussi bien. Donc un conseil, commencez par lire « Kiffe kiffe demain » si ce n’est pas encore fait.
On retrouve donc Doria, 35 ans, mariée et mère d’un petit garçon, Adam. Toujours obnubilée par les apparences et ce qu’on peut penser d’elle, elle esquive les questions gênantes quand elle croise les autres mères devant l’école maternelle.
Doria est coiffeuse en reconversion professionnelle. Elle parle de sa famille, de son mari Steve, de sa belle-famille, de la façon dont elle envisage sa vie. Elle fait son bilan, le tout toujours avec humour. Elle traduit souvent des expressions dans d’autres langues pour les rendre plus tragiques.
Je remercie Netgalley et Fayard pour cette lecture
Incipit :
« Aujourd’hui, c’est lundi et comme tous les lundis, je cours comme une cinglée pour déposer le petit à l’heure de l’école. Marre de passer pour une mère indigne. Trois retards la semaine dernière et ce matin : rebelote. Ça commence mal. Je précise qu’on est seulement le 22 septembre et que je suis déjà dans le collimateur. Depuis la rentrée des classes, j’encaisse sans broncher les regards méprisants de la directrice, Mme Hibou. Ce n’est pas vraiment comme ça qu’elle s’appelle mais la ressemblance est flagrante. D’ailleurs, elle sait tourner la tête à 270 degrés, comme le grand duc. C’est une espèce protégée, j’ai appris ça sur Youtube. Renseignez-vous, c’est fascinant. »
« Il y a des conversations que nous devons absolument avoir ensemble pour continuer sinon ce sera kif kif hier, fini demain. »
« Le réveil a été brutal. France 98 appartient à un lointain passé. Zizou président projeté en faisceaux lumineux sur l’Arc de Triomphe, quelquefois je crois l’avoir rêvé. J’en suis au moins à la dixième vidéo de clients noirs qu’on empêche d’entrer dans un restaurant pour dîner. Je ne suis pas une flèche en histoire-géo mais il me semble qu’on n’est pas dans le Mississippi en 1931. Et si les écoles se mettent à faire des signalements parce qu’un enfant a le malheur de dire bismillah avant de manger à la cantine, qu’une femme fait de la garde à vue, dénoncée par une voisine, pour avoir dit Salam Aleykoum en public et qu’on interdit aux filles de porter des robes longues au lycée, alors je n’ai rien pigé non plus à la laïcité. Tout ça se mélange dans ma tête et défile sur mes réseaux sociaux dans un flot violent et ininterrompu entre deux suggestions pour acheter de l’anticerne ou des éponges magiques. Merci de ne pas juger mes centres d’intérêts.
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J’y ai cru dur comme fer à cette histoire de liberté – égalité – fraternité, autant que Rita croit à ce que raconte son prêtre de la télévision.
La République est un bel idéal. On n’est pourtant pas si loin d’y arriver. Vous croyez qu’on peut vraiment vivre ensemble ? Ou est-ce que je me noie dans un déni ?
La trinité républicaine me plonge dans une confusion encore plus grande que la Trinité chrétienne. »
« Quelle ne fut pas ma stupeur, mi asombro ! C’est bien normal de placer de l’espagnol ici, quoi de plus dramatique que payer pour mourir, mon Dieu ?! Pagar para morir Dios moi ?! »
« La dernière fois, j’étais chez ma mère à Livry et elle a eu très mal à la dent. Situation préoccupante mais pas urgente. Plutôt que de l’emmener à l’hôpital le plus proche, à 88 kilomètres de son domicile, oui j’exagère, mais de nouveau je vous demande de respecter mon ressenti, je décide de descendre chez le Sri Lankais pour lui acheter des clous de girofle afin de la soigner de manière naturelle en lui préparant une concoction dont j’ai le secret. Ce remède a fait ses preuves, il vous suffit de vérifier auprès de vos grands-mères, et si elle sont décédées, essayez Google. »
« J’aurais tellement de choses à dire à l’ancienne Doria. Si seulement je pouvais m’asseoir près d’elle, sur le canapé acheté chez FLY en 2001 grâce au prêt CAF Mobilier et Ménager. Comme quoi, elles n’ont pas toujours été nulles les assistantes sociales du secteur. Je me souviens que l’ancienne Doria adorait ce canapé. Il était en similicuir crème et avait deux repose-tête. C’était le futur posé au milieu du salon. Pour la première fois, elle possédait quelque chose de neuf. Ça détonnait au milieu du bric-à-brac récolté par Yasmina à Emmaüs ou en brocante. Il était permis de s’asseoir dedans uniquement si l’Autre n’était pas à la maison, c’est comme ça qu’elle parlait de son père le plus souvent. »
« A 15 ans, je vous rappelle que je voulais épouser MacGyver, l’homme à tout faire courageux et fort. Je n’en ratais pas un épisode. Et là, vingt ans plus tard, je suis engluée dans une relation nulle avec un ringard démonstrateur en appareils électroménagers qui se prend pour un as. Qu’est-ce qui a déconné ? »
« L’humour : 10 – Doria : 0
Je n’ai pas dit mon dernier – jeu de – mot. »
« Laissez-moi juste le temps de passer chez Bricorama acheter une corde, 7 euros les 25 mètres, une super affaire. Parfois, il faut savoir mourir comme on a vécu, à bas prix. »

J’ai aimé ce ton en mitraillette et les blagues à chaque page . Il faut dire que je ne me rappelle plus bien son précédent, Kiffe,kiffe demain. 😉
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